Prolifération des candidatures pour 2012 : Pourquoi tout le monde veut devenir Président ?

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L’élection présidentielle de l’année 2012 sera l’une des plus ouvertes de la démocratie malienne. En effet, au rythme où vont les choses il est un peu difficile de se faire une idée nette du nombre de candidats potentiels tant les rumeurs sont souvent fantaisistes. Qu’à cela ne tiennent, les candidatures confirmées et en gestation ne laissent aucun doute sur le caractère pléthorique des prochaines candidatures à la présidentielle. Alors mais pourquoi tout le monde veut devenir président ? 

            

   Il est important de rappeler que la prolifération des candidatures aux élections présidentielles est une réalité de la plupart des pays africains. Du coup de nombreux spécialistes pensent que cette prolifération est due pour l’essentiel à la jeunesse des processus démocratiques africains.

               

Très souvent dans les partis politiques de nos pays, les leaders ne font pas l’unanimité, ainsi chaque acteur se dit : «pourquoi pas moi ?» 

                En outre, le désir de promotion rapide est une autre explication car être candidat dans une élection présidentielle dans ces pays est une conquête qui confère des galons.

                Ainsi à l’instar de la plupart des pays du continent, l’élection présidentielle de cette année 2012 au Mali sera riche en candidatures.

                Les grands classiques ont pour nom : Dioncounda, Soumaïla Cissé, IBK, Modibo Sidibé, Blaise Sangaré, Tiébilé Dramé, Oumar Mariko, Soumana Sacko, Cheick Modibo Diarra, Housseyni Guindo dit Poulo … qui ont vocation à chercher à exercer le pouvoir. Ces hommes peuvent être aimés, détestés par les Maliens, mais personne ne peut contester la légitimité de leur ambition à devenir président. A côté de ces classiques il y a des fantaisistes dont l’ambition est personnelle et motivée par d’autres raisons. Seulement rien que l’évocation de l’éventualité de leur candidature agace et énerve l’opinion pour beaucoup de raisons. Tenez bien, il faut que l’on se respecte dans ce pays, ainsi le nommé Djaff hormis le fait qu’il soit Malien et que tous les Maliens aient le droit d’être candidat, nous sommes près de 14 millions de nos jours. Alors dès que l’on a quelques millions on peut avoir de la prétention ?

               

L’autre déception est sans nul doute le jeune maire de la commune IV, M. Moussa Mara qui est incontestablement un homme politique d’envergure ; il s’est révélé aux Maliens par sa pugnacité à aller aux défis mais de là à gaspiller sa respectabilité, il y a un pas qu’il vient de franchir ? Il est permis à tout homme de rêver mais pas au prix de paraître assoiffé de pouvoir. Il est évident pour les analystes politiques que Mara va à la présidentielle pour en tirer des leçons pour l’avenir et éventuellement faire quelques spéculations de positionnement.

              

  Jeamille Bittar est certainement ambitieux, mais en devenant candidat il se livre à l’incertitude car, seul Dieu sait ce que les futures combinaisons vont donner. Certainement il est adepte du risque, alors il sait à quoi s’en tenir.

              

  Yéa Samaké est l’autre comique qui  veut aussi devenir président parce qu’il a quelques relations dans les milieux religieux américains et au nom de quelques réalisations dans sa commune.

           

     A côté de ces grands aventuriers, il y a d’autres gros anonymes que des rumeurs annoncent. Certains de ces gros anonymes ne s’annoncent que par des médias, c’est-à-dire qu’ils utilisent la presse pour leurs enchères. Souvent ce sont des individus qui ne sont même pas connus dans leurs propres milieux professionnels. Ainsi, nous osons croire les analystes politiques qui pensent que la jeunesse du processus est l’explication de cette attitude. Alors en dépassant le cap de 2012 notre processus va se renforcer et permettre aux différents acteurs de se situer sur l’échelle de l’exercice du pouvoir. Car il n’est pas de notre intention d’exclure les compétences exceptionnelles qui brûlent souvent les étapes pour exercer le pouvoir. Seulement dans un pays, il est important que le pouvoir s’exerce de façon graduelle de sorte que n’importe qui ne se glisse à des niveaux de responsabilité indus.

              

  Imaginer un peu ce qui peut se passer si un fantaisiste s’emparait du pouvoir d’Etat, un Toundourou pour de vrai. La démocratie est une quête permanente de perfectionnement mais l’un de ses couronnements est la présidence d’un pays, elle mérite du respect par ce que nous sommes des millions de Maliens.

Youba KONATE

 

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