Divergence politique au Mali : Ordre constitutionnel ou ordre “ancien”

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Ce samedi 21 avril comme les jours précédents n’a pas été du tout repos pour les reporters. Tant l’actualité était riche et emballant. D’un côté le meeting des ‘’défenseurs de la démocratie et de la république’’ et de l’autre celui des ‘’redresseurs’’ de la démocratie. Ils ont tous le même dénominateur commun, la démocratie. Mais quand les premiers ont une vision statique de la démocratie, les seconds la veulent évolutive, nouvelle.

Quoi de plus normal de voir, à des exceptions près, les partis et les associations membres du mouvement démocratique des années d’avant mars 91 s’agiter dès que la menace de l’ordre kaki se fait sentir, quand bien même qu’un coup d’Etat est venu couronner plusieurs années de leur lutte. Mais de là à ne pas voir et reconnaître sa responsabilité dans les déviations démocratiques que le Mali a connu surtout pendant les dix dernières années avec l’émergence de candidatures indépendante avec la complicité, la complaisance ou le laxisme des partis politiques et des associations dits du mouvement démocratique.

Avec l’avènement de la démocratie, l’impunité a continué, de nouveaux riches (fonctionnaires de surcroît) se sont faits voir et la justice encore et toujours mal rendue. Où étaient ces démocrates, si ce n’étaient encore eux les nouveaux riches, ceux qui ont profité de l’impunité, du disfonctionnement de la justice, qui gesticulent aujourd’hui au nom de la démocratie. Est-ce pour défendre l’ordre constitutionnel ou l’ordre qui les a profité c’est-à-dire l’ordre ancien. Cet “ordre” qui pendant vingt ans leur a servi. Ils étaient là, dans les institutions de la république, dans les partis politiques, dans les associations quand la déliquescence dégoût de la démocratie affectait l’armée jusque dans son fondement.

Quand ceux qui doivent rendre des comptes au peuple sont qui crient au retour à l’ordre constitutionnel, il y a de quoi douter de la nature et de l’utilité de cet ‘’ordre’’. L’honnêteté intellectuel et moral voudrait qu’ils reconnaissent leur part de responsabilité soit en gardant le profil bas, soit en accompagnant le ‘’redressement de la démocratie’’.

Conséquence, le pays est politiquement déchiré au sud et blessé dans son intégrité physique au nord. Cela a accentué le dégoût que les populations, dans leur majorité, avaient pour le politique et la politique. Au sortir de la transition, des leaders politiques, voire des formations politiques risquent de laisser des plumes. Les favoris d’hier avec tous les moyens dont –ils disposent, ne seront pas forcement ceux de l’après transition, il y en auront qui pourront, peut-être ne plus faire partie de la course.

Au cas échéant, ils auront fort à faire pour justifier leurs faits et gestes à l’opinion qui, a priori, ne leur accorde plus aucun crédit. Y aura-t-il vote sanction ? Pire, il risque de ne pas avoir de vote, tant par un taux de participation qui s’annonce ridicule.

Les défenseurs du ‘’redressement de la démocratie’’ sont en phase avec les populations même si cela peut ne pas avoir de retomber en terme de suffrages exprimés. Mais tous sont d’accord que nous devons changer de récipient dans lequel nous avions mis la démocratie pour ne pas se retrouver encore, quinze ou vingt ans après, dans la situation similaire.

Qui a peur de cette nouvelle orientation de la démocratie ? Ne le cherche pas parmi les citoyens ordinaires mais dans le groupe de ceux qui détiennent ou qui sont à la conquête du pouvoir.

Drissa SANGARE        

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2 COMMENTAIRES

  1. Lorsque le pouvoir revient à l’UDPM sous une forme déguisée, c’est cela que tu appelles redressement de la démocratie ? Où étais-tu pendant les années où le Mali était dirigé par le despote Moussa TRAORE ? N’ayons pas la mémoire courte. Nos martyrs ne nous le pardonnerons jamais.

    • De grâce evitez de porter des jugements sans fondement sur des gens qui ne sont même pas dans l’action.Toujours prêt à critiquer sans jamais construire tel est le comportement de nous maliens de l’ère ATT.

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