Gouvernance en Afrique : Pourquoi cette tendance à des coups d’Etat ?
Quand le peuple semble étouffé dans l’expression de ses opinions sur la gouvernance du pays, les militaires finissent par se donner une certaine légitimité.
La récente actualité du Bénin réveille toute la problématique des coups d’Etat sur le continent, la Guinée Bissau ayant récemment fait parler d’elle sur le terrain l’interruption de la marche normale du pays.
En effet, si en Guinée Bissau, c’est suite à une élection présidentielle que Umaru Sissoko Emballo était sur le point de perdre que le pronunciamiento provoqué est intervenu, au Bénin de Patrice Talon, c’est une sorte de passe millimétrée en préparation tout en gardant le ballon que le Lieutenant-Colonel Pascal Tiguiri a été piqué par la mouche subversive ! Heureusement que l’Armée béninoise est demeurée républicaine et majoritairement loyaliste pour faire échec à ce qui est finalement apparu comme une « tentative de coup d’Etat ».
Mais, ces événements dénotent de graves malaises sur le fonctionnement de nos Etats et/ou de nos institutions. Car l’un des problèmes les plus cruciaux de la gouvernance de nos Etats demeure la question des élections devant passer d’un régime à un autre, sans oublier les questions relatives à la gestion des finances publiques, avec une tendance maladive à la corruption, la gabegie, le népotisme, etc.
C’est dans ce sens que certains pays, où les autorités sont hostiles à l’alternance au pouvoir, certains militaires finissent par caresser le vœu secret de créer les conditions d’une transition, en vue d’une refonte des institutions. C’est le cas dans des Etats comme le Togo de Faure Gnassingbe, le Cameroun de Paul Biya, la Gambie d’un certain Yaya Jammeh, etc, dans une certaine mesure, la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara… Dans tous ces pays, comme cela s’est passé en Gambie, il faut que des organisations régionales ou internationales, comme la CEDEAO, l’Union Africaine, doivent réfléchir à initier des dispositions exécutoires et contraignantes, pour inciter à des changements pacifiques de régimes. Car, comme le disent les experts en question de gouvernance, « l’alternance est une respiration pour tout régime démocratique ».
Par ailleurs, les crises sécuritaires, qui secouent les pays africains constituent aussi, des facteurs de déstabilisation des institutions. Ce fut le cas au Mali, en août 2020, lorsque les difficultés de l’Armée sur le front face aux mouvements rebelles et terroristes, ont poussé certains officiers à observer une mutinerie qui a fini par emporter le président Ibrahim Boubacar Kéita.
Il devient urgent que les organisations spécialisées dans la promotion de la démocratie et de l’Etat de droit et dans la protection des droits humains, agissent en vue de décourager toutes velléités insurrectionnelles chez les hommes en treillis. Car, le rôle premier des armées est d’assurer la défense du pays et la protection des institutions républicaines. Il faut, à travers des prescriptions internationales de portée universelle, prohiber toute prise de pouvoir par les armes. Et il fait reconnaître que les simples pressions et les mesures d’embargo ou de gel des avoirs ne suffisent plus pour dissuader ces coups d’Etats, qui se banalisent et exposent les vies de millions de populations sur le continent et ailleurs dans le monde.
Comme la colonisation, l’esclavage ont été abolis à travers des textes internationaux signés par tous les Etats, il urge que nos Etats évoluent vers l’adoption de mesures drastiques d’envergure, afin que les coups d’Etats disparaissent du concert des Nations.
Boubou SIDIBE/maliweb.net