Mission de la CEDEAO au Mali : La contestation rejette les recommandations de l’organisation communautaire

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La mission de la Cedeao a pris fin avec un communiqué final. Dans lequel elle résume les conclusions de ses rencontres avec les acteurs de la crise actuelle malienne. Le mouvement du 5 juin, Rassemblement des forces patriotiques, invalide le contenu qui occulte plusieurs points essentiels, selon lui.

Dans un communiqué dont nous avons eu copie, le Mouvement du 5 Juin 2020 – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) remercie la Cedeao qui, dans le cadre de ses missions traditionnelles, a envoyé une mission ministérielle au Mali pour s’enquérir de la situation de crise qui prévaut dans notre pays.

Dans ce cadre, les délégations du M5-RFP et de l’Imam Mahmoud Dicko, reçues successivement par la Mission ministérielle le 18 juin 2020 à l’Hôtel Salam de Bamako, ont clairement exposé aux hauts représentants de l’Organisation communautaire les tenants et aboutissants de nos actions dont l’objectif ultime est de sauver le Mali, aujourd’hui menacé jusque dans son existence même.

Mais, c’est avec surprise et étonnement que le M5-RFP a pris connaissance, dans les médias et sur les réseaux sociaux, d’un communiqué de presse de la mission qui ne tient aucunement compte de la source de tous les maux et de toutes les crises du Mali, à savoir la mauvaise gouvernance, la corruption et la violation des principes républicains et démocratiques dont le Président Ibrahim Boubacar Keita est le seul et unique responsable.

Par ailleurs, l’idée d’élections partielles proposée dans le communiqué précité de la Mission ministérielle, outre sa totale illégalité, occulte la teneur des conclusions du 18 octobre 2018 de la Cedeao elle-même qui indiquait : « Prenant acte de la prolongation de la législature actuelle selon l’avis de la Cour Constitutionnelle et au regard des dysfonctionnements largement reconnus et évoqués par tous les interlocuteurs lors du scrutin présidentiel passé, il est impératif que le Gouvernement et tous les acteurs sociopolitiques conviennent, de manière consensuelle, d’entreprendre des réformes courageuses des cadres légaux, y compris la Constitution de février 1992, et du système électoral avant de s’engager dans les prochaines échéances électorales que compte mener le pays ».

Pour le M5 RFP le Gouvernement du régime IBK n’a tenu nullement compte de ces conclusions. Et que le communiqué de presse ne tient également pas compte de la non-participation d’une bonne partie des acteurs politiques et sociaux au Dialogue national inclusif et au processus électoral du dernier scrutin législatif, des tripatouillages organisationnels et des arrangements douteux du 1er tour qui se sont poursuivis lors de la proclamation des résultats du second tour par la Cour constitutionnelle.

Dans les circonstances actuelles, aucun gouvernement, même d’« union nationale » dont le M5-RFP n’est ni demandeur, ni preneur ne saurait résoudre les problèmes du Mali.

Enfin le communiqué ne fait nullement cas de la nécessaire refondation dont le Mali a besoin, et qui constitue l’objectif ultime de la lutte enclenchée par le Peuple malien.

Aussi le M5-RFP réitère sa demande de démission du Président Ibrahim Boubacar Keita et son régime. Et  réaffirme sa détermination à mettre en œuvre tous les moyens légaux et légitimes pour l’atteinte de cet objectif qui seul peut aujourd’hui sauver le Mali.

Enfin, le M5-RFP remercie et félicite le Peuple malien pour sa mobilisation exceptionnelle du 19 juin, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et lui de rester engagé et déterminé.

André Traoré

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