Déclaration du Collectif des Maliens de la Région Rhône-Alpes

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Le Collectif des Maliens de la Région Rhône-Alpes émet des réserves par rapport à l’accord d’Alger qui contient déjà des points préjudiciables à l’intégrité territoriale, l’unité et la laïcité du Mali : renvoi du concept de l’Azawad à une conférence nationale au lieu de trancher la question ici et maintenant, introduction de cadi dans le système judiciaire, cession de missions régaliennes aux présidents des régions, etc.

Le processus d’Alger n’a déjà pas suffisamment impliqué la société civile et les populations maliennes avant de se solder par un accord dont le contenu est largement en deçà des attentes du Peuple Malien.
Cet accord a été fécond en évènements tragiques comme la reprise des hostilités sur le terrain: attaques meurtrières de nombreuses localités, bataille de Ménaka, pillages et enlèvements, etc. Il a plongé, de nouveau, le Mali dans l’insécurité et porte un coup dur à son intégrité et sa souveraineté.
Les consultations préparatoires à la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, organisées par la médiation élargie, du 25 Mai au 05 Juin 2015 à Alger ont abouti à la signature de deux documents dont l’application peut mettre en péril l’unité nationale, la souveraineté de l’Etat et le vivre ensemble au Mali.
Il s’agit des conclusions des consultations préparatoires à la mise en œuvre de l’accord pour la paix, issu du processus d’Alger et des arrangements sécuritaires pour une cessation des hostilités sur le terrain. Ces documents sont supposés n’être ni partie intégrante ni un additif de l’Accord mais ils doivent être appliqués dans la mise en œuvre de l’accord, ce qui est bien pire que d’être un simple additif.
Au regard de leur contenu, ces documents sont anticonstitutionnels dans la mesure où ils constituent une réédition des privilèges des accords précédents qui ont eu pour conséquence la crise actuelle: intégration des combattants des groupes armés dans l’armée nationale, recrutement selon l’appartenance régionale (nordique) dans l’armée nationale, l’administration et l’appareil de l’Etat.

Pour faire face à cette situation de crise, le CMRA attire l’attention de la communauté nationale et internationale sur les risques de morcellement de l’État malien et de cristallisation des tensions intercommunautaires. Le CMRA appelle aussi à l’unité nationale pour dénoncer les stratégies de partition du Mali et réaffirme son attachement à un Mali démocratique, pacifique, un et indivisible.
Le CMRA appelle les autorités maliennes à un sursaut, la Communauté internationale, à plus de cohérence dans la gestion de la crise malienne. On ne peut pas être pour la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale et la laïcité du Mali et soutenir des actions contraires : cantonnement de l’armée malienne, cession de missions régaliennes à l’exécutif régional, etc.
Tous les acteurs doivent aider l’armée malienne à reprendre le contrôle de l’ensemble du territoire.

Lyon le 10/062015

Le Président

Alfadoulou Abdoulahi

Fraternellement
Alfadoulou Abdoulahi
Président du Collectif des Maliens de la Région Rhône-Alpes (CMRA)
http://www.cmra.fr

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