Edition 2026 du grand Magal de Touba au Sénégal : L'événement génère 630 milliards FCFA

22 personnes mortes dans des accidents de circulation

8 Août 2026 - 01:47
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Edition 2026 du grand Magal de Touba au Sénégal :  L'événement génère 630 milliards FCFA

Les lampions se sont éteints dimanche dernier sur l'édition 2026 du Grand Magal de Touba. Un événement religieux célébré chaque année le 18 du mois musulman de Safar, la date anniversaire du départ en exil forcé de Cheikh Ahmadou Bamba (le fondateur du mouridisme) pieusement appelé Serigne Touba par les disciples. Une étude d'impact économique estime que le Grand Magal a généré 630 milliards de FCFA. Pour cette édition 2026, les sapeurs-pompiers ont enregistré, jusqu'à lundi dernier à 18 heures, 685 victimes dont 22 personnes mortes par accident de la circulation.

 

Les fidèles, venant de partout dans le monde, ont afflué vers la cité religieuse de Touba fondée par Cheikh Ahmadou Bamba. Séances de lectures de coran, chants religieux, déclamation des poèmes écrits par Cheikh Ahmadou, recueillement et prières aux mausolées du Cheikh et de ses descendants, visites dans les grandes familles religieuses de la ville de Touba et environs, telles sont les activités marquant la célébration du Grand Magal qui est aussi un moment de réjouissances parce que les petits plats sont mis dans les grands pour nourrir tout ce beau monde.

Notons que le Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, a rendu visite ce jour au Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, dans la cité de Cheikh Ahmadou Bamba, à quelques jours du Grand Magal de Touba. Le Chef de l'État a sollicité les prières du Khalife pour le Sénégal, pour sa stabilité et pour sa jeunesse, et a rendu hommage à la mémoire de Serigne Cheikh Saliou Mbacké.

Le Président de la République a ensuite rendu compte au Khalife général des dispositions prises par l'État pour l'accueil des pèlerins : approvisionnement en eau potable, assainissement et drainage des eaux pluviales, couverture sanitaire, énergie et sécurité. Il a indiqué que les engagements pris avaient été honorés et que les dernières interventions seraient achevées avant le jour du Magal.

Le Chef de l'État a réaffirmé l'engagement de l'État en faveur du développement durable de la ville sainte, au-delà de l'organisation annuelle du pèlerinage.

Au sortir de cet entretien, le Président de la République s'est rendu à la Grande Mosquée de Touba, où il s'est recueilli au mausolée de Cheikh Ahmadou Bamba, Khadimou Rassoul, et a formulé des prières pour le Sénégal et pour la réussite du Grand Magal.

La grande affluence de millions de pèlerins vers Touba n'est pas sans risque d'accidents routiers. Chaque édition étale son décompte macabre. Si pour les autres années on pointait un doigt accusateur vers le manque de sommeil des conducteurs de véhicules de transport en commun qui passent des jours et des nuits à rouler, faisant des allers et retours incessants pour satisfaire la demande trop forte, pour cette fois, ce sont les motocyclistes qui sont le plus mis en cause.

Des victimes pour lesquelles le président du Comité d'organisation a eu une pensée pieuse, après avoir rendu hommage aux fidèles ayant effectué le déplacement pour venir à Touba. En effet, Serigne Abdoul Ahad fils de Serigne Cheikh Mbacké que l'on surnommé Gaïndé Fatma, après avoir formulé des prières pour les victimes après la cérémonie officielle, au cours de laquelle des mesures ont été annoncées par le ministre de l'Intérieur afin qu'à l'avenir de tels drames ne se produisent.

Selon les statistiques annoncées par les sapeurs-pompiers (provisoires parce qu'annoncées le lundi dernier à 18 heures) il y a eu 685 victimes dont 22 morts. Les motocyclistes sont impliqués dans 183 des 278 accidents. Sept (7) parmi eux sont morts dont deux (2) qui ont osé prendre la route en cette période d'affluence, sans porter de casque.

 Le président du Comité d'organisation de l'édition 2026 du Grand Magal s'est félicité de la réussite des activités culturelles, scientifiques et organisationnelles dont des colloques internationaux, des études sur la mobilité et l'installation des jeunes à Touba, et l'impact économique de l'événement.

A ce niveau, il a annoncé que le Grand Magal a généré 630 milliards de FCFA, soit une progression d'environ 10% par rapport aux dernières estimations datant de près de dix ans. Il se base sur les conclusions d'une étude menée conjointement par l'Université Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba et l'Université Alioune Diop de Bambey. Le président du comité d'organisation estime que, néanmoins, cette manne financière doit mieux profiter à l'économie nationale. Raison pour laquelle il a lancé un appel aux opérateurs sénégalais et aux investisseurs étrangers pour le développement d'unités de production en mesure de répondre aux besoins des millions de pèlerins du Grand Magal et en même temps créer des emplois, de la richesse et partant, plus de valeur ajoutée pour le pays. 

Rappelons que les conclusions de cette étude d'impact économique du Grand Magal de Touba ont été présentées trois jours avant le jour du Grand Magal par le coordonnateur, Souleymane Astou Diagne. Il a indiqué que ce montant représente une progression de 2,5 fois par rapport à l'évaluation réalisée en 2017, qui chiffrait les retombées économiques du Magal à 250 milliards de francs CFA.

Les chercheurs recommandent de faire du Grand Magal un levier d'industrialisation de Touba en développant une production locale capable de répondre à la forte demande générée par le pèlerinage. Pour eux, une telle orientation pourrait permettre la création d'au moins 100 000 emplois au cours des trois prochaines années.

Par ailleurs, l'étude met un accent particulier sur le potentiel de la filière cuir, estimant que la transformation sur place des peaux issues de plus de 100 000 ruminants sacrifiés durant le Magal favoriserait l'émergence d'industries de tannerie et de maroquinerie, génératrices d'emplois.

En outre, le rapport met en exergue les opportunités offertes par l'agrobusiness afin de parvenir à substituer les importations de fruits et légumes par une production locale dans la zone de Touba et ses environs. Ce qui pourrait créer entre 8 000 et 8 500 emplois dans les trois prochaines années.

Amadou Bamba NIANG, journaliste et Consultant indépendant,  correspondance depuis Touba