Front uni pour la sauvegarde de la Démocratie et la République ( FDR) : Déclaration sur la situation politique et sociale du Mali

12 Mai 2012 - 22:25
Mis à jour: 14 ans
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Le 12 avril 2012, grâce à la mobilisation des forces démocratiques, à la vigilance de la CEDEAO et à la fermeté de l’opinion internationale face au coup d’Etat du 22 mars, le retour à l’ordre constitutionnel a été amorcé au Mali avec la prestation de serment du Président de l’Assemblée Nationale assurant l’intérim du Président de la République.   [caption id="attachment_56897" align="alignleft" width="310" caption="Siaka Diakité, S G de l'Untm"][/caption] Dans la foulée, mais sans aucune concertation avec la société civile et la classe politique, toutes choses que le FDR a vivement regrettées, un Premier Ministre choisi par la CEDEAO et la junte a été nommé par le Président de la République le 17 avril. La composition du Gouvernement de transition a été rendue publique le 24 avril. En son temps, le FDR avait annoncé que, bien que n’ayant pas été associé à la formation du Gouvernement, il ne ferait rien pour entraver son action. Mieux, il avait lancé un appel à toutes les forces vives du pays afin que rien ne soit entrepris pour fragiliser la Transition. Le Front avait dit qu’il jugerait l’équipe gouvernementale à l’œuvre, notamment  sur le respect des libertés publiques et la gestion de la grave crise du Nord. A côté de la mise en place des institutions constitutionnelles, de graves évènements se sont produits depuis un mois. 1.    Le 29 avril, des hommes en uniforme ont fait irruption à la cité universitaire de Badalabougou et ont tiré à bout portant sur des responsables de l’AEEM. Une jeune étudiante est morte sur le coup. Un leader étudiant a succombé à ses blessures le lendemain. Grièvement blessé, le Secrétaire Général de l’AEEM est encore en soins intensifs ; ses jours ne seraient plus en danger. Le FDR demande que les enquêtes en cours sur cette situation soient indépendantes et impartiales, qu’elles en établissent clairement les responsabilités et que les auteurs des fusillades soient traduits devant les juridictions compétentes. 2.    Le 30 avril, une action militaire conduite par des parachutistes a conduit à l’occupation temporaire de l’ORTM et de l’Aéroport de Bamako Sénou. De violents combats à l’arme lourde s’en suivirent. A l’aube du 1er mai, sur les ondes de la télévision reconquise, la junte militaire annonça l’échec d’une tentative de coup d’Etat avec, a-t-elle précisé, la participation de mercenaires dont certains ont été capturés et montrés à la télévision. Les affrontements entre unités armées ont fait de nombreuses victimes militaires et civiles. De nombreuses arrestations ont été opérées. Les personnes arrêtées à l’occasion seraient l’objet, selon certains de leurs proches, de traitements inhumains et dégradants. Le FDR estime que la place des militaires, quelle que soit la couleur de leurs bérets, est dans les casernes et au front, là où le peuple malien a urgemment besoin d’eux, pour effacer l’humiliation infligée au pays par les groupes rebelles et salafistes. Le FDR demande aux pouvoirs publics que les évènements du 30 avril et du 1er mai soient l’objet d’une enquête impartiale, sans partis-pris, et dans le respect des droits humains fondamentaux. Il réclame en outre que tous les actes de violence commis à cette occasion – tortures, assassinats… - face l’objet d’enquêtes de la CPI. 3.    Il demande que les mêmes enquêtes impartiales soient appliquées pour élucider les circonstances et identifier les responsables des attaques contre les locaux de Radio Kayira à Koutiala et le siège du parti Sadi à Mopti, car en démocratie, rien ne justifie la violence comme forme d’expression. Un mois après le retour à l’ordre constitutionnel, le FDR fait les constats suivants : -    Un climat de peur et d’intimidation s’est abattu sur le pays, notamment sur la capitale Bamako et ses environs, depuis les affrontements sanglants entre unités rivales de l’armée. Des menaces sérieuses pèsent sur les droits constitutionnels des citoyens. Des arrestations sont en cours, en dehors de tout contrôle des autorités constitutionnelles et judiciaires. Des exactions, et même des exécutions sommaires auraient été perpétrées. -    Une certaine confusion est faite entre d’éventuels mercenaires et des ressortissants de pays frères qui vivent parmi nous. Le FDR demande au Gouvernement de faire preuve du plus grand discernement ici, car un vieux pays d’émigration qui a des centaines de milliers de ressortissants à travers l’Afrique et le monde, ne saurait faire d’amalgames entre de paisibles citoyens communautaires et des individus qui se livrent à des actes répréhensibles. -    Une censure féroce règne sur la radio et la télévision publique, sur les ondes desquelles ne sont autorisées que les opinions des groupes pro-putsch. -    La junte militaire qui a perpétré le coup d’Etat du 22 mars reste omniprésente sur la scène publique. Le retour à la Constitution est purement formel. -    Pendant ce temps les groupes d’occupation rebelles accentuent leur main mise sur le nord du pays, en s’adonnant à la profanation de tombeau de saint à Tombouctou, et à un cortège de violations graves et massives des droits de l’homme. Le FDR avait déjà déclaré, dans son communiqué du 23 avril dernier, que l’Accord Cadre CEDEAO/CNRDRE, en maintenant la junte sur la scène publique, entérinait et légitimait le coup d’Etat du 22 mars 2012. Tous les évènements des dernières semaines confirment cette triste réalité. Le FDR ne s’associera à aucune tractation, à aucune initiative dont la finalité serait de parachever le coup d’Etat. Il réclame le retour effectif des militaires dans les casernes, la restauration réelle de l’ordre constitutionnel, et la soumission totale des militaires aux autorités civiles constitutionnelles. Le FDR demande aux autorités constitutionnelles de prendre les mesures qui s’imposent pour le rétablissement de l’intégrité territoriale, le retour des exilés et déplacés et l’ouverture urgente de couloirs humanitaires pour le ravitaillement des populations. Le FDR  en appelle à l’unité d’action de l’ensemble de la classe politique et des forces vives maliennes. Seule cette unité d’action peut permettre de réelles et durables solutions aux problèmes auxquels notre pays est aujourd’hui confronté. Il en appelle également au soutien indispensable de la communauté sous régionale, régionale et internationale, dont il salue les actes déjà posés dans la gestion de cette crise. Souvenons-nous ! Chaque fois que notre pays à victorieusement fait face à des situations du genre, seule la mise en commun de nos efforts, sur des bases objectives et réalistes,  a permis de vaincre les obstacles posés. Il en a été ainsi en 1960 pour que le pays recouvre la plénitude de sa souveraineté, en 1991 pour faire aboutir la révolution qui a donné naissance à la troisième République dont nous sommes fiers, mais dont l’essence est aujourd’hui menacée. Bamako, le 11 mai 2012     Le Président SIAKA  DIAKITE

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Commentaires (16)

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Citoyen Lamda
Citoyen Lamda 14 ans
Je respecte l'opinion des ressortissants du Nord car ils sont les plus premiers et ceux qui souffrent probablement le plus par cette situation. Je leur demande de faire attention aux hommes politiques qui ont mis ce pays à plat par leur silence et leur complicité avec le régime déchu. Mon choix n'est pas Sanogo non plus car il est un sujet de division au sein de la nation. Cependant, s'il y a à choisir entre un Dioncouda et un Sanogo, je choisirais un Sanogo. L'irresponsabilité des hommes politiques n'est plus à démontrer au Mali. Où était cet homme (Ancien Ministre, Député, Président de l'AN) lorsque les localités suivantes ont été attaquées et tombées une à une : Léré, Amderaboucane, Tinzaoutine, Ménaka, Aguelhok, Tessalit. Tessalit, cette grande base militaire et ville stratégique dans le désert malien tant convoitée par les puissances internationales depuis les années 1960, était tombé la nuit du 10 au 11 mars 2012 bien avant le coup d'Etat. L'AN se taisait "consensuellement" sans interpeller Mme Le Premier Ministre pour s'expliquer, demander une motion de censure du gouvernement, ou proposer une solution de sortie de crise ! Mais non, ils voulaient coûte que coûte organiser des élections présidentielles couplées avec un référendum constitutionnel le 29 avril 2012 dans cet état : un Etat en guerre où flottent d'autres drapeaux sur son territoire : du jamais vu dans un pays démocratique (lisez la Constitution à ce sujet). Je rappelle que les populations du Nord, notamment la ville de Gao, avaient marché pour protester contre l'organisation d'élections ou de referendum tant que les territoires sont occupés. Je demande à mes compatriotes et particulièrement aux ressortissants du Nord de bien réfléchir au contexte car Dioncouda n'est pas la solution, il fait partie du problème pour avoir cautionné tout ce que l'ancien régime faisait. Son premier instinct "politique" sera toujours de tirer la couverture sur lui et ses partisans avant de penser au Mali comme il l'a fait au sommet de la CEDEAO à Abidjan. C'est ce comportement qui a déclenché le contre coup avorté du 30 avril 2012, afin de recevoir les militaires de la CEDEAO à Bamako pour le protéger et s'emparer du pouvoir de transition par la force. Pour ceux qui ne savent pas, c'est Moustaph Dicko qui était assis derrière lui à ce sommet. Alors, voulons-nous vraiment revenir en arrière? Je propose qu'il y ait un homme "apolitique" à l'image de Dr Cheick Modiba Diarra comme Président de la Transition. Cet homme n'est pas Sanogo à plus forte raison Dioncounda. A défaut ou dans l'attente de trouver cet homme, que le Premier Ministre (pleins pouvoirs) assure la Présidence de transition. Dioncounda n'a qu'à retourner au perchoir et apprendre son travail de contrôle gouvernemental (quelle honte de l'avoir comme Président de la Transition!). Cette situation n'a que trop duré, je souhaite très rapidement la récupération des régions Nord de mon pays. Que Dieu bénisse le Mali et nous accompagne dans cette période difficile (amen).
Maliden
Maliden 14 ans
Ce Siaka ne voit que son intêret qui est menacé .Pas plus pas moins.
Maliden
Maliden 14 ans
Il est temps de savoir que même si Sanogo doit aller dans les casernes que nous n’accepterons plus les politiciens corrompus à la tête de pays. Ce Siaka Diakité qui a vendu les travailleurs maliens pour se préserver à des postes avec la complicité de ATT doit se taire maintenant . Qui a detourné les primes de rendement de Morila ? Qui a vendu les travailleurs de l’HUICOMA? qui avec la complicité des fausses autorités ont dilapidé les sous des partants volontaires à la retraite ? Que Siaka sache qu 'il va payer de toutes ces trahisons un jour. Pas de répit pour les traites ,pas de malhonnêtes aux affaires du Mali. Soyons vigilant pour ne pas retomber dans les mêmes pièges que ces politiciens avec ce fameux Siaka ont drainné contre nous. je vous remercie .
Maliden
Maliden 14 ans
Il est temps de savoir que même si Sanogo doit aller dans les casernes que nous n'accepterons plus les politiciens corrompus à la tête de pays. Ce Siaka Diakité qui a vendu les travailleurs maliens pour se préserver à des postes avec la complicité de ATT . Qui a detourné les primes de rendement de Morila ? Qui a vendu les travailleurs de l'HUICOMA? qui avec la complicité des fausses autorités ont dilapidé les sous des partants volontaires à la retraite ? Que Siaka sache qu"il va payer de toutes ces trahisons un jour. Pas de répit pour les traites ,pas de malhonnêtes aux affaires du Mali. je vous remercie.
Diatra
Diatra 14 ans
SIAKA,votre complicité active dans l'etat de deliquescence de notre pays ne fait,maintenant,l,ombre d'aucun doute.Vous avez trahi les masses laborieuses,vous avez trahi notre pays,la vérité a éclaté au grand jour.A présent vous n'avez plus la vertu requise pour diriger notre grande centrale syndicale.Membre d'une des familles mafieuses du MALI,votre place se trouve ailleurs.Nous nous voulons maintenant en finir avec cette delinquance d'ETAT.
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