L’AES a besoin d’un parti révolutionnaire : pour que le sahel cesse d’être esclave

6 Août 2026 - 18:13
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L’AES a besoin d’un parti révolutionnaire : pour que le sahel cesse d’être esclave

Suite à ma contribution "L'AES face à l'aliénation" publiée sur Maliweb, ce texte propose de dépasser la critique pour entrer dans l’action. Il s’agit de penser l’outil politique qui permettra à l’AES de transformer l’indépendance en souveraineté réelle : un parti révolutionnaire au service du peuple.                                                                                               

I. Nous sommes aliénés

Le jeune Marx disait une chose simple : quand tu travailles et que le fruit de ton travail enrichit un autre, tu es aliéné. Regardons-nous. Notre or sort du Mali et revient en bijoux chers. Notre coton habille l’Europe pendant que nos enfants marchent pieds nus. Nos décisions importantes se prennent encore dans des ambassades étrangères. Voilà l’aliénation. Nous produisons, mais nous ne profitons pas. Nous existons, mais nous ne décidons pas. Les partis d’hier nous ont habitués à mendier au lieu de construire. Ils nous ont appris à diviser au lieu d’unir.

II. Trois Etats ne suffisent pas

Leurs Excellences le Général d’Armée Assimi Goïta, le Capitaine Ibrahim Traoré et le Général de Brigade Abdourahamane Tiani ont du courage. Ils ont rompu avec la Françafrique. Ils ont créé l’AES. Mais trois hommes, aussi braves soient-ils, ne peuvent pas réveiller 25 millions de personnes. Un Etat sans peuple éduqué et organisé est un corps sans âme. L’ennemi le sait. C’est pourquoi il finance les divisions, les rumeurs, la faim. Il veut que nous restions des individus fatigués, et non un peuple debout.

III. A quoi sert un parti révolutionnaire ?

Il ne s’agit pas d’un parti pour les élections. Il s’agit d’un parti pour la révolution.

1. Un parti pour éduquer : Expliquer à chaque paysan, à chaque élève, à chaque commerçant : "Ton travail construit l’AES. Tu es important."

2. Un parti pour organiser : Dans les quartiers, dans les villages, dans les écoles. Pour que la parole du peuple remonte.

3. Un parti pour défendre : Défendre nos idées face à la propagande. Défendre nos usines, nos champs, notre culture.

4. Un parti pour produire : Porter le projet de souveraineté alimentaire, énergétique, militaire.

Ce parti sera le "cerveau" et la "mémoire" de l’AES. Il empêchera que demain, d’autres élites viennent vendre à nouveau notre souveraineté.

Conclusion : Devenir sujet de notre histoire

Frères et sœurs du Sahel, l’heure n’est plus aux discours. L’heure est à l’organisation.

Tant que nous serons aliénés, nous resterons des objets de l’histoire. Le jour où nous aurons un parti révolutionnaire, nous deviendrons les sujets de notre histoire. L’AES ne réussira son destin que si le peuple AES prend conscience de sa force. Et cette conscience, il faut la construire ensemble.

Vive l’AES ! Vive les peuples libres du Sahel !

Job DIARRA est Doctorant en Philosophie. Ses travaux portent sur la critique de l’aliénation chez le jeune Marx et les enjeux de souveraineté en Afrique.