Tribune : Actionnariat populaire vs Bourse des valeurs : deux instruments complémentaires

A la demande de certains lecteurs de ma tribune sur l’actionnariat populaire voici ci-dessous une comparaison entre les deux instruments de financement

6 Jan 2026 - 13:55
 0
Tribune :  Actionnariat populaire vs Bourse des valeurs : deux instruments complémentaires

L’actionnariat populaire n’est pas la bourse.

La bourse finance des entreprises matures, avec des règles strictes, des coûts élevés et des exigences lourdes.

Elle est indispensable, mais elle n’est accessible qu’à une minorité d’entreprises africaines.

A l’inverse, l’actionnariat populaire est un instrument léger, inclusif, accessible, qui permet :

                   de financer des sociétés naissantes,

                   de mobiliser l’épargne locale et de la diaspora,

                   de démocratiser la propriété,

                   de stabiliser les projets par la participation citoyenne,

                   de construire des entreprises nationales fortes.

 

C’est un mécanisme parfaitement africain, adapté à nos réalités, et qui peut être la base de notre souveraineté économique.

 

Pourquoi l’Afrique doit adopter ce modèle maintenant

La dépendance aux financements extérieurs n’est pas une fatalité.

Elle est le résultat :

                   de notre incapacité à organiser notre épargne,

                   de notre absence de mécanismes pour transformer les patrimoines publics en capital,

                   d’un déficit de confiance et de transparence dans les projets publics.

L’actionnariat populaire permet :

1. d’augmenter les fonds propres des projets structurants,

2. de mobiliser l’épargne nationale et de la diaspora,

3. de réduire la dépendance aux bailleurs,

4. de créer une démocratie économique réelle,

5. de donner au peuple une part directe dans les richesses nationales,

6. d’accélérer l’industrialisation du continent.

Une Afrique financée par les Africains eux-mêmes

L’avenir appartient aux nations qui savent transformer leur épargne en puissance économique.

Nous devons cesser d’attendre des solutions extérieures.

L’innovation financière africaine existe déjà.

L’actionnariat populaire(combiné à la valorisation des actifs publics ) est l’une des voies les plus crédibles, les plus souveraines et les plus rapides pour financer :

                   les chemins de fer,

                   les ports fluviaux,

                   les usines agro-industrielles,

                   les mines transformées localement,

                   les centrales solaires,

                   les zones industrielles.

Nous en avons la preuve chez nous : le PMU-Mali l’a déjà fait.

Il est temps de généraliser ce modèle pour bâtir une économie souveraine, moderne et inclusive.

Harouna Niang

Ancien ministre