Contribution – À propos de ATT-cratie : Occupons-nous des choses sérieuses

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A force de s’occuper des détails, on risque de se détourner de l’essentiel. Le pamphlet titré ”ATT – Cratie…” n’est en fait qu’une broutille, un papier kleenex. Aussi ne mérite-t-il pas qu’on s’y attarde car il est plat et plus bas que terre tant dans la forme que dans le fond. En plus, ce qui est plus écoeurant, son ou ses auteur (s) n’a pas ou n’ont pas eu le courage de s’assumer en se dévoilant au grand jour.

En définitive, ce livre n’est qu’une compilation de faits divers, ”une tempête dans un verre d’eau”. Son seul mérite si mérite il y a, est qu’il a failli nous détourner de l’essentiel à savoir quelles solutions peut-on et doit-on apporter aux nombreux problèmes et crises qui nous assaillent, particulièrement la crise de l’école malienne, un des aspects de l’éducation de nos enfants qui constituent l’avenir et le devenir de notre pays.

Que faire pour sortir du sous-développement culturel et social qui, du reste, est plus pernicieux et dévastateur que celui économique. Ne dit-on pas que : "avant de chercher à connaître et à aimer l’autre, il faut d’abord se connaître et s’aimer soi-même et que le meilleur moyen d’avoir un ami, c’est d’être un ami pour soi-même". Pour en venir à l’objet de la présente, la responsabilité de la crise de l’éducateur au Mali est collective et partagée entre parents, éducateurs et autorités politiques et religieuses. La fuite des responsabilités est patente à tous les niveaux.

Sous prétexte du combat pour la survie (struggle for live en anglais) ou la course effrénée au ”na-songon” les parents en oublient d’assumer leur rôle déterminant et essentiel consistant à inculquer à leur progéniture les valeurs sociales qu’ils ont héritées, eux, de leurs parents.
C’est ainsi que les enfants sont laissés à eux-mêmes, sans repères ni références, dans la rue plutôt qu’à la maison. L’enfant, apte à apprendre par l’exemple, est comme un puit à ciel ouvert susceptible de recevoir tout ce que charrient les eaux de ruissellement. On ne doit pas s’étonner outre mesure que les mômes soient précoces, c’est-à-dire qu’ils en savent plus que leurs parents quand ceux-ci avaient leur âge. En dépit du fait que le monde est infailliblement en perpétuelle évolution. Aussi n’a-t-on plus aucun contrôle sur là où ils vont, sur ce qu’ils regardent ou ce qu’ils lisent.
Très tôt ils prennent leur ”destin en main” en allant, par exemple, directement négocier en nature ou en espèces (droit de cuissage- NST- sommes dérisoires) leur passage dans la classe supérieure.

Quant aux éducateurs dont certains ne sont pas bien éduqués (bien formés) et attitrés par l’appât du gain facile et surtout, ne mesurant pas les conséquences et les dégâts que pourraient causer leurs actes, agissements et comportements se laissent naïvement tomber dans le piège. Au bout du compte la situation se retourne contre eux (effet boomerang) car leur autorité s’en trouve bafouée, leur crédibilité, leur dignité et leur réputations salies.
Les autorités politiques, elles, obnubilées par le souci de conquête ou de conservation du pouvoir temporel, donc éphémère, caressent le peuple dans le sens du poil.

Ne dit-on pas que tous les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent (les gouvernants sont à l’image de la majorité des gouvernés).
C’est ainsi que nous nous retrouvons sous le règne de la médiocrité, de la délation et de la trahison. Or, ”on ne peut pas faire des omelettes sans casser des œufs” et ”pour remédier à un mal, il faut faire plus mal”.

Enfin, les autorités religieuses, en particulier, musulmanes, sont plutôt attachées à leur confort matériel d’ici-bas, qu’à chercher les délices, peut-être incertains ou improbable pour eux, de l’éternité en assumant leur devoir d’éducation et de modèles. Rares sont ceux d’entre eux qui n’aient pour préoccupations de posséder de jolies femmes et même filles, de belles voitures et de maisons cossues. La déception est d’autant plus grande que ces autorités religieuses se retrouvent au centre de nombre de scandales financiers et sexuels et de sales coups.
Nombre d’entre les guides religieux donnent le mauvais exemple et ont d’autres occupations et préoccupations que de prêcher les paroles divines et les préceptes de l’islam.

Comme solutions je propose que nous :

– Ayons d’autres valeurs que celles de l’argent qui ne fait pas toujours le bonheur mais peut toutefois y contribuer.
– Croyons en Dieu et en Dieu seul, le sublime, le Suprême. Tout procède de sa Lui, tout Lui revient ;
– Cessons d’être méchants, égoïstes, hypocrites, cupides et paresseux et de vouloir tout avoir tout de suite ;
– Apprenons le passé pour bien comprendre le présent et mieux entreprendre l’avenir ;
– Redevenons simplement nous-mêmes (Sô don, yiri don, dji don, yèrè don nyon gon tè) ;
– Ne vendons pas notre âme au diable pour les éphémères délices d’ici-bas.

Idrissa Omar Sissoko * Enseignant contractuel Ecole Aminata Diop I Lafiabougou – Bamako

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