Carburant et tensions commerciales : Tombouctou mieux approvisionnée mais à prix fort

Alors que la capitale malienne connaît une crise persistante du carburant, Tombouctou semble mieux approvisionnée grâce aux flux venus d’Algérie et de Mauritanie. Mais derrière cette disponibilité apparente, les prix s’envolent, conséquence directe des tensions diplomatiques et commerciales entre Bamako et Alger.

18 Jan 2026 - 13:24
 2
Carburant et tensions commerciales : Tombouctou mieux approvisionnée mais à prix fort

À Bamako, la crise du carburant continue de peser sur le quotidien des habitants. Aux pompes officielles, le produit est vendu au prix réglementé, mais la rareté alimente un marché parallèle où certains revendeurs n’hésitent pas à céder le litre à 1 500 voire 2 000 F CFA. Cette flambée fragilise le pouvoir d’achat des ménages et accentue les difficultés de transport dans la capitale.

À Tombouctou, la situation est différente. La ville est relativement bien approvisionnée en diesel et en super, visibles dans les stations et accessibles aux habitants. Toutefois, le litre est vendu à 1 300 F CFA, un prix supérieur au tarif officiel. Cette disponibilité s’explique par les circuits d’approvisionnement transfrontaliers : l’Algérie et la Mauritanie fournissent régulièrement Tombouctou et Gao en carburant, mais aussi en denrées alimentaires.

Ces derniers mois, le bras de fer diplomatique et commercial entre Bamako et Alger a eu des répercussions directes sur les commerçants maliens du Nord. Les tensions ont perturbé les flux habituels, entraînant une hausse généralisée des prix non seulement du carburant, mais aussi de produits de première nécessité comme le lait ou l’huile.

Certains commerçants de Tombouctou confient qu’avant ces tensions, le carburant était cédé à 400 ou 500 F CFA le litre. Une époque désormais révolue, où l’approvisionnement transfrontalier permettait de maintenir des prix bas et accessibles. Aujourd’hui, malgré la disponibilité, le coût élevé du carburant reste un fardeau pour les populations locales.

La situation illustre la fragilité des circuits d’approvisionnement dans le Nord du Mali, dépendants des relations avec les pays voisins. Si Tombouctou échappe à la pénurie qui frappe Bamako, elle n’échappe pas à l’inflation. Les habitants, pris entre disponibilité et cherté, espèrent un apaisement des tensions régionales pour retrouver un accès plus équitable à cette ressource vitale.

Ousmane Mahamane

(De retour de Tombouctou)