Discours du ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche à l’ occasion du lancement des assises nationales sur le coton

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MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE

MESDAMES ET MESSIEURS LES MEMBRES DU GOUVERNEMENT

MONSIEUR LES REPRESENTANTS/TES DES PARTENAIRES TECHNIQUES ET FINANCIERS

MONSIEUR LE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE PERMANENTE DES CHAMBRES D’AGRICULTURE DU MALI

MONSIEUR LE PRESIDENT DE L’INTERPROFESSION DU COTON ET DE L’UNION NATIONALE DES SOCIETES COOPERATIVES DES PRODUCTEURS DE COTON ;

MONSIEUR LE PRESIDENT DIRECTEUR GENERAL DE LA CMDT

MONSIEUR LE PRESIDENT DIRECTEUR GENERAL DE LA BNDA

MONSIEUR LE PRESIDENT DIRECTEUR GENERAL DE LA BDM-Sa

MESDAMES ET MESSIEURS LES REPRESENTANTS DES SERVICES TECHNIQUES ET DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE,

CHERS INVITES, MEDAMES ET MESSIEURS,

 C’est pour moi un honneur et un réel plaisir de prendre la parole aujourd’hui ici à l’occasion du lancement des assises sur le coton dont les activités terrain commenceront le 25 janvier prochain.

Je profite de cette occasion, pour présenter à toutes et à tous mes meilleurs vœux de bonheur, de santé, de prospérité et de paix.

En vous sachant gré de l’attention particulière que vous portez au secteur du développement rural, Excellence Monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement, je voudrais tout d’abord rappeler que l’organisation des assises nationales sur le coton préconisé par mon département, s’inscrit dans l’axe 2 du programme d’actions du gouvernement de transition (PAG), à savoir la promotion de la bonne gouvernance. 

Je veux dire la bonne gouvernance du secteur du développement rural qui est la première richesse du pays, avant les mines, avant les transferts des migrants et avant l’aide publique au développement.

On parle donc d’un secteur vital, celui fait vivre l’écrasante majorité de notre population.

S’agissant précisément de la filière coton, elle est la colonne vertébrale de notre économie. Toutefois depuis des décennies, elle est confrontée à des crises récurrentes.

Tout se passe, au rythme des fréquentes contre performances, comme si nous étions dans la fameuse spirale de la pauvreté tant décrite par les économistes.

Briser ce cycle infernal est indispensable. C’est le pari que mon département a fait. C’est l’instruction ferme que nous a donné le Chef de l’Etat, Son Excellence Bah N’DAW. Et c’est tout le sens de la sollicitude dont nous bénéficions auprès de vous, Monsieur le Premier ministre.

Nous prenons ici l’engagement, mes collaborateurs et moi-même, de ne ménager aucun effort pour tirer vers le haut cette précieuse filière.

Au-delà de la sécurité économique, de millions de producteurs, il en

va de l’avenir de notre jeune démocratie. Parce que la démocratie sans le pain est un leurre.

Monsieur le Premier ministre,

Distingués invités et participants,

Permettez-moi de tenter une courte genèse des crises que traverse la filière coton, avant de me pencher sur les objectifs des présentes assises.

La crise de 2000-2001 fait suite à la baisse de la ristourne passée de 40 FCFA/kg en 1989/1999 à 5 FCFA/kg en 1999/2000, avec un prix plancher de 145 FCFA/kg. L’augmentation du prix plancher à 160 FCFA/kg en 2000/2001 par l’Etat, sera jugée insuffisante. Trop peu et trop tard selon plusieurs zones de production.

Le mouvement de boycott qui s’en est suivi s’est traduit par une chute de production de 459 000 tonnes en 1999/2000 à 242 000 tonnes en 2000/2001. Une baisse de plus de 40%.

La deuxième crise de 2008-2009 résulte d’une augmentation spectaculaire sur le marché mondial du prix des principaux engrais du système coton. En effet, le prix de cession du complexe coton est passé de 12 000 FCFA/sac en 2007/2008 à 17 210 FCFA/sac, complexe céréales de 11 000 FCFA à 16 370 FCFA/sac et l’urée de 10 275 FCFA à 17 690 FCFA/sac. Malgré l’augmentation du prix d’achat du coton par les autorités de 160 FCFA/kg en 2007/2008 à 200 FCFA/kg en 2008/2009, il y a eu un mouvement de boycott de la culture du coton.

La troisième crise de 2020-2021 découle de la pandémie du Covid 19. Cette pandémie a eu un impact sur le cours de la fibre du coton qui est passé de 1013 FCFA/kg en position FOB à 772 FCFA/kg de mi-février à fin mars 2020.

Une telle situation a eu une répercussion directe sur la détermination en avril 2020 du prix d’achat du coton au titre de la campagne 2020/2021 qui est passé de 275 FCFA/kg en 2019/2020 à 200 FCFA/Kg en 2020/2021, soit une réduction de 27%, les intrants agricoles étaient cédés au prix coûtant.

L’annonce des prix d’achat du coton graine et de cession des intrants ainsi que les difficultés liées au renouvellement des organes du réseau coopératif ont été les facteurs déclencheurs du boycott de la culture du coton au titre de la campagne 2020/2021.

Ainsi donc, suite à ces différentes crises, des réflexions stratégiques impliquant les différents acteurs ont été faites, donnant lieu à nombre de recommandations.

Mesdames et messieurs,

Les présentes assises, dont l’objectif général est de contribuer à la relance de la culture cotonnière en vue de la rendre résiliente, compétitive, rentable, et durable, doivent répondre aux questions suivantes :

  • Quelles sont les leçons apprises des différentes crises et pourquoi les solutions envisagées n’sont-elles pas fonctionné
  • Quelles sont les actions de relance de la culture du coton recommandées à partir de 2021/2022 ?
  • Quelles sont les actions devant permettre l’amélioration du mécanisme d’approvisionnement en intrants ?
  • Quelles sont les stratégies d’amélioration de la gouvernance de la filière, et des capacités opérationnelles des organisations paysannes ;
  • Quelles sont les attentes vis-à-vis de l’état ?
  • Quels sont les mécanismes de financement de la recherche cotonnière ?

Je demeure convaincu que ces assises permettront d’analyser toutes ces questions de façon participative et responsable. Aucun sujet n’est tabou et j’encourage le débat, dans la franchise et dans la courtoisie qui sont de mise.

Je demeure également convaincu que, par l’effort collectif du gouvernement, l’accompagnement des plus hautes autorités du pays ainsi que les partenariats stratégiques requis, nous trouverons les voies et moyens de sortir durablement de la crise cyclique de la filière coton, et cela pour le plus grand bien de notre économie.

Je m’engage alors devant vous à travailler sans relâche pour que la filière coton sorte du cercle vicieux afin qu’il puisse s’inscrire dans le plus proche futur dans un cercle vertueux, seule condition d’un développement soutenable et d’une prospérité partagée.

Pour conclure j’adresse mes sincères aux partenaires techniques et financiers dont l’accompagnement est constant, comme aujourd’hui où leur concours permet que nous engagions des réflexions stratégiques dont dépendra l’avenir du secteur coton.

Enfin, aux acteurs de la filière, je voudrais recommander qu’ils renforcent la cohésion en leur sein, afin de faire de la promotion de la bonne gouvernance, une réalité tangible.

 Je vous remercie de votre aimable attention,

 

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