Malgré un premier mandat couronné d'actes avantageux pour la dynamisation et la promotion de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Mali, en particulier et le secteur privé en général, Jeamille Bittar estime, ne pas encore atteint la cime des ses ambitions à la tête du monde des affaires. Aussi pour poursuivre le changement en cours depuis décembre 2002, il s'est officiellement déclaré candidat à sa propre succession à la présidence de la CCIM. C'était le samedi dernier au centre international de conférence. Un mandat qu'il compte mettre à profit pour faire du secteur privé malien une référence internationale.
En décembre 2002, pour m'avoir fait confiance, vous m'avez investi à la tête de la CCIM pour un mandat de quatre ans. Ce jour j'avais pris l'engagement de donner le meilleur de moi-même pour donner à cette structure l'image qu'elle mérite et au secteur privé malien la place de choix dans ce monde de perpétuelle globalisation. Mais aussi au plus grand bonheur des Hommes qui le font. Puisque cet engagement m'obligeait un résultat, ce mandat arrivant à terme, j'ai aujourd'hui obligation de rendre compte ", c'est en ces termes que Jeamille Bittar s'est adressé à l'immense assistance qui était présente le samedi dernier au centre international de conférence de Bamako. Avant de se déclarer officiellement candidat à sa propre succession, il a fait un aperçu de son bilan durant les quatre années passées à la présidence de la CCIM. Au cours de cet exercice, Jeamille Bittar s'est appesanti d'abord sur la reforme qu'il a introduite pour dynamiser et promouvoir la chambre de commerce et d'industrie du Mali.
Modifications structurelles et fonctionnelles
Pour le premier responsable de la CCIM, au moment où il prenait les reines de la CCIM, il était évident que l'institution consulaire avait besoin de modifications structurelles et fonctionnelles profondes. C'est pour cette raison que l'une des priorités de sa mandature a été la réhabilitation de la CCIM. Cette réhabilitation avait pour but de redonner à l'assemblée sa vraie place dans le fonctionnement de l'institut. Pour en faire un véritable organe de décision, afin que le bureau se limite à son rôle d'exécuteur du programme d'activités et des résolutions de l'Assemblée Générale. Et parallèlement, le secrétaire général aussi a été doté de moyens lui permettant de jouer pleinement son rôle d'assistant administratif et d'appui conseil auprès du bureau, par le biais des structures techniques qui le constituent.
Pour ce qui concerne l'Assemblée consulaire, qui se réunissait à peine une fois par an, elle s'est réunie à quatre reprises et de façon tournante pour mieux impliquer les régions dans le fonctionnement de l'institution. C'est ainsi qu'après Bamako, l'Assemblée Consulaire s'est réunie respectivement à Ségou, Sikasso, et Mopti. A cela, il faut ajouter la tenue régulière de la réunion statuaire du bureau et la mise en place de commissions techniques de travail présidées par les vices présidents.
Dialogue inter partenarial privilégié, pour le bonheur du secteur privé national
Au vu de la concurrence internationale de plus en plus vive, la nécessité pour les entreprises maliennes de se doter des outils les plus performants et efficaces pour leur développement, est connue de tous. Pour ce faire, le candidat Jeamille pense qu'elles doivent tirer le meilleur parti des mutations de leur environnement, notamment par l'amélioration de la qualité de leur produits, la prospection de nouvelles opportunités d'affaires en réponse au processus d'intégration et de mondialisation. Mais, elles doivent aussi faire preuve de créativité et d'innovation en adoptant les nouvelles technologies de l'information et de la communication. C'est dans cette optique que la CCIM, pour les aider à atteindre cet objectif, s'est montré disponible durant les quatre dernières années. La CCIM a renforcé ses partenariats avec tous ses interlocuteurs, dont principalement les autorités nationales et les institutions internationales. Il convient aussi de noter les multiples actions initiées pour améliorer l'environnement des affaires en vue de favoriser les investissements et l'éclosion des activités de l'ensemble des filières de secteur privé national. Parmi ces actions il faudrait retenir, la relecture du code des investissements, du code des impôts et du code des douanes. Sans oublier les actions visant la réduction sensible des coûts des factures de production tels que l'eau, l'électricité, les communications, la participation active de la CCIM aux sessions du conseil présidentiel à l'investissement, et les multiples concertations menées avec les autorités en vue de la levée des contraintes majeures au développement du commerce, de l'industrie, des transports et d'autres secteurs clés de notre économie. Jeamille Bittar a souligné qu'il est quasi impossible d'évoquer les grands axes d'intervention de sa mandature, sans citer l'harmonisation des points de vue du gouvernement et du secteur privé sur les politiques et stratégies de développement des entreprises. Qui est après tout une nécessité pour construire une économie nationale en mesure de répondre correctement aux appels de sirènes de l'intégration économique ouest africaine, voire africaine. Sans ignorer l'optimisation de la participation des opérateurs économiques aux manifestations internationales de promotion du secteur privé, telles que les foires et expositions.
La sortie des filières d'activités du secteur privé de l'ornière
En plus des actes ci dessus cités, posés dans le cadre de l'appui apporté par la CCIM aux entreprises de façon générale, d'autres initiatives avaient été prises durant ces quatre années, et destinées à assurer la promotion des différentes grandes filières d'activités qui constituent le socle principal du secteur privé national. Convaincu qu'aucune nation ne saurait construire un développement viable sans gagner la bataille de la mobilité, autrement dit, de la libre circulation des personnes et des biens ; conscient du fait que le Mali, de part sa position géographique, se trouvant à la croisée des chemins de l'intégration ouest africaine, pourrait jouer pleinement son rôle de carrefour des affaires en Afrique de l'Ouest. Le président sortant de la CCIM, a expliqué qu'il était impératif pour son équipe et lui, durant ces quatre années, d'accorder un intérêt particulier à l'accompagnement du développement du secteur des transports dans notre pays. Par ailleurs, il reste convaincu que la consolidation du tissu industriel existant et la mise en place de structures de transformation des produits de base, restent des voies obligées pour relever le défi du développement économique. Il a ensuite affirmé que le secteur du commerce, considéré comme l'activité phare de l'économie malienne, a retenu toute leur attention durant sa mandature.
Investissements : le secret pour gagner la guerre de compétitivité
Toutes les actions de la CCIM, aussi diverses et variées qu'elles soient, tendent vers le seul objectif de dynamisation de l'économie du pays. Cependant pour gagner la guerre de la compétitivité dans laquelle les entreprises maliennes sont obligées de s'engager, elles doivent se doter d'armes et de moyens nécessaires. Pour Bittar, le nerf de cette guerre n'est autre que les investissements. Dès lors, il convient, selon lui, de laisser une place prépondérante à la promotion des investissements dans toutes les actions destinées à l'appui et l'accompagnement de notre secteur privé national. " C'est ce souci qui a guidé nos pas pendant les quatre années de notre mandature a-t-il dit ". En collaboration avec le système financier malien, avec la confiance des autorités républicaines et dopés par la confiance des opérateurs économiques, la président sortant de la CCIM a affirmé, avoir réussi à entamer un vaste chantier de réflexions et d'actions pour trouver la voie royale qui mène à la meilleure politique de promotion des investissements en faveur du développement du secteur privé malien.
Les infrastructures : bases de tout développement
" Dès l'entame de mon mandat, a t-il dit, j'ai compris la place de choix qu'il faille accorder aux infrastructures ". Fort de ce constat, il privilégié dans son programme d'activité la réalisation et l'aménagement d'infrastructures pour doter le secteur privé national d'infrastructures pour construire son épanouissement. C'est là que réside toute l'importance et la priorité accordées à la construction et l'équipement de sièges de la CCIM dans toutes les régions administratives de notre pays. La mise en place de centre de formations stratégiques dans plusieurs régions, sans oublier la mise en place d'un centre d'information économique en collaboration avec le centre de commerce international. Un projet qui sonnera le tocsin de l'informatisation complète de tous les sièges qui entreront, par ce biais, dans la grande société mondiale de l'information. Dans cet élan, Jeamille Bittar dit avoir voulu doter le Mali d'un très grand espace de rendez-vous international d'affaires. Il s'agit de la foire internationale de Bamako (FEBAK), qui est une grande opportunité d'exposition, de vente et d'échange entre les opérateurs économiques du pays et le public. Les différentes éditions de cet événement ont constamment déménagé d'une place à l'autre, faute de cadre approprié. Cette situation déplorée par les commerçants, industriels et prestataires de services de notre pays a été oubliée grâce à la réalisation du majestueux complexe dénommé, Parc des Expositions de Bamako.
Orientations du futur mandat
Pour assurer la continuité du changement qu'il a amorcé durant son premier mandat, Jeamille Bittar envisage s'appesantir sur certains axes indispensables à la promotion du secteur privé. Convaincu que le secteur privé doit répondre de beaucoup d'exigences et lever une multitude de contrainte pour trouver la voie de la compétitivité. Mais armés de foi et de courage, M. Bittar atteste que les entreprises maliennes peuvent être placé sur l'orbite de la performance. Il est vrai que l'intégration avance, mais, pour Bittar l'entreprise malienne marque le pas. Tel est l'enseignement tiré de l'étude d'impact publiée par les instances dirigeantes de l'union. " Il faut alors agir et vite mais dans l'unité et la solidarité car il est fatal de se tromper de combat, a affirmé Jeamille Bittar ". Il a alors instruit à ses camarades opérateurs de mettre fin aux guerres de clans et les querelles intestines entre eux. Car elles ne conduisent jamais à juguler efficacement les dangers qui proviennent effectivement d'ailleurs.
Avant d'expliquer, qu'il devient dès lors impératif pour les opérateurs de s'unir et d'être vigilants pour relever ensemble les défis qui interpellent chacun d'eux.
Le président de la CCIM, pour assurer la continuité du changement, entend garder l'élan de son premier mandat au cours du prochain, au cas où il venait à rempiler. Comme durant les quatre années de sa première mandature, il accordera, a-t-il promis, une attention particulière, mais plus approfondie au processus d'amélioration de l'environnement des affaires. L'appui aux entreprises, tous secteurs confondus, sera aussi au centre des préoccupations.
Les réflexions dans le cadre de la promotion des investissements, et de l'appui sectoriel aux industries, au commerce, aux transports, entamées dans le premier mandat, se verront traduit en acte. Son futur bureau va aussi insister sur la formation et l'appui aux femmes d'affaires.
Au vu de toutes ces promesses, Jeamille Bittar qui cautionne en sa faveur le soutien de certaines associations, telles que, celle des commerçants de détails, celle des femmes entrepreneurs, des jeunes entrepreneurs, semble avoir de son côte les chances nécessaires pour rempiler les élections consulaires d'octobre prochain.
Il trouvera sur son chemin d'autres candidats. Il sera certainement doté de l'outil nécessaire pour faire trébucher ces intrépides opérateurs économiques. Qui d'ailleurs, pour des raisons qu'eux seuls connaissent, n'arrivent toujours pas à se déclarer officiellement candidat.
Ousmane KONE