Coton africain : Une étude sur sa compétitivité partagée entre ses acteurs

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L’Association des producteurs de coton africains (APROCA) en collaboration avec  l’Agence Française de Développement (AFD) à travers le Projet de développement du Coton équitable et bio-équitable en Afrique de l’Ouest et du Centre a organisé le lundi 25 avril 2016 à l’Hôtel Olympe un atelier de restitution d’une étude. C’était sur la structure des coûts de la fibre du coton équitable et bio-équitable en Afrique de l’ouest et du centre. Car, le constat est clairement établi que le coton africain est confronté à de nombreuses difficultés sur le marché mondial.

Cette étude, faut-il le rappeler, a été menée par les experts de l’Association des producteurs de coton africains qui prône la compétitivité pour sortir le coton africain de l’ornière. Cet atelier de restitution a regroupé les producteurs de coton, les partenaires techniques et financiers de la filière et les représentants des plates-formes des pays voisins du Mali, notamment le Burkina Faso, le Bénin et le Sénégal. Notons que cette étude fait ressortir les coûts de revient de la fibre du coton équitable et bio équitable dans les pays producteurs africains afin d’identifier  les segments sur lesquels il faut agir pour baisser les coûts de production. La restitution permettra de prendre des mesures ou d’entreprendre des actions  pour être plus compétitifs.

Ainsi, selon l’étude, à raison d’un prix FOB moyen de 1 200 FCFA le kg, on arrive pour le coton bio équitable d’Afrique de l’Ouest à un prix CIF Asie de 97 cents/livre. Alors qu’un coton indien équivalent se vend actuellement autour de 70 cents plus 10 cents de prime, soit 80 cents la livre, ce qui représente 17 cents de moins.

Dans ce contexte, et selon les responsables d’APROCA, les marchés de niche concernés ont rencontré des difficultés importantes, liées notamment à la remontée des cours du coton conventionnel rendant moins attractifs les cotons de niche, biologique et équitable. De plus, les structures responsables de la commercialisation des cotons de niche ont rencontré beaucoup de difficultés à adapter leurs pratiques commerciales à ces marchés particuliers.

S’agissant du coton équitable, les évolutions du standard Fairtrade envisagées pour pallier à la lourdeur de l’ancien cahier des charges dénoncé par les transformateurs finaux, ne sont pas encore en œuvre et les difficultés d’écoulement restent chroniques.

Pour rappel, un atelier sur le thème de la commercialisation, organisé à Ouagadougou en Mars 2014, a permis de contribuer à leur remobilisation. Cet atelier a également permis de mieux partager un certain nombre d’informations majeures sur l’évolution des marchés et aussi de mettre en évidence les contraintes rencontrées par les différents acteurs en matière de commercialisation. Parmi ces contraintes, figurent la nécessité de mieux répondre aux exigences du marché en termes de disponibilité et de prix. Il s’avère que, si pour certains clients le problème de ces productions se pose en termes de disponibilité  tout au long de l’année, pour d’autres, il se pose en termes de prix peu concurrentiel par rapports à ceux de l’Inde et de la Chine.

C’est pour mieux comprendre les écarts de compétitivité, que l’APROCA a commandité cette   étude sur les coûts de revient de la fibre du coton équitable et bio équitable dans les pays producteurs africains afin d’identifier  les segments sur lesquels il faut agir pour baisser les coûts de production.

Notons enfin que l’APROCA a été créée le 22 décembre 2004 à Cotonou au Bénin. Elle se veut un outil au service des producteurs de coton d’Afrique et regroupe aujourd’hui 15 pays de l’Afrique de l’Ouest, du Centre  et de l’Est. C’est une structure apolitique, laïque et à but non lucratif. Elle vise l’amélioration durable des conditions de vie des producteurs de coton.

Dieudonné Tembely

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