Crise sécuritaire dans le septentrion multilatéralisme à double vitesse : Quand l’éventuel recours aux services de Wagner dresse les cheveux dans l’Hexagone

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Un adage populaire malien illustre à juste titre la réaction des autorités françaises, pour ce qui est de l’éventualité de la future présence des militaires de la société privée de sécurité russe Wagner au Mali : « Quand on ne mène pas des transactions commerciales dans deux marchés différents, on ne saura jamais lequel des deux génère le plus de profits », dixit le sage bambara.

L’agence de presse britannique, Reuters, pour avoir publié une information relative à l’imminence de signature d’un contrat entre la société russe de sécurité, Wagner et les autorités de la transition malienne, a susciter des débats qui ont fait couler beaucoup d’encre et de salive en Occident et en Afrique occidentale.

En tout état de cause, nous avons été témoins d’une levée de boucliers tous azimuts depuis le 20 septembre dernier, de la part de la CEDEAO, de l’UA, de l’UE, de l’ONU, de la France, de l’Allemagne, de l’Estonie.

Pourquoi toutes ces agitations ? Est-ce que le jeu en valait la chandelle ? Sachons raison garder et faire preuve de perspicacité. A la France et à ses alliés, nous leur concédons le bien-fondé de leur positionnement, lorsque cette arrivée est synonyme d’ouverture de la boîte de pandore avec son lot de non- respect des droits de l’homme.

Mais, à nos yeux, l’arbre ne doit pas cacher la forêt : le 21 septembre dernier, TV Afrique s’est fait l’écho du renvoi de 200 militaires gabonais de la Minusca pour abus de viols sexuels. Ailleurs, en RDC, les militaires du contingent de la MONUC ont aussi été épinglés pour le même motif.  Officiellement, ces militaires appartiennent tous à la force onusienne censée sécuriser les civils. Ces agissements ne sont-ils pas aux antipodes des prétendues valeurs défendues par les Nations unies ? Nous sommes fondés à croire que la Minusma, la CEDEAO, la future force Takouba, qui s’agitent, sont atteintes de cécité et de trouble de perspicacité dans leur soutien pour la France, lorsque celle-ci déclare que la présence de Wagner est incompatible avec la sienne au Mali. N’est-ce pas la force Barkhane qui a eu à bombarder la population de Boni lors d’un mariage civil avec son cortège de morts ?

La CEDEAO a-t-elle levé le petit doigt ? Cela n’est-il pas une violation des droits de l’homme ? La France a empêché l’armée malienne d’entrer à Kidal en 2013. L’ONU n’a-t-elle pas cautionné cet état de fait ?  Wagner y était-il pour quelque chose ?

Aujourd’hui aucun officiel malien ne peut fouler le sol de Kidal, sans bourse délier auprès de la CMA. Le parrain de cette comédie, c’est la France. La Minusma n’a jamais pipé mot.  Pis encore, aucun aéronef ne peut survoler en direction du septentrion via Mopti sans l’aval de la France. Et si Wagner était un contre poison à cet anachronisme ? Pourquoi ne pas le tenter, tout en lui intimant le respect des droits de l’homme ? Ces droits étant depuis belle lurette violés par les représentants des Nations unies au Mali.

A l’occasion du sixième anniversaire de l’indépendance de l’Azawad, les représentants des autorités françaises se sont affichés de façon ostentatoire, avec les apatrides. Cela était-il le respect de la souveraineté malienne ?

Le hic dans cette affaire, malgré la présence de cinq mille (5 000) soldats français, de ceux de la Minusma, les paisibles populations maliennes meurent quotidiennement du fait des attaques terroristes depuis 2013.

Les embuscades contre les Fama se sont multipliées. Faut-il mettre tout cela sur compte de la fatalité ?

Autre absurdité : une armée reconstituée à Kidal. Pourquoi pas une armée nationale tout court ? Alors, il est temps d’arrêter d’avaler les couleuvres et de mettre le holà à la langue de bois.

 

 Mohamed Koné, Correspondant à Kadiolo

 

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