Transition et sortie de crise : Diminuer le nombre d’«ennemis»
La France et ses alliés de l’Union Européenne, les USA, l’Australie, l’Algérie la Mauritanie sont-ils des «amis » ou partenaires stratégiques du Mali aujourd’hui ? L’on peut en douter.
Dans le contexte géopolitique du moment, le Mali semble se lier d’amitié avec les « petits pays », au détriment des « grandes nations ». Même si ces expressions ci-dessus, entre guillemets sont péjoratives, il faut reconnaître que certains Etats apparaissent comme de moindre envergure diplomatique, comparés à d’autres. Car, en matière de relations internationales, les rapports de force comptent énormément. Et les Etats n’ont comme on le sait que des intérêts et non des amis. Cela implique que les Etats faibles ou en difficultés devraient s’allier à d’autres Etats pouvant leur fournir aide et assistance dans divers domaines.
Ainsi, le Mali a récemment accueilli des représentants diplomatiques de plusieurs Etats qui sont venus remettre leurs lettres de créances au président de la Transition, le général Assimi Goïta. Il s’agit des pays, comme le Pakistan, la Hongrie, l’Indonésie. A y voir de près, ces pays ont des portefeuilles de coopération plutôt limités. Contrairement aux puissances occidentales comme les USA, la France, l’Allemagne. Et nul n’ignore que Bamako n’a pas de très bonnes relations de coopération avec ces Etats. Car, depuis la récente phase de la Transition, le Mali est entré en froid avec les Occidentaux, souvent accusés d’intelligence avec les groupes armés terroristes ou soupçonnés d’accointance avec les milieux de l’économie criminelle, pour exploiter certaines de nos ressources naturelles. Ces suspicions transparaissent souvent dans les discours officiels et plombent le climat de confiance dans les relations bilatérales entre le Mali et ces Etats.
Il urge que la diplomatie malienne revoit son positionnement, pour améliorer son image dans le concert des Nations. Elle doit faire en sorte que la confiance revienne, à travers des efforts de négociations et de retour à la normalité institutionnelle. Car, ce sont ces facteurs qui fâchent. Et les autorités maliennes doivent éviter de pointer constamment un doigt accusateur sur… l’ennemi extérieur. Car, les tares de la gouvernance peuvent avoir aussi et surtout des causes endogènes.
En outre, les autorités de la Transition doivent se résoudre à concevoir que l’Etat malien ne peut se sortir de ses difficultés en suscitant autant d’adversité. Trop d’hostilité plombe les efforts de redressement du pays.
C’est ce qui explique les réguliers appels des chancelleries étrangères demandant à leurs ressortissants respectifs de quitter le Mali. De telles annonces jettent du discrédit sur l’Etat malien et sème la peur et la confusion dans les esprits des populations maliennes. Il est nécessaire que le gouvernement de transition travaille à enlever ce cliché négatif, en lançant une offensive diplomatique volontariste, pour convaincre sur ses options stratégiques. Il s’agit d’œuvrer à concilier les intérêts des uns avec les siens propres, pour un modus vivendi de partenariat gagnant-gagnant. Cela ne se fera pas sans prendre des initiatives courageuses, pour réduire le nombre des potentiels « ennemis », en particulier parmi les pays voisins. C’est le cas avec l’Algérie, la Mauritanie, la Côte d’Ivoire, avec lesquels l’histoire, la géographie, la culture devraient sceller un cordon ombilical d’entente.
Boubou SIDIBE/maliweb.net