Fassery Doumbia, directeur général du PMU-Mali en exclusivité : "La collaboration avec la Sorec permet d'offrir aux parieurs plus de choix et plus de possibilité de jouer sur les offres de courses"
"L'engouement pour les courses marocaines avec une hausse régulière du chiffre d'affaires nous a réconfortés dans notre choix" "J'invite chacun des membres de l'ALA à explorer davantage l'expérience marocaine qui est plus qu'une bonne alternative"
Dans cet entretien exclusif, le directeur général du PMU-Mali, Fassery Doumbia, non moins 1er vice-président du Comité exécutif de l'Association des loteries d'Afrique (Ala), nous parle du choix des courses marocaines au Mali, du partenariat gagnant-gagnant avec la Société royale d'encouragement du cheval (Sorec) et de son évolution. Sans oublier aussi les principales forces du modèle hippique marocain. "L'engouement dans les agences de courses en direct (Pendant La Réunion-PLR) pour les courses marocaines avec une hausse régulière du chiffre d'affaires nous a réconfortés dans notre choix". Parole du directeur général du PMU-Mali. En dehors des courses hippiques, précisera-t-il, la collaboration avec la Sorec touche le domaine de l'amélioration de la race chevaline qui fait partie des missions du PMU-Mali. C'est dans ce cadre qu'un protocole de partenariat est en cours de mise en œuvre entre le PMU-Mali et la Sorec. Ce partenariat s'inscrit en droite ligne de la bonne coopération entre le Mali et le Royaume du Maroc. Suivez l'interview !
Aujourd'hui-Mali : Pourquoi le PMU-Mali a-t-il fait le choix des courses marocaines ?
Fassery Doumbia : Le choix des courses marocaines s'inscrit dans une dynamique de diversification d'offres de services et de consolidation du partenariat sud-sud. Nous nous réjouissons et nous nous inscrivons dans la bonne coopération entre le Mali et le Royaume du Maroc.
Avec l'organisation du GPA (Grand Prix d'Afrique), le Maroc a montré son potentiel en termes d'infrastructures hippiques, d'organisation des courses ainsi que de la qualité et du nombre des chevaux qui y participent.
Ces éléments et d'autres axes de collaboration comme l'amélioration de la race chevaline sont à la base du choix des courses marocaines.
Qu'apporte au PMU-Mali la collaboration avec la Sorec ?
La collaboration avec la Sorec permet au PMU-Mali d'offrir aux parieurs plus de choix et plus de possibilité de jouer sur les offres de courses.
L'engouement dans les agences de courses en direct (Pendant La Réunion-PLR) pour les courses marocaines avec une hausse régulière du chiffre d'affaires nous a réconfortés dans notre choix.
En dehors des courses hippiques, cette collaboration touche un autre domaine à savoir celui de l'amélioration de la race chevaline qui fait partie des missions du PMU-Mali. A cet effet, un protocole de partenariat est en cours de mise en œuvre entre nos deux structures.
Comment analysez-vous l'évolution de l'intérêt des parieurs maliens ?
L'intérêt des parieurs maliens est analysé à travers l'engouement suscité par les parieurs sur le réseau de vente PLR. Le nombre de parieurs qui fréquentent les agences augmente de plus en plus avec des gains plus conséquents.
Il nous appartient d'entretenir cet engouement et d'élargir le portefeuille clientèle des courses marocaines.
Ce partenariat a-t-il contribué à renforcer la dynamique des points PMU ?
Tout à fait car nous assistons à un afflux croissant des parieurs pour ces courses. Les parieurs et nos chefs d'agence se réjouissent de la diversification des offres de courses.
Quelles sont, selon vous, les principales forces du modèle hippique marocain ?
Les commentaires en arabe et le nombre élevé des partants semblent être des forces probantes. Pour notre part, le dialogue direct avec les gestionnaires de ces courses constitue un élément important de la gestion.
Le modèle est également conçu de manière à laisser aux parieurs une masse à partager potentielle non négligeable. Ce qui nourrit les courses et les enjeux.
Peut-on parler d'un référent africain en matière de courses hippiques ?
L'organisation du Grand Prix d'Afrique en terre africaine du Maroc est une référence très importante et ce n'est pas symbolique.
A noter également que le produit est en train d'être commercialisé de plus en plus à travers le continent.
Comment envisagez-vous l'évolution de ce partenariat ?
Nous devons ensemble poursuivre les efforts pour améliorer l'offre de ces courses en donnant plus d'informations particulièrement sur les performances des chevaux et des jockeys. Aussi, convient-il de réfléchir à l'introduction d'autres offres telles que les courses de trot ou d'obstacles.
La formation des jockeys et le développement des sports équestres constituent également deux axes importants à approfondir.
Quel message adresseriez-vous aux pays africains intéressés par cette expérience ?
En tant que 1er vice-président du comité exécutif de l'Association des loteries d'Afrique, j''estime que le ton doit être donné par notre Association qui doit impulser la coopération sud-sud en négociant avec la Sorec un cadre de coopération global pour tous les membres de l'Ala. J'invite néanmoins chacun des membres à explorer davantage l'expérience marocaine qui est plus qu'une bonne alternative.
Réalisé par El hadj A. B. HAIDARA
PAROLES DE PARIEUR
S. T. C. : "Les courses marocaines, c'est devenu normal pour nous"
S. T. C., un habitué des Points courses en direct du PMU-Mali réagit à la diffusion régulière des réunions hippiques organisées au Maroc par la Sorec. Son fief, c'est la salle VIP de l'agence des Halles de Bamako à ses jours libres ; mais il valide ses tickets pour les quintés marocains dans le guichet le plus proches selon son emploi du temps journalier.
Aujourd'hui-Mali : Depuis quand suivez-vous les courses marocaines ?
S.T.C : Depuis quelques années. Au début, je testais seulement. Maintenant, je les suis comme les autres réunions de France, Angleterre, Belgique, Norvège, Afrique du Sud, Australie. De la simple curiosité, c'est devenu systématique aujourd'hui.
Est-ce devenu un rendez-vous régulier ?
Oui. Quand il y a course du Quinté marocain l'après-midi, je passe jouer. C'est entré dans les habitudes ici. Même aujourd'hui, je vais au guichet le plus proche vers 15 h pour jouer. Inch Allah !
Avez-vous observé une évolution dans votre manière de suivre les courses ?
Oui. On ne joue plus au hasard comme au début. On analyse plus. On étudie les performances des chevaux, les jockeys, les favoris, les tocards. On connaît mieux les chevaux marocains maintenant. Ce n'est plus du hasard pur. Ce jeudi 26 février 2026, la Sorec nous propose les courses qui se déroulent sur l'hippodrome de Meknès dans la réunion 8 des courses du jour.
Le Quinté, c'est la course 8, une course catégorie B pour les NE, 13 partants au départ sur la distance de 1400 m pour des chevaux entiers âgés de 4 ans et plus. J'ai déjà étudié la course. Mon coup sûr, c'est le n°2 avec la cravache d'or Zouhair Madihi qui réalise une saison incroyable, je le jouerai comme favori de la course. Vous voyez ! La couse est prévue pour 15 h 25 locales. J'irai valider mes combinaisons avant 15 h.
Souhaiteriez-vous voir davantage de courses africaines de ce niveau ?
Bien sûr. Des courses africaines comme ça, si c'est bien organisé comme au Maroc, ça m'intéresse. C'est proche de nous et ça nous donne plus d'occasions de jouer.
Réalisé par El Hadj A. B. HAIDARA
Portrait :
Moussa, 55 ans, turfiste fidèle : "Les courses marocaines font partie de ma journée"
14 heures précises, on le trouve presque toujours au même endroit : dans une agence PCD du PMU-Mali, ticket à la main, stylo coincé derrière l'oreille. Moussa est maçon de métier, parieur par passion.
Depuis plus de dix ans, il suit les courses hippiques. C'est un fidèle de deux programmes télévisés : Quick Pronos et 100 % Pronos qui l'aident beaucoup dans le choix des chevaux. Et pour un ticket gagnant. Mais aujourd'hui, il consulte d'abord le programme des courses disputées au Maroc, organisées par la Sorec.
"Les horaires nous arrangent. L'après-midi, je peux jouer tranquillement. Et puis maintenant, je connais leurs chevaux comme les autres", explique-t-il en cochant méthodiquement ses numéros.
Comme beaucoup, il ne mise plus au hasard. Il note les performances dans un petit carnet, repère les jockeys réguliers, compare les cotes. "Avant, c'était la chance. Maintenant, c'est la stratégie".
Autour de lui, les habitués arrivent, discutent, débattent des favoris. Le point courses devient un lieu de rendez-vous quotidien. "Quand il y a réunion au Maroc, on est sûrs de trouver l'ambiance", sourit-il.
Pour Moussa, ces courses ne sont plus "étrangères". Elles font simplement partie de sa routine. "Tant qu'il y a des courses africaines comme ça, nous, on est là".
El Hadj A. B. HAIDARA