Le ministre Boubou Cissé au sujet de l’exploitation de l’or : «Le Mali a décidé de limiter sa part dans les mines à 20%»

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Nouvelle ère minière au Mali
Le ministre des mines, Boubou Cissé

Invité du 5ème numéro du «Grand débat économique» du Forum de la Presse, le samedi 14 novembre dernier, le ministre des Mines, Dr Boubou Cissé, se prononçant sur l’impact de l’exploitation aurifère sur les populations maliennes, a affirmé qu’il y a un réel paradoxe à ce niveau. Lequel paradoxe n’est d’ailleurs pas l’apanage de notre seul pays, si l’on en croit le ministre Cissé.

Face au modérateur, notre confrère Issa Fakaba Sissoko, sur le thème :«la place de l’or dans l’économie malienne», Dr Boubou Cissé a d’entrée de jeu rappelé que le Mali compte une dizaine de mines d’or en activité, reparties entre les régions de Kayes, Sikasso et Koulikoro. Ces mines produisent environ 40 à 50 kg d’or par an. Ce qui fait du Mali le troisième pays producteur d’or en Afrique. Le ministre des Mines soutient que 2 ou 3 de ces mines vont fermer dans deux ans. Maintenant, il est impératif de préparer l’après-mine dans les localités qui abritent ces gisements, a-t-il estimé.

Sur la question de l’impact de l’or dans l’économie et sur les conditions de vie des populations maliennes, le ministre Cissé a indiqué qu’il y a un paradoxe, mais qui n’est pas propre au Mali. Cependant, souligne-t-il, les mines constituent une chance pour le Mali. Elles créent des richesses qui vont dans les caisses de l’Etat, mais aussi des emplois. A titre d’exemple, elles emploient quelques 17 000 personnes, a dit Boubou Cissé. Les mines sont aussi des grands contributeurs pour les collectivités, à l’image de Sitakily où Randgold a versé près d’un milliard de nos francs à la commune. Selon lui, il y a des problèmes réels sur la situation des mines maliennes qu’il faut gérer.

Parlant des problèmes de développement, Boubou Cissé est formel que ce n’est pas aux sociétés minières de créer le développement, mais c’est plutôt la responsabilité de l’Etat. Les mines, dit-il, sont là pour faire du profit. A ce titre, elles ne sont pas là pour construire des routes et autres infrastructures. Cependant, dans le cadre de leur responsabilité sociale d’entreprise, elles sont obligé de faire des écoles et des centres de santé pour les populations environnantes.

Le ministre des Mines soutient que le secteur minier est extrêmement complexe. C’est pour cela qu’il n’est pas possible pour l’Etat de débourser 300 milliards de F Cfa pour  créer une mine. C’est une activité qu’il faut confier au secteur privé comme pour le cas des télécommunications. A la question de savoir pourquoi l’Etat n’augmente pas sa part sociale à 40% par exemple, Dr Boubou Cissé a répondu que c’est le Mali qui a décidé de limiter sa part à 20%. Même là, le ministre pense que cela n’est pas une bonne idée. Selon lui, le gouvernement gagnera beaucoup plus en sortant du capital des mines et  en créer des mécanismes fiscaux pour renflouer ses caisses, car les profits générés par les parts sont marginaux.

La relecture du code minier

Par rapport à la relecture des contrats miniers, le ministre soutient que c’est une promesse du Président de la République. Elle rentre dans le cadre de sa nouvelle politique minière. Cette relecture, à en croire Bouba Cissé, est en cours il y a deux à trois semaines. Ensuite, il y aura la relecture des contrats miniers qui sont adossés au Code. Ce travail est confié, révèle-t-il, à des cabinets d’études anglais et français très expérimentés. Aussi, a-t-il fait savoir que pour ne pas faire peur aux investisseurs, le gouvernement a décidé d’aller avec méthode et stratégie.

La plus grande mine de la sous-région

La localité de Fekola abritera la plus grande mine de la sous-région ouest-africaine en 2017,  a informé le ministre Boubou. Elle est créée par une société canadienne et aura une durée de vie allant de 10 à 12 ans. Il a annoncé également que la Semos SA qui exploite l’or à Sadiola va bientôt devenir une mine souterraine. Quant à l’Uranium de Faléa, le Dr Cissé a indiqué que c’est une société canadienne qui est en train de faire les études de faisabilité. Le gouvernement attend impatiemment les résultats de cette étude.

Une école des mines en 2017

Le ministre Boubou Cissé ne s’est pas limité à citer les mines d’or du pays, il a aussi annoncé une très bonne nouvelle, à savoir la nouvelle école des mines qui devra voir le jour en mi 2017. Elle sera construite sur une superficie octroyée par le gouvernement dans la zone aéroportuaire et fournira aux mines des ressources humaines qualifiées.

Boubou Cissé et Abdoulaye Niang en désamour parfait

Il faut dire que ce débat a été tout sauf un répit pour le ministre Boubou Cissé. En effet, il fut harcelé par le second invité, en l’occurrence le Pr Abdoulaye Niang, qui a voulu le pousser jusque dans ses derniers retranchements. Ce dernier a surtout souligné la non-prise en compte de la société civile dans la procédure de relecture des contrats miniers. Boubou Cissé, visiblement irrité par les reproches de son vis-à-vis, a rétorqué en mettant souvent en avant ses propres compétences professionnelles. Si, aux yeux du ministre Cissé, le Pr Niang ne vise qu’à détruire ce que les autorités construisent, ce dernier estime pour sa part que le ministre des Mines ne fait jusque-là que de l’intox et de la désinformation. Car, selon lui, les autorités n’ont toujours pas dit la vérité aux populations au sujet de l’exploitation de l’or.

Il faut noter que ces deux hommes se connaissent depuis longtemps car, ils ont plusieurs fois eu l’occasion de s’affronter notamment sur les crises relatives à l’orpaillage.

Harber MAIGA

 

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1 commentaire

  1. Est ce que ce Ministre est vraiment un patriote?
    Monsieur le “Ministri” la terre appartient à l’etat y compris les ressources qu’elle regorge et l’etat doit se contenter de 20% ou même se retirer complètement. Je crois que le Ministri devait être malade ce jour.

    Monsieur Cissé quand vous a été nommé, combien avez vous reçu de la part des miniers dit privé?
    Monsieur le “Ministri” pouvez vous nous dire exactement la quantité reele d’or exploité par les privés miniers pas les chiffres de ces miniers?
    Combien de privés miniers maliens ont ces 300 milliards pour creer une mine?

    Monsieur le “Ministri” je pense qu’après recule vous devriez rendre le tablier. Vous ne méritez pas ce poste car tout malien qui fait la promotion de la privatisation à outrance au détriment du pays doit être considérer comme un ennemis de la nation.

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