Restauration du prix de la baguette de pain a 300 FCfa : Les vérités du patron de la Fédération syndicale des boulangers et pâtissiers du Mali !

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Décidés à mettre leur menace à exécution, ils sont 600 boulangers et pâtissiers regroupés au sein de la Fédération syndicale des boulangers et pâtissiers du Mali (FSBPM) à demander la restauration du prix consensuel national du pain à 300 F CFA la baguette de 300 grammes et à 150FCFA celle de 150 grammes pour le consommateur. Cela, dans un délai qui sera déterminé lors d’une assemblée générale extraordinaire qui se tiendra les jours à venir.

C’est la principale information donnée par les responsables de ce syndicat affilié à la CSTM lors d’une conférence de presse, tenue samedi dernier à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali. Présidée par le secrétaire général de la FSBPM, Ahmed Dembélé, la conférence de presse a enregistré la présence des secrétaires généraux des six sections syndicales du District et celle de Kati, et des membres.

Placée sous les fonts baptismaux en 2017 après un travail consensuel, la FSBPM qui se veut apolitique entend défendre les intérêts des boulangers, pâtissiers et livreurs ; redynamiser le secteur et offrir un pain de qualité aux consommateurs.

L’indignation et la colère des boulangers !

Dans une déclaration liminaire, lue par le secrétaire administratif de la fédération, Ibrahim Yacouba Cissé, les organisateurs déplorent que de 2016 à nos jours, rien n’a été fait par le Gouvernement concernant la mise en application du protocole d’accord du pain pour Bamako et Kati, signé entre l’Etat, les boulangers et pâtissiers, les consommateurs, les détaillants et les livreurs. Cette convention « fixe à 300FCFA la baguette de 300 grammes et à 150 FCFA celle de 150 grammes pour le consommateur avec la promesse de redynamiser le cadre de la filière pain pour actualiser le prix ». Or, durant cette période, le prix de la farine et de la levure  a grimpé et atteint souvent des niveaux excessifs, sous les yeux indifférents de l’Etat qui n’a rien subventionné. Pour le pain, le prix a augmenté de 15000à16500 puis à 17500f. Quant à la levure, le prix a augmenté souvent de plus de 22500F à 50000FCFA.

Pourquoi redynamiser le secteur pain !

Selon Ibrahim Yacouba Cissé, le Mali est un pays où l’une des bases de l’alimentation reste le pain.  A l’en croire, c’est ce qui a motivé la décision démocratique des boulangers et pâtissiers à vouloir réorganiser le secteur pour mieux répondre aux exigences d’une clientèle de plus en plus exigeante. Pour ce faire, le sécretaire administratif de la FSBPM a indiqué qu’à la suite d’une campagne de sensibilisation  sur l’ensemble du territoire, 600 boulangeries ont été répertoriées dont 400 à Bamako et 200 autres à l’intérieur du pays. Il a ensuite soutenu que depuis plusieurs années, le secteur connait  des difficultés liées au manque d’organisation. A cet effet, il a déploré et dénoncé la création des boulangeries et pâtisseries de façon anarchique, souvent sans agrément qui évoluent dans l’informel, sous le regard parfois impuissant de l’Etat. Il a aussi reconnu que des boulangeries et pâtisseries fonctionnement  sans professionnalisme à cause du manque de ressources humaines. Il a également souligné que : « pire, certains nantis créent des boulangeries et pâtisseries  pour les confier  à des proches qui n’ont aucune notion en matière de gestion ». Selon lui, cette poussée anarchique des boulangeries et pâtisseries compliquent la tâche des boulangeries et pâtisseries correctes qui s’acquittent de leurs impôts et taxes et affecte la qualité même du pain. A cela, il faut ajouter les conditions de livraison de pain et autres aliments à base de farine qui restent à désirer.

Les missions de la fédération !

Il s’agira pour la FSBPM d’œuvrer pour la production du pain de bonne qualité en respectant  les normes en matière de santé. Toute fois, Cissé a mis l’accent sur la recherche de profit pour les promoteurs  qui souffrent à cause du désordre dans le secteur. Aux dires du secrétaire administratif de la FSBPM, la revalorisation  du métier de boulanger et de pâtissier repose sur l’amélioration des conditions des travailleurs. Soutenant la nécessité de faire évoluer les conditions de livraison du pain, il a maintenu que le secteur doit nourrir son homme à savoir les employés et les promoteurs. Pour ce faire, il a mis l’accent sur les ressources humaines pour la formation des employés dans des centres spécialisés avec le soutien de l’Etat. A ce titre, Ibrahim a signalé que la fédération servira d’interface entre l’Etat et les boulangers et pâtissiers.

Les vérités du secrétaire général !

Selon Ahmed Dembélé, après l’Etat, aucun service n’emploie plus que les boulangers et pâtissiers au Mali.  Aux dires du secrétaire général de la FSBPM, c’est un mépris que le secteur qui représente 67% de l’industrie nationale soit traité de la sorte.  « Nous ne sommes pas des politiciens. Nous ne cherchons pas à nuire qui que ce soit, mais nous voulons nous protéger et sauver le secteur ; Nous ne vivons que de ce métier », a-t-il lancé. Avant  de regretter que depuis 1991, le secteur est abandonné, piétiné et laissé pour compte. Pour lui, il ne s’agit pas d’augmenter le prix du pain, mais plutôt de restaurer la qualité pure du produit afin de satisfaire la clientèle. « Tout dépend de la bonne volonté du Gouvernement », a-t-il ensuite signalé. Ahmed a noté que 99% des conditions de création et d’ouverture de boulangerie ne sont pas respectées à Bamako. Aussi, il a insisté sur le prix élevé de l’électricité pour les industriels qui ne doivent pas être traités comme les autres clients. Il a rassuré que la FSBPM a pris toutes les dispositions nécessaires pour le suivi du prix et de la qualité du pain.

Jean Goïta                  

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