Christel Heydemann, directrice générale du groupe Orange : Trust the future, l’offensive d’Orange sur l’Afrique
Pour présenter sa nouvelle stratégie digitale, la région Afrique et le Moyen-Orient d’Orange a organisé un voyage de presse sur le Maroc, du 6 au 9 avril 2026 pour des journalistes de 13 pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Au cours de la visite, Christel Heydemann Directrice générale du groupe Orange, l'une des rares femmes à la tête d'une entreprise du CAC 40, a développé la nouvelle stratégie, trust the future pour les journalistes.
Sous la direction de Christel Heydemann, le groupe Orange intensifie son positionnement en Afrique et au Moyen-Orient avec le lancement de sa nouvelle stratégie baptisée « Trust the Future ».
C’est dans ce cadre qu’un voyage de presse a été organisé au Maroc du 6 au 9 avril 2026, réunissant des journalistes de 13 pays de la région. Objectif : présenter les ambitions d’un groupe qui fait de ces marchés un axe central de sa croissance.
« Le Mali et les pays du Sahel constituent des priorités pour nous. Nous avons conscience des difficultés pour l’inclusion numérique dans ces pays. C’est pourquoi, Trust the future est une stratégie globale qui va vraiment induire un développement local, a dit Mme Christel Heydemann. « Connecter, inclure, former, ouvrir l’Afrique et le Moyen-Orient aux services digitaux essentiels et leur créer de nouvelles opportunités : voilà ce qu’ambitionne la nouvelle stratégie et je suis certaine que c’est ce dont le Mali et les pays du Sahel ont aussi besoin».
Créer de la valeur durable pour servir nos clients
Orange, c’est plus de 340 millions de clients dans le monde, 2e marque de télécommunications la plus valorisée en Europe, plus de 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025 et 2,8 milliards d'euros de flux de trésorerie disponible (tout compris) en 2025.
Basée à Casablanca, la division Orange Afrique et Moyen-Orient (Omea) s’impose comme un moteur clé. En 2025, elle a généré 8,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec une progression de 12,2 %, contribuant largement à la croissance globale du groupe.
« Dans un continent appelé à compter près de 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, les défis restent nombreux : accès limité à l’énergie, faible bancarisation et inégalités dans les infrastructures numériques. Mais pour Orange, l’Afrique représente avant tout un formidable levier de transformation. Le mobile y contribue déjà à hauteur de 8,1 % du PIB de l’Afrique subsaharienne », a dit Mme Christel Heydemann, la directrice générale du groupe face aux journalistes des 13 pays.
Face à ces enjeux, le plan « Trust the Future » repose sur trois axes majeurs. Le premier vise à renforcer la relation client, avec l’ambition de conquérir 40 millions de nouveaux abonnés d’ici 2028 grâce à des offres plus personnalisées.
Le deuxième axe consiste à diversifier les sources de revenus, en misant sur des secteurs en forte croissance comme la cybersécurité, le cloud, l’intelligence artificielle et les services digitaux. L’objectif est de générer un milliard d’euros de revenus supplémentaires à horizon 2028.
Enfin, le troisième pilier porte sur l’efficacité opérationnelle, avec une mutualisation accrue des ressources et un recours renforcé à l’intelligence artificielle. Orange espère ainsi dégager plus de 600 millions d’euros de valeur ajoutée et un milliard d’euros d’économies.
« Dans cette stratégie, l’Afrique et le Moyen-Orient occupent une place de premier plan. Avec 179 millions de clients et des positions de leader dans plusieurs pays, Orange Afrique et Moyen-Orient constitue un relais de croissance essentiel », de l’avis de Mme Christel Heydemann
Le Maroc illustre cette dynamique. Présent depuis plus de 25 ans, le groupe y a progressivement renforcé sa présence, notamment à travers Orange Maroc, devenu un acteur majeur de la transformation digitale du pays.
Avec ses différentes filiales, dont Orange Business, Orange Cyberdefense et Sofrecom, Orange emploie plus de 3 500 personnes dans le royaume. Le pays s’impose aujourd’hui comme un hub stratégique, au cœur du dispositif du groupe en Afrique et au Moyen-Orient.
Alexis Kalambry
Envoyé spécial au Maroc
CHRISTEL HEYDEMANN :
Une capitaine du CAC 40 à la tête d’Orange
Difficile, au premier regard, d’associer cette femme accessible et souriante à l’image souvent figée des dirigeants du CAC 40. Et pourtant, depuis avril 2022, elle dirige Orange, devenant la première femme à prendre les rênes de l’opérateur historique.
Ingénieure de formation, diplômée de l’École polytechnique et des Ponts et Chaussées, Christel Heydemann débute sa carrière dans le conseil stratégique au sein de McKinsey & Company. Elle y acquiert une solide expérience sur des projets d’envergure internationale.
Elle poursuit ensuite son parcours chez Alcatel-Lucent, avant de rejoindre Schneider Electric, où elle occupe plusieurs postes de direction. Elle s’y distingue notamment dans les domaines de l’énergie, de l’innovation et de la transformation industrielle.
En succédant à Stéphane Richard, Christel Heydemann hérite d’un groupe confronté à de profondes mutations. Accélération du numérique, montée en puissance du cloud, enjeux croissants en cybersécurité et développement de l’intelligence artificielle : les défis sont nombreux.
Sous son impulsion, Orange s’engage dans une transformation stratégique visant à renforcer sa position sur ces nouveaux marchés tout en consolidant ses activités historiques.
L’expansion en Afrique et au Moyen-Orient figure également parmi les priorités du groupe, une orientation particulièrement suivie par les acteurs économiques maliens présents lors de la rencontre.
Au-delà de son parcours, c’est aussi son style qui marque. « Elle est aussi simple qu’ouverte d’esprit », confie une communicante, admirative. Une appréciation largement partagée lors de la soirée, où la dirigeante s’est distinguée par son écoute et sa disponibilité.
Pour un membre de la délégation malienne, Christel Heydemann « incarne une nouvelle génération de dirigeantes, attentive aux enjeux technologiques et à la transformation digitale ».
Dans un univers encore largement dominé par les hommes, sa présence à la tête d’un géant du CAC 40 symbolise une évolution progressive des mentalités — et ouvre la voie à davantage de diversité dans les sphères dirigeantes.
Alexis Kalambry
Envoyé spécial au Maroc