Alors que d’aucuns se bousculent aux portes pour lui succéder à la présidence du Conseil malien des chargeurs, Amadou DJIGUE est monté sur le front de la contre offensive avec les différents ports d’approvisionnement du Mali auxquels il exige une réduction immédiate des grilles tarifaires.
Le bureau de du Conseil malien des chargeurs a accueilli mardi dernier, à son siège, un émissaire du Port autonome de Dakar porteur d’un message de la direction générale de la société d’Etat. L’entrevue entre les deux parties a porté sur les modalités de réponse à apporter à la demande de révision tarifaire sollicitée par le président du Conseil malien des chargeurs aux autorités des différents ports d’approvisionnement du Mali. L’émissaire sénégalais a écouté avec intérêt la plaidoirie du CMC avant de promettre une suite à la requête qu’il a jugée d’objective. En effet, les imports-exports maliens son de plus en plus réservés sur les tarifs pratiqués par les différents ports sur les conteneurs à destination du Mali. Ils on solidairement demandé au Conseil malien des chargeurs de mener une étude comparative sur celle-ci et selon les pays afin de dégager un créneau apte à motiver leur révision. Ceci, dans le souci de faire face à la baisse continue de revenus et du pouvoir d’achat des consommateurs maliens et des nombreuses crises inflationnistes qui caractérisent le marché malien.
Il faut noter que dans le cadre de son approvisionnement régulier, le Mali s’est doté d’une politique de diversification de ses voies d’accès à la mer. Cette démarche a abouti à la signature avec la plus part des pays côtiers de desserte, des accords de coopération en matière de transport et de transit maritimes. Parmi ces pays, le Niger et le Burkina sont aussi continentaux et enclavés. «Le port le plus proche en Guinée est situé à près de 1000 km et cette situation handicape le Mali dans ses échanges avec ses différents partenaires », dixit Harouna CISSE de la Direction nationale des transports dans un rapport portant sur la création des ports secs au Mali.
Au terme de ces accords de coopération, ces pays consentent l’installation sur leurs territoires respectifs de services publics maliens chargés de la gestion globale des trafics d’importation et d’exportation du Mali. Il s’agit : des Entrepôts Maliens en Côte d’ivoire (EMACI), des Entrepôts Maliens au Sénégal (EMASE), des Entrepôts Maliens au Togo (EMATO), des Entrepôts Maliens en Mauritanie (EMAMAU), des Entrepôts Maliens en Guinée (EMAGUI) et des Entrepôts Maliens au Ghana (EMAGHA). Ces Entrepôts disposent d’espaces portuaires et de magasins sous douane dans une zone active du port pour l’allotissement des marchandises maliennes à l’importation et à l’exportation. Ces marchandises qui séjournent sur des espaces portuaires supportent des frais d’entreposage ainsi qu’il suit : 80 FCFA la tonne/jour pour les divers, 60 FCFA la tonne/jour pour les céréales, 20 FCFA la tonne/jour pour les dons, 40 FCFA /M² / jour pour les véhicules. Avec une franchise de 20 jours à l’importation et de 30 jours à l’exportation.
Les trafics d’échange du Mali avec l’extérieur se composent essentiellement à l’importation des denrées de première nécessité constituées de céréales, de produits alimentaires et chimiques, de matériels et équipements, de véhicules et pièces détachées, de matériaux de construction et d’autres produits et divers. Les importations sont de 1 500 000 tonnes en moyenne par an. A l’exportation, il s’agit, toujours selon M. CISSE de : coton et produits cotonniers, amendes et beurres de karité, tourteaux, céréales, gommes arabiques, peaux et cuirs, fibres, d’ah et autres produits divers. Les exportations sont de 260 000 tonnes en moyenne par an.
La problématique réside alors dans la recherche des voies pour relever ce défi qui entrave les échanges avec les partenaires économiques. Cette réalité se traduit par une lenteur et une irrégularité du circuit d’approvisionnement en intrants des principaux secteurs économiques et des exportations maliennes, un système fragile de ravitaillement des populations en produits de première nécessité. A cause de cette lenteur, les délais de séjour moyen des produits dans les ports sont : riz, 50 jours ; engrais, 60 jours ; blé, 43 jours ; sucre, 27 jours ; conteneurs, 20 jours. Pour 100 tonnes occupant une superficie de 180 m², les frais d’entreposage en zone entrepôt malien : 60 F X 100 Tonnes X 30 jours = 180 000 FCFA. Les frais d’entreposage en zone hors entrepôt malien sont de 173 F X 180 m² X 30 jours = 934 200 FCFA ( le taux d’occupation est de 173 F/m²/jour ). L’engorgement des zones Entrepôts maliens se traduit par des paiements de frais d’entreposages (5 fois plus chers) aux opérateurs maliens.
En attendant le déclenchement de la guerre des places le prédisent du CMC mène donc la guerre de l’économie et de l’approvisionnement correct du pays. Un métier que lui reconnaissent volontiers ses partenaires et autres clients de l’intérieur et de l’extérieur. En tous les cas, des voix se multiplient pour que les élections du CMC puissent garantir le maintien des professionnels de l’import-export et du transport pour barrer la route aux activistes sans statut réel dans ce secteur.
Par Ibrahim SANGALA