Enseignement supérieur: Contraint à la démission, Amadou Keïta revient au galop

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L’ancien Directeur Général de l’Ecole nationale d’Administration (ENA), Pr. Amadou Keïta, est le tout nouveau ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Il est à ce titre l’un des 25 membres du Gouvernement de la transition dirigé par le Premier ministre Moctar Ouane.

-Maliweb.net- «Pr. Amadou Keita est un homme intègre et rigoureux», indique un ancien élève de l’ENA, aujourd’hui conseiller des Affaires étrangères. Enseignant – Chercheur à l’Université des Sciences juridiques et politiques (USJP), Amadou Keita avait été nommé au poste de Directeur général de l’ENA, après l’admission à la retraite en janvier 2017 de Fousseyni Samaké, son prédécesseur. Spécialisé en Sociologie politique, Amadou Keita s’était donné pour mission de faire de l’ENA le fer de lance de l’administration malienne.

Le vendredi 25 janvier 2019, Amadou Keïta claque la porte de l’ENA. Une divergence de vue avec le Premier ministre, à l’époque Soumeylou Boubèye Maïga, est à l’origine de ce départ. Comme il l’expliquera lui-même, des membres de son équipe avaient été accusés de manipulation des résultats du concours d’entrée à l’ENA. Amadou Keita avait exigé des noms et des preuves, sans pouvoir rien obtenir. Il rendra sa démission au Premier ministre, autorité de tutelle de l’ENA.

Des défis énormes

Le Professeur Amadou KEITA est de retour aux affaires. Cette fois, à la tête du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, conformément au Décret 2020-0074/PTRM du 05 octobre 2020 portant nomination des membres du Gouvernement. Mais d’énormes défis attendent le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur.

Amadou KEITA doit impérativement mettre de l’ordre dans la jungle universitaire où l’AEEM règne en maître. A peine les cours ont débuté le 14 septembre dernier que cette association des élèves a déjà paralysé les universités. En plus de l’AEEM, le ministre Amadou KEITA devra trouver une solution à la grève des enseignants qui demandent l’application immédiate de l’article 66, portant statut des Enseignants chercheurs.

Adapter l’enseignement supérieur au besoin du marché de l’emploi est un autre chantier pour le nouveau ministre. Aujourd’hui de nombreux diplômés sont formés dans des filières où il est impossible de trouver un emploi.

Le plus gros défi reste cependant la recherche scientifique. Le Mali est connu pour le dynamisme de ses chercheurs et ses centres de recherche. Mais les fonds de recherche viennent le plus souvent de l’étranger. Résultats: la recherche scientifique est orientée en faveur des bailleurs. Elle participe peu au développement du pays malgré le fait que l’Etat assure les dépenses de  fonctionnement.

Mamadou TOGOLA/Maliweb.net

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3 COMMENTAIRES

  1. Bravo ! Bravo !
    Tous les maliens se rappellent des conditions dans lesquelles Amadou KEITA a démissionné, il pouvait faire le jeu du PM d’alors, garder son poste et tous les avantages y afférents, mais il a demandé qu’on dénonce les noms des auteurs de telles fautes, des preuves de leurs actes, des poursuites engagées à l’endroit des auteurs s’il y en a ! rien de tout ça, des preuves détenues qui ne peuvent pas être divulguées ont suffit pour demander l’annulation des résultats du concours et organiser un autre avec des nouvelles personnes, avec des compétences nouvelles, ce faisant, je n’aimerais pas être à la place des candidats qui avaient été déclarés admis par une commission d’experts et qui se verront éliminer …
    j’ai dis que cet homme va revenir aux affaires bientôt et de la plus belle des manières

  2. Alors, qu’il nous montre jusqu’ou son intégrité peut tenir, en nettoyant definitivement le milieu universitaire des problèmes. Qu’il mette l’AEEM dans la cage qui lui est dédiée, qu’elle s’eloigne de la gestion de l’ecole tout restant syndicat dans l’intérêt des élèves et étudiants.

  3. Si tous ces faits sont exacts, Monsieur Kéïta semble avoir le profit idéal pour effectivement prendre en charge le système éducatif Malien. Notre pays soufre d’une crise de confiance profonde entre les gouvernants et les gouvernés. Ça nous prend des individus de grands caractères – et non de simples salariés préoccupés à défendre uniquement leurs salaires – pour faire passer un message de vrai changement dans le système éducatif Malien.
    Nous sommes en train de gaspiller nos potentiels en ressources humaines en formant nos jeunes dans les spécialités qui ne servent aucunement au besoin local de la main d’œuvre.
    Il va nous falloir des décennies pour pouvoir définitivement corriger cette erreur. Mais il faut commencer le combat dès maintenant pour limiter les conséquences sur l’avenir de notre pays.
    Je lui souhaite une bonne réussite!

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