Enseignement supérieur : Test d'entrée à l'IUG : Une annulation qui divise

La décision du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique d'annuler les résultats du test d'entrée 2025-2026 de l’Institut universitaire de gestion (IUG) a provoqué stupeur et indignation.

17 Fév 2026 - 10:28
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Enseignement supérieur : Test d'entrée à l'IUG : Une annulation qui divise

Le jeudi 29 janvier 2026, prés de 700 candidats déclarés admis ont appris que la décision rectorale n°2026-00011/USSGB-R/SG du 9 janvier 2026, proclamant leur admission, était annulée pour irrégularités dans le calcul des moyennes d'admission. En conséquence, les résultats ont été déclarés nuls et un nouveau test annoncé.

Officiellement, le ministère justifie cette mesure par des anomalies graves remettant en cause la régularité du processus. Parmi les exemples cités figure l'admission de candidats ayant obtenu des moyennes largement inférieures au seuil requis de 10/20. Sur la dernière page des résultats, une candidate affichant une moyenne de 2/20 figure pourtant parmi les admis, une situation jugée incompréhensible par de nombreux observateurs

Mais au-delà des irrégularités académiques, plusieurs enseignants de I'IUG évoquent des causes plus profondes. Selon eux, cette annulation serait aussi la conséquence d'une crise institutionnelle larvée entre l'IUG et le rectorat de l'Université des sciences sociales et de gestion de Bamako (USSGB). Cette crise remonterait à la période de l'ancien directeur général de IUG, le professeur Siaka Fane, et le recteur de l'USSGB, Dr Mamadou Koumarė.

À l'origine du conflit, le refus de l'ancien DG de transmettre les résultats d'admission au rectorat pour validation, comme le prévoit la procédure universitaire. Estimant disposer d'une autonomie totale dans la gestion de l'institut, le professeur Siaka Fane aurait publié les résultats sans solliciter l'aval du rectorat. Une attitude qui aurait profondément irrité ce dernier. Refusant de fournir des explications écrites, le professeur Fane finira par démissionner de son poste.

Son successeur par intérim, Dr Lanciné Camara, maitre de conférences, a choisi une approche plus conforme aux règles administratives. Il a transmis le procès-verbal de délibération du jury du 23 décembre 2025 au rectorat, qui a validé les résultats le 9 janvier 2026. Cependant, dans un souci de respecter la capacité d'accueil annuelle d'environ 700 étudiants, des candidats n'ayant pas atteint la moyenne requise auraient été repêchés, une pratique ancienne mais désormais contestée.

C'est sur cette base que le ministère est intervenu, annulant une décision pourtant validée par le rectorat. Une première dans l'histoire de l'IUG, selon les syndicats. Le SNESUP et le SNEC de l'IUG dénoncent une décision brutale et opaque. Lors d'une conférence de presse conjointe, leur secrétaire général, Moussa Keïta, a rappelé qu'historiquement, l'organisation du test reposait sur une concertation tripartite entre administration, enseignants et syndicats. Cette année, affirme-t-il, ce cadre n'a pas été respecté.

Les syndicats regrettent également l'absence de communication officielle sur les irrégularités reprochées et s’inquiètent pour les candidats déjà engagés financièrement. Ils réclament des explications claires, un retour à la concertation et envisagent des actions légales, y compris la demande de démission des responsables qu'ils jugent impliqués.

Entre rivalités institutionnelles, dysfonctionnements organisationnels et manque de transparence, l'annulation du test d'entrée de l'IUG met en lumière une crise de gouvernance universitaire dont les premières victimes restent les étudiants et leurs familles.

Bokoum Abdoul Momini/maliweb.net