Elections communales de 2016, une autre phase d’atteinte aux droits des maliens?

La pratique démocratique au Mali est en passe d’entamer sa phase de maturité. Ces 20 premières années ne furent que la période de balbutiement, qui plus est, continue.

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« Pour les pays en voie de développement le multipartisme est une erreur politique…Le multipartisme n’est pas lié à la démocratie… » (Déclaration de Jacques Chirac, sur RFI, le 23 février 1990).

La pratique démocratique au Mali est en passe d’entamer sa phase de maturité. Ces 20 premières années ne furent que la période de  balbutiement, qui plus est, continue. Pendant cette période, des erreurs, des fautes  ont été commises. Les pertinents  rêves du peuple malien n’ont pu être réalisés. Il y’a eu peut-être confusion entre la réalisation du mieux-être de l’homme malien  et l’exécution du programme d’un candidat. Depuis 1992, nous sommes installés, entrés dans une dynamique de duperie du peuple à travers de mascarades d’élections frauduleusement organisées de façon intentionnelle. En 1997, ce fut le comble ! Nous avons presque frôlé le chaos n’eût été le virement in extremis du dissident Maribatrou Diaby. En 2002 ? Quelle impie de démocratie ! Ils sont allés décider du sort du peuple malien loin des rives du fleuve Niger.  2007 ? Comme une horde, ils se suivaient en ordre rangé pour solliciter la candidature d’un indépendant. Peut-être l’avaient-ils  fait en prévision de 2012. Et 2013 ? Et le peuple dans tout ce tintamarre ?

De 1992-2002, l’école a été sacrifiée, une atteinte aux droits des maliens. De 2002 à 2012, l’école demeure dans le chaos initié en 1992. Cette école continue d’être la cible des prédateurs d’autorités, d’enseignants ou d’administrateurs par leurs comportements quotidiens. Pendant la même période, les ressources « délinquamment » dilapidées avec son corolaire de gâchis, sont incalculables.

A cause de ces pratiques, beaucoup d’enfants sont exclus, l’école a été marchandisée, les pauvres s’accroissent quand au même moment une certaine catégorie de maliens s’embourgeoise. Des fonds pour construire des classes, recruter des enseignants…  sont octroyés aux griottes, aux maîtresses, et que sais-je encore ? Ce sont des formes d’atteinte aux droits des populations. J’ose espérer que les défenseurs des droits humains ne me démentiront pas.  Lorsqu’on entre au gouvernement, histoire de bénéficier de quelques bonus financiers dans le but de préparer les élections, n’est-ce pas cela aussi une forme d’atteinte aux droits des citoyens maliens? Lorsque, de par la position qu’on occupe dans les instituions de l’Etat, on use de son autorité pour privilégier quelques uns aux dépens des autres pour des raisons qui sont généralement politiques ; lorsqu’on use de son pouvoir pour imposer ses choix aux autres, lorsqu’on insulte leur intelligence en ne les consultant pas ou après les avoir consultés on ne tient plus compte de leurs propositions, n’est-ce aussi cela de bonnes manières de  porter atteinte à leurs droits ? Lorsque, se faisant psychologue on entretient l’électorat par l’octroi de faveurs, d’argent ou d’autres choses, n’est-ce pas cela aussi une atteinte aux droits des populations?

Ils portent atteinte aux droits des maliens, tous ces hommes politiques qui promettent mais  n’accomplissent pas leur promesses. Elles portent atteinte aux droits des maliens, quand les autorités entretiennent l’atmosphère et la senteur de la délinquance financière, quand elles favorisent l’enrichissement d’une partie de la population aux dépens d’une autre, quand, sentant leur mort prochaine, veulent entrainer  le peuple  de façon inconsciente ou peut-être intentionnelle dans une crise qui n’a pas lieu d’être.

Que nous réserve 2016 ? Encore d’autres leaders (Maires) pour maintenir la violation des droits des maliens ? L’espoir étant permis, il ne reste qu’à souhaiter  que les élections municipales de 2016 nous donnent une autre race de leaders plus épris du mieux-être des maliens et maliennes.  Durant 20ans, la pratique démocratique, qui devait amorcer une vie qualitative des populations, n’a contribué en grande partie qu’à ériger la loi des plus riches sur les pauvres, la loi des gouvernants sur le peuple, la loi des amis du parti sur les citoyens. Cela s’appelle atteinte aux droits humains. Que Dieu garde le Mali.

J.D

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