Perspectives politiques : Le trio IBK-Boubou-Bill relève le défi des urnes sans électeurs

3

Dans plusieurs bureaux de vote, à peine entre 10 et 15 % des électeurs ont accompli leur devoir civique lors du 1er tour des élections législatives du dimanche 29 mars 2020. Un pari peu honorable gagné par IBK, son Premier ministre et le ministre de l’Administration territoriale.

-Maliweb.net- Le président de la République, IBK, son Premier ministre, Dr Boubou Cissé et le ministre de l’Administration territoriale, Boubacar Alpha Bah dit Bill ont presque juré que le 1er tour des élections législatives de 2020 doit se tenir le dimanche 29 mars. C’est désormais chose faite, mais dans quelles conditions et avec quel taux de participation ?

En effet, les centres de vote étaient quasiment déserts hier dimanche lors du scrutin législatif. Le constat de ce quasi-boycott était encore saisissant dans les centres de vote de Bamako. Dans les six  circonscriptions des communes de la Cité des trois caïmans, les électeurs se sont fait littéralement désirer.

La conséquence est que les députés qui seront issus de cette élection ne seront pas des plus représentatifs. Le taux de participation devrait, selon les observateurs, tourner autour des 20 % au plus au plan national. La menace de la pandémie du covid-19 a sérieusement démobilisé les électeurs.

Selon les observateurs, les autorités ont tenu à ce scrutin pour des raisons économiques et institutionnelles.

Il était fortement souhaitable et obligatoire de renouveler les membres de l’Assemblée Nationale, dont le mandat avait expiré depuis décembre 2018. Surtout qu’une écrasante majorité de la classe politique nationale a pendant longtemps plaidé pour la tenue de ce scrutin pour l’amorce d’une nouvelle législature. Mais l’on se demandait à un moment s’il ne fallait pas trouver une autre solution afin de freiner le regroupement pour le vote du fait de la menace du coronavirus et du fait de la menace sécuritaire. Comment expliquer que la campagne électorale ait été entachée par des attaques armées, des enlèvements et maintenir le scrutin ? Comment comprendre qu’après l’enlèvement du chef de file de l’opposition par des groupes armés (alors qu’il était en campagne) le scrutin puisse être maintenu ? Ce sont là des questions que se posaient plusieurs observateurs.

Il semble que les dépenses électorales engagées par le gouvernement ont pesé dans la balance et empêché le report du scrutin. Si le report devrait être décidé, expliquent des experts financiers, l’Etat devrait contracter une dette colossale liée au matériel électoral mais aussi à son obligation de dédommager les candidats.

Par ailleurs, le trio IBK-Boubou- Bill avait une certaine pression des acteurs politiques décidés à se faire loger à l’Assemblée Nationale. IBK devrait se servir de ce scrutin pour « caser » certains cadres impatients de tirer leur épingle du jeu politique, à quelques trois ans de la fin du mandat présidentiel.

En outre, conscient de perdre son influence politique sur le jeu institutionnel du pays au fur et à mesure que son dernier mandat tend vers sa fin, IBK et ses amis politiques du RPM devraient chercher à placer leurs pions dans l’architecture parlementaire et gouvernement le plus tôt que possible. Le visage de la prochaine Assemblée Nationale devrait aussi déterminer la configuration de la prochaine équipe gouvernementale. IBK doit beaucoup se préoccuper de la situation des cadres et députés sortants comme Karim Kéita, Mamadou Diarrassouba, Me Baber Gano, Moussa Timbiné, Bakary Togola, etc.

Enfin, certains responsables et cadres politiques tiennent beaucoup à se faire élire député pour échapper à d’éventuelles poursuites judiciaires du fait des actes de gestions dont ils sont responsables. Pourront-ils atteindre leurs objectifs ? L’avenir immédiat nous le dira. Boubou SIDIBE/Maliweb.net

Commentaires via Facebook :

3 COMMENTAIRES

  1. Ce qui est certain, nos dirigeants n’ont jamais, jamais, jamais été légitimes depuis l’avènement de la démocratie malienne en mars 1991. C’est l’apolitisme du peuple malien est une réalité depuis toujours, personne, personne, personne n’a confiance à ces bandits politiciens qui exacerbent l’apolitisme des populations par leur comportement, car même ceux qui votent pour eux n’arrivent pas à les voir au cours de leur mandat, le peuple n’attend rien, rien, rien de ses politiciens qui sont tous pour la plupart véreux. Cet apolitisme du peuple s’est exacerbé par ce coronavirus que personne ne veut braver pour hisser son patriotisme en élisant des personnes qui ne ferons pas leur bonheur, qui viendrons même plus les voir au cours de leur mandat et qui ne songeraient qu’à remplir leur poche seulement pendant les cinq années à venir. Dès qu’ils serons élus, ils serons à la base de la galère du peuple qui les ont élu, eux et leurs femmes sont des commerçants, des transporteurs avec ça comment les prix seraient maitrisés au profit du pauvre peuple? Impossible, c’est le peuple qui souffrirait et vivrait sans cesse dans sa résilience éternelle et dans sa misère illimitée. En un mot, ils deviennent des diables, des dinosaures et des rapaces pour le peuple, c’est dommage. Une grande prise de conscience s’impose aux politiciens et au peuple malien pour revoir ce comportement des politiciens et du peuple apolitique du Mali, ce qui reste certain, il n’y aura pas de démocratie sans les politiciens, cela est indéniable.

  2. Je ne comprends pas l’entêtement du président ibk de vouloir maintenir la date de cette élection , je peux dire déjà que son premier échec de ce scrutin est tout d’abord surtout politique ! , souvenez-vous l’objectif du dialogue inclusif nous dit-on , c’était d’abord inviter les maliens à se parler autour d’un programme que le premier ministre en fera l’usage de son DPG . « Quel qu’en soit les résultat du vote , sera forcément biaisé par rapport au objectifs recherchés de ce dialogue inclusif» on risque encore de tomber dans crise de légitimité élective de l’assemblée nationale , c’est ce je redoute ! , le taux de participation faible , les conditions d’abstention massives des électeurs dû à la crise sanitaire , enfin la situation du chef de l’opposition , pouvait faire l’objet d’un consensus pour reculer la date des élections .

  3. La population est fatiguee, sans illusions et ne croit plus au future et a ses dirigents, elle a finallement abandonne Boua le ventru IBK. Nous allons avoir des deputes a 10% ou a 15% donc pas reconnus par 85 a 90% de la population, voici la tres grande democratie de Boua le ventru IBK!

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here