Assises de la Cour d’Appel de Bamako : Adama Konaté condamné à la peine de mort

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    Adama Konaté et son complice Boubacar Coulibaly ont été fixés sur leur sort par la Cour d’Assises de Bamako dans son audience du mardi 8 décembre 2015. Ils ont été condamnés à la peine de mort, par contumace pour Coulibaly, en fuite.

    Adama Konaté est né le 12 juin 1987 à Abidjan, tandis que Boubacar Coulibaly, un ex combattant de la rébellion ivoirienne, est né 25 octobre 1975 à Bouaké. Les deux ressortissants ivoiriens décidèrent un beau jour de venir voler au Mali. Munis chacun d’un pistolet automatique de marque Beretta munis de cartouches, et à bord d’un véhicule de marque BMW, ils arrivèrent à Bamako le 12 février 2014 aux environs de 17heures et s’installèrent dans un hôtel de la place pour réfléchir à leurs projets criminels.

    Le lendemain, 13 février 2014, dans la matinée, ils se dirigèrent vers un Guichet Western Union, Money Gram de la BMS à Bacodjicoroni Golf. Sur place, les deux malfrats braquèrent leurs armes sur la gérante pour l’obliger à vider sa caisse, qui contenait 1 075 000 FCFA, avant de l’enfermer dans les toilettes et de s’enfuir.

    Dans la même journée, aux environs de 15 heures, ils se dirigèrent vers la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FSEG) afin de recueillir des informations auprès des étudiants sur l’économe de celle-ci. Konaté et Coulibaly s’introduisirent ensuite dans le bureau de Mme Keita Nana Kadidia Kassambara, la braquèrent et partirent avec 40 millions de FCFA.

    Pris en chasse, ils furent appréhendés à San suite aux enquêtes menées par le Commissariat du 4ème Arrondissement, grâce à des tickets de péage. Conduits à Bamako, lors des interrogatoires de l’enquête préliminaire, Adama Konaté et Baoubacar Coulibaly reconnurent les faits sans difficulté.

    Alors qu’ils étaient incarcérés à la Maison d’arrêt de Bamako, Boubacar Coulibaly parviendra à s’échapper lors de l’évasion rocambolesque de Wadoussène.

    A la barre, Adama Konaté a reconnu une partie des faits, ceux de Bacodjicoroni, mais nié avoir pris part à l’attaque à la FSEG. Il soutiendra également qu’il ne détenait pas d’arme et qu’il avait fait la connaissance de son complice à Wangolo.

    Selon la caissière de l’agence Western Union BMS, Mme Oumou Cissé, Adama Konaté était arrivé le premier sur les lieux, en demandant quelques renseignements au motif qu’il voulait faire un envoi et un retrait de 3 000 000 de FCFA. Elle lui a répondu «l’argent que j’ai à ma disposition ne vaut pas cette somme. Je n’ai que 1 075 000 FCFA». Boubacar Coulibaly s’est introduit dans l’agence ensuite, en disant à Adama d’aller s’occuper du gardien, avant de braquer la caissière.

    Selon l’économe de la FSEG, le 13 février 2014 aux environs de 14 heures, on frappa subitement à sa porte. «Je l’ai ouverte, pensant que c’étaient des étudiants. Adama est entré le premier, suivi, une minute plus tard, de Boubacar. Adama m’a braquée en me disant de baisser la tête, pour donner le temps à son complice de fouiller mon bureau. Comme le coffre-fort n’était pas fermé, ils m’ont dérobé 40 millions de FCFA, plus ma propre caution et des documents administratifs, avant de m’enfermer dans les toilettes».

    Selon l’avocat de la partie civile, Me Mamadou Samaké, il s’agit ici de deux individus bien aguerris dans la rébellion ivoirienne et leur culpabilité ne fait aucun doute.

    Lassine Samaké, le Substitut du Procureur général, dans un réquisitoire musclé, affirmera que c’est la première fois depuis qu’il est magistrat qu’il assister à un tel fait crapuleux transfrontalier. Selon lui, cette idée est née en Côte d’Ivoire et ce sont deux professionnels armés jusqu’aux dents qui ont perpétré ces attaques.

    «Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs et vols qualifiés et je demande au Président de la Cour de les retenir dans les liens de l’accusation. Ces individus ne méritent aucune pitié, aucune circonstance atténuante. Ils mériteraient même d’être tués et éliminés de notre milieu».

    Les avocats de la defense, Me Badra Macalou et Amadou B. Traoré ont demandé à la Cour de tenir compte du jeune âge de Konaté, du fait qu’il est délinquant primaire et a reconnu les faits qui lui sont reprochés et de lui accorder le bénéfice des circonstances atténuantes.

    La Cour, présidée par Amadou Hamadoun Cissé, a finalement condamné Adama Konaté à la peine de mort et Boubacar Coulibaly à la peine de mort par contumace, ainsi qu’au remboursement de 24 millions de FCFA à la FSEG, puisqu’ils avaient remboursé 16 millions au moment de leur arrestation. La gérante de la BMS, quant à elle, a renoncé à ses intérêts civils.

    Adama Bamba

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