Cité Somapim de Bamako : colère grandissante autour des entrepôts de Ba Seydou Sylla

La cité Somapim, situé en commune I de Bamako, est de nouveau au cœur d’un vif mécontentement.

4 Déc 2025 - 14:51
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Cité Somapim  de Bamako : colère grandissante autour des entrepôts de Ba Seydou Sylla

Depuis plus de dix ans, ses habitants dénoncent les nuisances et les dangers causés par les entrepôts de l’opérateur économique Ba Seydou Sylla, construits à l’entrée même du quartier. Le dernier incident, survenu le 30 novembre 2025, a ravivé les tensions.

Tôt dans la matinée, un camion venu approvisionner les entrepôts a complètement bloqué l’unique voie d’accès à la cité. Résultat : des familles entières coincées pendant plus de six heures, incapables de sortir ou de rentrer. Pour les résidents, cet épisode n’est qu’un symbole supplémentaire d’un quotidien devenu insoutenable. Les habitants affirment que les difficultés ne datent pas d’hier. Ils pointent du doigt : l’obstruction du canal « Molobalini », qui devait normalement permettre l’écoulement des eaux de pluie, la construction d’un projet immobilier controversé, protégé par un mur en béton armé qui détourne les eaux vers la cité.  S’y ajoute une dalle en béton installée devant les entrepôts, empêchant toute évacuation naturelle et créant un véritable bassin d’eau stagnante en cas d’averse et les aménagements réalisés sur la voie principale transformant le canal de ruissellement et provoquant chaque année des inondations qui paralysent la vie du quartier.

Un sentiment d’abandon et d'injustice

Dans la cité, la frustration est palpable. « C’est comme si Ba Seydou Sylla était le roi intouchable du Mali », s’indigne un habitant. Les résidents reprochent aux autorités d’avoir longtemps fermé les yeux, malgré leurs multiples alertes. Ils jugent même les entrepôts « illégaux et dangereux », en raison de leur proximité immédiate avec un quartier d’habitation. Le cas d’un malade qui, selon eux, n’a pas pu être évacué le 30 novembre, alimente leurs craintes quant aux risques mortels liés au blocage des accès. Sous la pression, le dossier semble enfin remonter au sommet de l’État.

Le 2 décembre passé, une délégation du ministère des Transports, accompagnée de responsables techniques et de forces de sécurité, s’est rendue sur les lieux. Une première en dix ans de revendications, accueillie comme un signe d’espoir. « Notre patrimoine immobilier et notre qualité de vie sont en jeu. Nous devons les défendre », affirme un résident, prêt, dit-il, à saisir le président Assimi Goïta si la situation perdure. Alors que les tensions ne faiblissent pas, les riverains demandent à l’État de faire appliquer la loi, notamment en ce qui concerne le domaine public et l’occupation anarchique de la voie d’accès. Ils appellent également à une solution pérenne permettant une cohabitation harmonieuse entre activités économiques et cadre de vie. Pour les habitants de la cité Somapim, l’heure est désormais à la vigilance. Ils attendent des décisions concrètes après la visite officielle. L’avenir du quartier dépendra, selon eux, de la capacité des autorités à trancher ce conflit et à mettre fin à ce qu’ils qualifient d’une « décennie d’injustice ».

 Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net