Attentats terroristes à Bamako : Les enseignements à en tirer

0
Mali: une seconde revendication de l’attaque de l'hôtel Radisson
L'hôtel Radisson à Bamako REUTERS/Joe Penney

La prise d’otages de l’hôtel Radisson Blu sis au quartier très huppé de l’ACI 2000, le 20 novembre dernier a mis à nu les insuffisances du système sécuritaire et le manque de vigilance dans la capitale des ‘’trois caïmans’’.

A nos yeux, depuis l’attentat de la ‘’Terrasse’’, en mars 2015 et de celui de l’hôtel ‘’Byblos’’ de Mopti en août 2015, certains édifices publics, les ambassades de quelques pays occidentaux, cibles potentielles des djihadistes, les établissements hôteliers et financiers devraient bénéficier d’une  surveillance  sans relâche.

Le Mali, baignant dans une zone de turbulence depuis l’hiver 2012, doit bénéficier d’une surveillance accrue. Les forces conventionnelles sont à convertir en forces mobiles d’intervention rapide, vu la nature asymétrique de cette guerre que nous menons contre les forces du mal.

Les forces de sécurité et les forces paramilitaires des régions administratives et préfectures doivent être  soumises à un entraînement régulier de préparation physique, d’endurance et de mise en forme quotidienne afin de prévenir des attaques à l’instar de celles de juin 2015 à Misséni (Sikasso), Fakola (Sikasso) et Nara (Koulikoro). Etant constamment sur la brèche, elles pourront traquer sans coup férir, avec succès les terroristes de tout acabit. En cette période où le niveau de menace terroriste est élevé, les agents de sécurité doivent éviter de s’agglutiner autour du thé, encore moins de regarder la télévision en zappant entre les chaînes à la recherche de films policiers. Il y va de leur propre survie.

La faction doit être permanente à tous les postes de sécurité et de contrôle, devant les agences des banques, les filiales des structures de microfinance. Les braquages des caisses de Kafojiginew  à Kadiolo, Nièna, Kolondièba, Koutiala et de l’agence Ecobank de Zégoua en 2014, hantent encore nos esprits.

Islamistes transfuges d’Ançardine de Iyad au HCUA

Il est temps que l’on s’inspire des pratiques qui se sont révélées efficaces ailleurs, comme celles des forces israéliennes qui ne sont jamais prises au dépourvu car elles répondent coup sur coup aux attaques.

Voici un cas très concret rapporté par une malienne résidant en Côte d’Ivoire répondant au nom de Fatoumata, en transit à Zégoua le week-end dernier. La bonne dame dit avoir le sentiment que ce sont les Maliens eux-mêmes qui déroulent le tapis rouge aux terroristes. A ses dires, les passagers du car en provenance de la Côte d’Ivoire dans lequel elle a voyagé, ont été mis en coupe réglée par les agents chargés du contrôle d’identité. Ces derniers ont tout simplement collecté les pièces d’identité en exigeant  à chaque passager le paiement d’un montant de 1000F CFA. Un terroriste ou toute personne mal intentionnée a tout le loisir d’actionner une ceinture ou autre engin explosif au moment de payer le montant demandé, envoyant ad patres tous ceux qui se trouvent dans le même rayon, éléments des forces de sécurité et civils compris.

Par ailleurs, il faut que nous arrêtions de tresser des lauriers à l’impunité. Des têtes doivent tomber quand il y a faute et le mérite doit être récompensé quand des actes hautement patriotiques sont posés. Sinon comment comprendre l’attitude ignoble affichée par les éléments de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) adeptes de la volte face. Le gouvernement doit dire ses quatre vérités à la CMA, en refusant de la caresser dans le sens du poil. Nous appelons cela: s’assumer. L’armée malienne a effectué sa première patrouille mixte en compagnie de la Plateforme le 10 novembre dernier en direction de la frontière algérienne. La CMA, pourtant partante au début, s’est par la suite rétractée. Comble d’incompréhension, ladite patrouille prévue pour le 4 novembre avait été reportée à cause d’elle. Le jour ‘’J’’ même scénario.

Au registre de la volte face, le même 10 novembre, le forum intercommunautaire de Gao s’est tenu en présence des communautés du nord, toutes composantes confondues. Il a été au départ boudé par les responsables de la CMA. Alors qu’elle avait donné son accord de principe pour sa tenue. En raison de l’engouement suscité par la rencontre de Gao, certains ex-rebelles ont fini par se rendre sur place.

En plus, l’Etat du Mali dont les dirigeants se réclament de Soundiata, se doit de relever le défi de la souveraineté. Les maliens ne doivent pas hésiter de lutter comme les Vietnamiens, qui malgré leur dénuement  au XXème siècle, sont arrivés à bout puissant ennemi américain. A notre  sens,  l’Etat du Mali doit se montrer fort dans l’action de même le comité de suivi perspicace et ferme dans ses conclusions. Quant à la France, force est pour elle de revoir sa stratégie vis-à-vis de Iyad Ag Ghali.

Les autorités françaises et maliennes doivent savoir une chose qui  crève les yeux. : le MNLA, protégé de la France, membre influent de la CMA regorge  d’éléments islamistes transfuges d’Ançardine de Iyad Ag Ghali, atterris dans le HCUA, avant de fusionner avec la CMA. Ce sont des djihadistes recyclés, indécrottables.

A nos yeux, Ernest Renan a raison en disant ceci : « Ce qui est désordre, violence, attentat au droit d’autrui, doit être réprimé sans pitié. »

 Mohamed Koné

PARTAGER