Dégradation de la situation sécuritaire au Centre : Tiébilé avait tiré sur la sonnette !

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« En ce début d’année 2019, le Mali est confronté à plusieurs crises dont la combinaison menace les fondations de notre Nation : une crise sécuritaire persistante qui s’est étendue du Nord au Centre et qui a causé en 2018 la m25ort de plus de 1800 personnes…», ce sont là, les propos de Tiébilé Dramé, président du Parena, qui avait alerté les autorités et la communauté internationale sur la dégradation de la situation sécuritaire au Centre du Mali, avec son lot d’atrocités sur les populations civiles.

Selon Tiébilé Dramé, en 2018, les violences ont entraîné la mort de plus de 1800 personnes au Mali : « L’année 2017 avait déjà enregistré 716 personnes tuées sur tout le territoire. Le nombre élevé de morts en 2018 est le reflet d’une situation sécuritaire particulièrement dégradée notamment au Centre et au Nord-est. Sur les 1814 victimes de l’insécurité en 2018, 1026 ont été tuées au centre du Mali. Parmi elles : 697 civils, 85 membres des forces armées et de sécurité du Mali, quatre soldats de la paix, 236 hommes armés ou présumés armés (sous cette catégorie ont été classés, les membres des groupes terroristes, des milices, les chasseurs donsos et peut-être des civils présentés comme djihadistes ou terroristes). Au Centre du pays, il faut également signaler 70 enlèvements. Les familles sont sans nouvelles des disparus comme les cas de 21 pêcheurs enlevés, le 13 décembre dernier, à Mérou (Ké-Macina) par des hommes armés non identifiés. Des six pêcheurs enlevés à Touara (Ké-Macina) seul un, Lassine Téréta a pu s’échapper, grièvement blessé. Il a été soigné au centre de santé de Ké-Macina. En 2018, il y a eu cinq fois plus de morts au centre du Mali qu’en 2017 (1026 victimes#209). Il y a eu six fois plus de civils ont perdu la vie au centre qu’en 2017 (697#114) ».

Dramé a indiqué que le Centre du Mali, c’est la mort au quotidien, les villages brûlés et rasés, les greniers pillés, les troupeaux razziés, les déplacements forcés de populations civiles. « Le Centre, c’est aussi le contrôle au faciès, les check-points illégaux, les armes de guerre détenues par des groupes irréguliers qui ensanglantent et endeuillent la région. Un des épisodes les plus sanglants de la guerre civile au Centre a été en avril dernier le massacre de Nawal Noumou, une mare jouxtant Nouh-Bozo (Djenné), Diawou (Ténenekou) et Toye (Ké-Macina). Selon des sources recoupées, plusieurs dizaines de donsos (chasseurs) ont été exécutés par les djihadistes les 22 et 23 avril 2018 », s’indigne-t-il, avant d’interpeler le gouvernement à dire la vérité aux Maliens sur la situation au Centre : qui sont les protagonistes de la guerre du centre ? D’où viennent-ils ? Des non-Maliens participent-ils à la guerre du centre ? D’où proviennent les armes de guerre utilisées au centre ? Qui en sont les fournisseurs ?

1814 personnes ont perdu la vie au Mali

Aux dires du président du parti du bélier blanc, le Centre du Mali est le théâtre d’une grave crise sécuritaire, humanitaire et politique dont l’intensité est sous-estimée. Sur fond de conflits autour de l’accès aux ressources naturelles (foncier agricole, parcours et gîtes pastoraux, pâturages et points d’eau), une insurrection djihadiste a entraîné une tragique guerre civile intercommunautaire dans cette partie du territoire : « Le Centre est constitué de deux régions (celles de Mopti et de Ségou), de 14 cercles et de 225 communes. Sa population, estimée à 5.845.999 habitants, est composée essentiellement de Bamanan, de Dogono, de Bozo, de Fulbé, de Bwa et de Mamara (Minianka). Tous les sept cercles de Mopti ainsi que les cercles de Niono, Ké-Macina et le nord des cercles de San et Tominian sont affectés par une insécurité galopante. L’année 2018 a enregistré un niveau jamais égalé de violence. Une centaine de villages ont été abandonnés par leurs habitants. Des greniers ont été pillés ou brûlés. Un nombre croissant de villageois, craignant pour leur vie, ont quitté leurs foyers pour se réfugier à l’extérieur ou dans plusieurs localités de l’intérieur. Le camp de réfugiés de Mberra (Mauritanie) a accueilli tout au long de 2018 des contingents entiers de Maliens fuyant le conflit au Centre. L’insécurité a conduit à la fermeture de plusieurs centaines d’écoles dans les régions de Mopti et de Ségou : 543 des 817 écoles fermées au Mali sont situées dans les deux régions du centre. L’année 2017 avait été considérée comme particulièrement meurtrière avec 716 victimes sur tout le territoire. L’année 2018 qui vient de s’achever a connu un nombre sans précédent de morts, de blessés, d’enlèvements et de disparitions forcées. Du 4 janvier au 30 décembre 2018, 1814 personnes ont perdu la vie au

Mali. Le Centre a été, de loin, la région la plus ensanglantée pendant l’année écoulée. L’insurrection djihadiste, les opérations de contre-insurrection menées par les forces armées et de sécurité, les attaques des milices de tous bords et les affrontements intercommunautaires ont fait, au moins 1026 morts sur les 1814 victimes de 2018 ».

 Les populations civiles visées

Selon Tiébilé Dramé, sur les 1026 personnes tuées au centre, au moins 697 sont des civils visés du fait de leur appartenance ethnique. Dans plusieurs localités du Seeno, du Seenomango, du delta, dans les secteurs de Ké-Macina et Niono, c’est la tragédie : assassinats ciblés, exécutions extrajudiciaires, expéditions punitives, embuscades et poses d’engins explosifs improvisés. « Avant la tragédie du village martyr de Koulongo-Bankass (au moins 37 morts le 1er janvier), plusieurs autres localités avaient connu des tueries à grande échelle : la mare de Nawal Noumou (entre Nouh Bozo et Diawou) en avril, Goumba, fin mai, Gueréou- Peulhs (Koporo- Pen), Nantaka/Kobada en juin, Tagari/Gama en juin, Koumaga en juillet, Gassel (Mondoro), Dorobougou, Soumeina (Djenné) en juillet, Mamba (Diafarabé) en décembre. Plusieurs habitants de la région ont signalé la violence des affrontements entre djihadistes et donsos, le 22 avril 2018, sur les rives de la mare de Nawal Noumou, à la jonction des villages de Nouh Bozo (Djenné) Diawou (Tenenkou) et Toye (Ké-Macina). Le chiffre d’au moins 77 morts est évoqué par les riverains de Nawal Noumou. L’explosion de violence au centre est vécue au quotidien dans les villages et communes de la région. A titre d’exemple : dans la seule commune de Diafarabé (Tenenkou), il a été identifié 48 habitants tués au cours de 2018 », regrette-t-il.

 III- Les FAMAs et les forces internationale aussi

Concernant les FAMAs et les forces internationales ? M. Dramé a indiqué 85 membres de nos FAMAS (forces armées et de sécurité) sont tombés au Centre du Mali au cours de 2018 lors d’embuscades et ou d’explosions de mines. « A cela, il faut ajouter : 4 agents des Douanes 3 du service des Eaux et Forêts ont été assassinés à l’ouest du Mali. D’une année à l’autre, le nombre de militaires tués au centre est passé de 62 à 85 », avant d’ajouter que 4 soldats de la paix de nationalité Bangladeshi sont morts le 28 février 2018 quand un convoi de la MINUSMA a sauté sur une mine entre Douentza et Boni (région de Mopti). Deux autres casques bleus ont péri dans un accident de la circulation sur la route Niono-Markala (région de Ségou) le 13 juillet.

Mohamed Sylla

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3 COMMENTAIRES

  1. Ceux qui ne veulent pas comprendre ne le feront jamais. Dramé a, dès les premières heures de ce régime, fait des propositions et suggestions auxquelles les gouvernements successifs sont toujours revenus, tardivement, hélas.
    Depuis des années déjà il appel à une conférence nationale inclusive ; il a proposé assises pour le centre et l’application du PSIC qui dort dans les tiroirs de Koulouba.Ne serait-ce que ça ; si les gouvernants ne s’étaient considérés comme omnipotent et omniscient, se suffisant à eux-mêmes, et avaient tendu une oreille attentive, nous n’en serions pas là. Donc, ODUESP, demande plutôt à ces gouvernants moribonds de laisser leur égo surdimensionné de côté et d’oser aller à l’école de la concertation et de la considération.

  2. MR Tiébilé Dramé si le gouvernement d’époque a été arrêter ce virus terroriste d’AMADOU KOUFFA au centre du pays avant de en cavale dans la nature on ne sera pas là aujourd’hui .

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