Jeune et lutte contre l’extrémisme violent : Aller au-delà des réponses sécuritaires

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A la recherche du gain ou d’un statut social plus valorisant au nom de l’honneur, les motivations des jeunes enroulés par des mouvements religieux sont différentes. Le réseau  des jeunes des pays du G5 Sahel en partenariat avec Humain Security collective s’active sur des partages d’échanges pour apporter des solutions appropriées à la lutte contre l’extrémisme religieux et radicalisme dans l’espace du G5 Sahel.

Ils étaient une vingtaine de leaders religieux venus des cinq pays du G5 sahel (Niger, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad, Mali) et  des experts des questions de sécurité réunis, les 4 et 5 mars à Bamako, pour réfléchir  sur la lutte contre l’extrémisme violent.  Et se partager des actions menées dans leurs différents pays en matière de plaidoyer pour la régulation du discours religieux. La rencontre, organisée par le Réseau des jeunes des pays du G5 Sahel en partenariat avec Humain Security collective, a également apporté une réflexion interne approfondie des forces et faiblesses, les opportunités et menaces sécuritaires et d’incitation à la haine auxquelles les jeunes font face.

La jeunesse sahélienne est mieux placée pour comprendre les enjeux actuels selon le président du réseau  des jeunes des pays du G5 Sahel Sidi Aly Ould Bagna  « Nous faisons face à de multiples problèmes qui tendent à inhiber notre participation à la consolidation de la paix. Il s’agit des difficultés d’accès à l’éducation de qualité, à l’emploi,  la crise de confiance, la violence, le terrorisme et le banditisme résiduel… Nous savons comment répondre à ces enjeux », a-t-il indiqué ;

« Face à la montée des groupes extrémistes violents qui deviennent de plus en plus actifs au Sahel, il est d’une  importance aujourd’hui pour les pays membre du G5 sahel de s’approprier de ces discours religieux et comprendre également  comment déconstruire un argumentaire terroristes à partir des sources religieuses », selon Aly Tounkara Dr. en sociologue. «  Quand on  s’intéresse aux différentes actions qui sont perpétrées par les groupes terroristes, ils se servent très souvent des préceptes fondamentaux notamment musulmans afin de légitimer la violence aux noms du référentiel musulman ». Pour le spécialiste des questions sécuritaires, autant le phénomène de la radicalisation, voire le terrorisme est complexe,  les réponses proposées pour éradiquer ce fléau le sont aussi. « Quand on s’intéresse au parcours des jeunes qui sont enroulés  par les différents mouvements extrémistes violents,  les motivations des acteurs sont différentes. Certains sont à la recherche soit d’un statut social plus valorisant, du gain ou de l’honneur. Pour d’autres c’est parce qu’ils pensent qu’ils ont été délaissés par l’Etat central ou une communauté. Les réponses doivent aussi être en fonction de chacun de ces acteurs », a affirmé Dr. Tounkara.

« Conjuguer les deux »

Le spécialiste des questions sécuritaires est d’avis  que  les réponses sécuritaires à elles seules ne suffisent même pas si elles sont indispensables dans le cadre de la lutte.

«  Il est important que des projets soient constitués pour aider les jeunes à avoir accès à un emploi décent, une éducation de qualité, une couverture sanitaire de qualité. Ce sont ces besoins qui me paraissent légitimes dont les Etats du G5 sahel doivent s’efforcer à les satisfaire afin de les accompagner par la réponse militaire. Tous les textes régissant le G5 Sahel mettent un accent particulier sur ces deux volets », a-t-il précisé.

Le Mali  porte le leadership de lutte  contre l’extrémisme violent dans l’espace du G5 Sahel. La réussite de cette stratégie passera entre autres, souligne le ministre des Affaires étrangères et du Culte,  Tierno Amadou Hass Diallo, par l’implication des partenaires techniques et financiers dans la mise en œuvre de projets de développement et la régulation par le champ religieux, un domaine que «  les Etats ne se sont jamais intéressés depuis 60 ans », selon lui.

Désormais outillés sur l’état des lieux sur les questions  d’extrémisme religieux, de récits religieux radicaux, de menaces sécuritaires et d’incitation à la haine, les jeunes du G5 sahel se proposent d’apporter des solutions appropriées à la lutte contre l’extrémisme religieux et radicalisme dans l’espace du G5 Sahel.

Kadiatou Mouyi Doumbia  

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