Les trois leçons à tirer de la prise d’otage au Radisson Blu

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Chronique du web : Le terrorisme ne passera !

Un adage bambara de chez nous le dit si bien. Quand on accepte d’abattre son chien méchant, c’est dire qu’on prend le risque de s’exposer à la morsure du bouc de l’autre. On se rend bien compte aujourd’hui avec cette prise d’otage que dans un pays on a toujours besoin d’une unité d’élites super entrainée  capable de parer à toutes épreuves. Si une ombre a bien plané  sur  cette affaire du Radisson, disons-le clairement, c’est l’ombre de nos vaillants Bérets rouges. C’est une unité qui faisait la fierté de notre grande armée et de celle des maliens, tout entier. Quand elle apparaissait sur un  théâtre d’opération on savait que c’était très sérieux et jamais elle n’avait été prise à défaut. Elle avait su toujours relever le défi, dont celui entre autres de la garde présidentielle en dépit de tout. Mais la gestion partisane des évènements de mars 2012  a fait voler en éclat l’un des fleurons de notre fierté militaire. La première leçon donc à tirer est la nécessaire réhabilitation de ce corps de Commandos Para qui représente en même temps l’essentiel de nos troupes aéroportées.

L’autre enseignement à tirer de Radisson Blu est la nécessité de mettre en place cette autre Unité d’Elites de Cybersoldats à l’image de la Cellule anti-terroriste aux Etats Unis illustrée comme telle dans le film de Jack Bauer, 24 heures chrono. Ce n’est pas de la science-fiction, c’est déjà la réalité aujourd’hui dans beaucoup de pays. Nous pouvons aussi rêver grand en commençant par enrôler dans l’Armée une vingtaine de nos meilleures compétences en informatique, télécommunication et sécurité des réseaux. Les former et les outiller avec tous les moyens technologiques qu’on peut trouver dans le commerce. Déjà, la société Espion-on-line.com commercialise en ligne énormément de produits de hautes portées pour notre sécurité intérieure.  Et en faisant un léger benchmark, on se rend compte qu’en Iran, plusieurs universités ont développé  des cursus de formation des hackers de haut vol.

La Corée du Nord possède elle aussi sa propre école de pirates: le Mirim College, dans la région de Hyungsan, d’où sortent une centaine de soldats chaque année. C’est aussi le cas à e2Labs, la première école indienne de lutte contre la piraterie informatique où des experts forment depuis 2003, des Indian Snakes ou hackers. Le centre de formation à la cyberdéfense de l’Otan a ouvert ses portes depuis janvier 2009 à Tallinn, en Estonie, le pays pionnier en matière de guerre invisible (cyberguerre). C’est cette longueur d’avance qui a permis à un général américain William T. Lord, de dire qu’un ordinateur peut virtuellement être à l’origine de plusieurs 11 Septembre, donc de plusieurs Radisson Blu. Il continue en affirmant à juste raison que «Vous n’avez besoin ni d’une armée, ni de marines, ni d’une aviation hors-pair pour battre les Etats-Unis».

Mais cette unité spéciale ne saurait être efficace si les pouvoirs publics n’imposent pas un certain nombre d’organisation et de méthode dans le pays. D’où la troisième leçon à tirer de cette prise d’otage. La nécessité de mettre en place une politique nationale de bases de données informatiques sectorielles dans tous les domaines de l’activité administrative et civile dans le pays. Des bases de données dont le RAVEC en est une illustration parfaite. Ensuite, le défi sera de les interconnecter, puis d’établir des niveaux d’accès indispensables pour assurer la protection des données personnelles des maliens conformément aux dispositions législatives pertinentes. Si en France on a pu seulement après deux jours donner des informations sur les assaillants, c’est parce que dans ce pays tout le monde est fiché et quand on prélève des traces sur une scène de crime on peut les relier à des personnes ou à des faits. Ce qui n’est pas encore possible au Mali, pas pour raison de moyen mais seulement par méconnaissance et par manque de vision. Ce qui fait que les traces prélevées sur la scène de crime du Radisson-Blu ne serviront pas à nos enquêteurs locaux, parce que ici la Police scientifique, « les hommes de Edmond Locard », n’est pas outillée. Elle manque cruellement de formations et d’hommes. Et ce n’est donc pas surprenant qu’à l’Université ou dans le privé, il n’y ait encore aucune école qui  propose un curriculum ou même des séminaires professionnels en sciences forensiques, pardon en criminalistique à ne pas confondre avec la criminologie !

 

O’BAMBA

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