Mali : Abdoulaye Diop rejette tout dialogue avec les groupes terroristes

Face au corps diplomatique accrédité à Bamako, le ministre malien des Affaires étrangères a affiché une ligne de fermeté absolue contre les groupes terroristes, tout en réaffirmant l’ouverture des autorités au dialogue dans le strict cadre républicain.

8 Mai 2026 - 12:21
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Mali : Abdoulaye Diop rejette tout dialogue avec les groupes terroristes

Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a clairement exclu toute possibilité de négociation avec les groupes armés terroristes opérant au Mali. Cette position a été exprimée jeudi lors d’une rencontre avec le corps diplomatique accrédité au Mali, dans un contexte encore marqué par les attaques du 25 avril dernier.

Devant les représentants diplomatiques, le chef de la diplomatie malienne a tenu à distinguer le dialogue politique des discussions avec les organisations terroristes. Selon lui, les autorités de transition restent ouvertes aux échanges dans le cadre républicain, mais refusent tout compromis avec les groupes responsables des violences qui frappent le pays depuis plusieurs années.

« Le gouvernement n’envisage pas de dialogue avec des groupes armés terroristes sans foi ni loi », a déclaré Abdoulaye Diop, réaffirmant ainsi la ligne sécuritaire adoptée par Bamako.

Cette position vise notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda et inscrit sur la liste des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies depuis 2018.

Le ministre a également évoqué le Front de libération de l’Azawad (FLA), estimant que son rapprochement avec le JNIM équivaut à un soutien assumé à une organisation terroriste reconnue par les Nations unies. Selon lui, cette alliance exclut de facto le mouvement de tout cadre de dialogue officiel.

Abdoulaye Diop a rappelé que certaines attaques revendiquées dans le nord du pays, notamment à Kidal et Gao, illustrent la gravité de la menace sécuritaire à laquelle le Mali reste confronté.

Malgré cette fermeté, les autorités maliennes disent maintenir une ouverture au dialogue politique avec les acteurs engagés dans un processus institutionnel. Le ministre a cité les Accords nationaux de réconciliation (ANR) ainsi que le Dialogue inter-malien (DIM) comme cadres légitimes de concertation nationale.

Il a également indiqué que des combattants ayant abandonné la lutte armée continuent d’être réintégrés dans le cadre républicain à travers des mécanismes de désarmement et de réinsertion.

Sur le plan stratégique, Abdoulaye Diop a insisté sur la nécessité d’une approche globale de la crise sécuritaire. Pour lui, la lutte contre le terrorisme ne peut se limiter à la réponse militaire et doit intégrer des dimensions politiques, sociales, économiques et géopolitiques.

Enfin, le ministre a réaffirmé la détermination du Mali à poursuivre la lutte contre le terrorisme sur l’ensemble de son territoire ainsi qu’au sein de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), en coopération avec le Burkina Faso, le Niger et la Fédération de Russie.

Maliweb.net