Prise d’otages à l’hôtel Byblos de Sevaré ! Cafouillage autour du bilan d’une journée horrible

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Mali: beaucoup de questions en suspens après l'attaque de Sévaré
Les murs de l’hôtel Byblos de Sévaré criblé de balles après l’attaque armée, le 8 août 2015.
AFP PHOTO / STRINGER

Décidément, la paix et la stabilité ne sont pas pour demain au Mali. Après la signature de l’accord de paix entre le Mali et certains groupes armés, les Maliens assistent impuissamment  à la multiplication des attaques terroristes. En une semaine, les Famas ont perdu au moins 18 hommes. La plus célèbre opération terroriste a été sans nul doute celle du vendredi 14 Août 2015 contre l’hôtel Byblos de Sévaré.

Lourd bilan

Malgré le cafouillage entretenu par le gouvernement et la Minusma sur le bilan de cette prise d’otage à l’hôtel Byblos de Sévaré, force est de reconnaitre que l’opération n’a pas été une promenade de santé pour les Famas. Selon un communiqué du gouvernement, le bilan est de douze morts dont cinq éléments des Famas, quatre terroristes et trois civils, dont un membre de la Minusma et sept (07) suspects arrêtés.

Mais de son côté, la Minusma annonce un bilan plus macabre  concernant les personnels associés de la mission onusienne dans un communiqué en date du  8 août 2015. Selon ce communiqué, cinq personnels associés de la Minusma ont perdu la vie pendant l’opération. Il s’agit d’un Malien, qui était le chauffeur de la compagnie sous-traitante de la Minusma, un Népalais, un Sud-africain et deux Ukrainiens. Selon toujours le communiqué des casques bleus, quatre personnes ont été libérées au cours de l’opération. Il s’agit de deux Sud-africains, un Russe et un Ukrainien. Tous les quatre travaillent pour un sous-traitant de la Minusma. Il s’agit, plus précisément, d’une entreprise spécialisée dans le matériel d’aviation.

L’opération de libération a été déclenchée au petit matin entre 4 h et 5 h (locales) selon nos informations. Elle a été menée par le Gign malien, l’unité d’élite de la gendarmerie nationale. Contrairement à certaines informations, les forces spéciales françaises présentes à l’aéroport de Sévaré ne sont pas officiellement intervenues au cours de cette opération.

La troisième attaque en moins d’une semaine au Mali

La région de Mopti se situe à la lisière du vaste Nord malien, où ont été enlevés de nombreux Occidentaux. Plusieurs de ses localités Douentza et Konna notamment, étaient tombés en mars-avril 2012 sous la coupe dune coalition de groupes islamistes (Mujao, Ançar Eddine et Aqmi) qui avaient profité d’une offensive rebelle touarègue contre l’armée. Les djihadistes ont été en grande partie chassés et dispersés de ces régions à la suite du déclenchement, en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une opération militaire internationale, toujours en cours. Cependant, des zones entières échappent encore au contrôle du pouvoir central de Bamako comme à celui des forces étrangères.

L’attaque à Sévaré est la troisième en moins d’une semaine dans le pays, après deux assauts ayant fait 13 morts parmi les militaires: deux ont péri dans une embuscade vers Nampala le 1er août, 11 ont été tués sur une base de la Garde nationale à Gourma-Rharous (nord-ouest) le 3 août. Cette dernière opération a été revendiquée par Aqmi, selon l’agence de presse privée mauritanienne Al-Akhbar.

Longtemps concentrées dans le nord du Mali, les attaques jihadistes se sont étendues depuis le début de l’année vers le Centre, puis à partir de juin dans le Sud, près des frontières ivoirienne et burkinabè.

Le manque de coordination de l’information entre le gouvernement et la mission onusienne risque de porter un coup dur à la lutte contre le terrorisme. En attribuant la prise d’otages de Sévaré aux éléments du terroriste Hamadoun Koufa, le ministre de la sécurité, Sada Samaké doit revoir le dispositif sécuritaire pour contenir  une éventuelle menace qui plane sur Djenné. Depuis plus d’une semaine, Hamadoun Koufa et ses éléments tiennent des rencontres dans les environs du cercle.

Nouhoum DICKO

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1 commentaire

  1. Il parle du 14 août 2015. Déjà on même le 12. Soit disant journaliste il faut aller vendre au marché dibida nul

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