Rapatriement des réfugiés : Bamako abrite la 14ème Réunion de la Commission Tripartite Mali-Burkina- UNHCR
Le Secrétaire général du Ministère de la Santé et du Développement Sociale du Mali, Dr Abdoulaye Guido a ouvert le 13 avril 2026 les travaux de la 14ème réunion de la Commission Tripartite Mali-Burkina-UNHCR. Durant trois jours, les parties prenantes examineront les solutions durables pour le retour volontaire et sécurisé des réfugiés maliens et burkinabè.
Cette 14ème réunion de la Commission Tripartite Mali-Burkina-UNHCR traduit la volonté commune des parties prenantes à gérer au mieux le retour volontaire des réfugiés burkinabé et maliens. Elle fait suite à celle tenue en mars 2024 à Ouagadougou (Burkina-Faso) où les trois entités se sont engagées à travers un Accord révisé à créer des solutions favorables pour les personnes déplacées vivants dans l’un des deux pays.
Durant ces trois jours à Bamako, les participants auront à réfléchir aux moyens de rendre cet accord révisé pleinement opérationnel à travers l’adoption d’un plan d’action prenant en compte les besoins et les perspectives des deux groupes de populations concernés ; d’émettre de propositions pour des mesures concrètes en matière de solution durables dans le but d’amenuiser la dépendance des réfugiés et des rapatriés. Mais surtout, permettre aux candidats au retour de prendre des décisions pleinement éclairées quant à leur rapatriement dans des conditions de sécurité et de dignité.
Un contexte marqué par des défis financiers
Au cours de son intervention, le représentant du HCR, Pierre Camara, a mis en avant la particularité du contexte de cette session. Selon lui, elle se tient à un moment marqué, d’une part, par une augmentation du nombre de réfugiés dans les deux pays et, d’autre part, par une diminution des ressources financières de son organisation.
Rapportant le souhait des réfugiés, il a souligné que certains aspirent à accéder à des solutions durables et plus résilientes dans leurs pays d’asile, tandis que d’autres souhaitent retourner dans leur pays d’origine.
Plus de 330 000 réfugiés maliens recensés
Quant au représentant du ministre de la santé, Dr Abdoulaye Guido, il a rappelé qu’à la suite de la crise multidimensionnelle de 2012, des milliers de maliens ont exilé dans des pays voisins dont le Burkina, la Mauritanie et le Niger. Selon les statistiques des services maliens et celles du HCR qu’il a livré, à la date du 28 février 2026, 336 344 réfugiés maliens étaient répertoriés dans les trois pays frontaliers dont 40 954 au Burkina ; 169 152 en Mauritanie ; et 26 067 au Niger. Et, au Mali on notait 89 493 rapatriés volontaire dont 33 824 en provenance du Burkina, 180 618 réfugiés, et 97 020 réfugiés en attente d’enregistrement ; 315 demandeurs d’Asile ; 863 697 personnes déplacées internes retournés ; 414 524 personnes déplacées internes sur l’ ensemble du territoire.
Poursuivant son allocution, Monsieur Guido a mis en avant de nombreuses actions et politiques mises en place par le Mali, notant que la question du retour volontaire dans la dignité et la sécurité revêt d’une importance capitale pour les autorités maliennes, à l’instar de celles du Burkina et le HCR.
Vers une autonomie des réfugiés comme acteurs de développement
Abondant dans le même sens, le Ministre des Affaires Etrangères du Burkina-Faso, Hermane .Y. TOÉ, a soutenu que la posture des autorités des deux pays marquée par : la reconquête progressive des territoires, le renforcement de la coordination sécuritaire, la réaffirmation de l’État, et la restauration de l’espoir au sein des populations contribuent à créer les conditions d’un retour possible, progressif et sécurisé des réfugiés.
Pour finir, Monsieur TOÉ a invité à porter l’ambition commune pour l’autonomisation des réfugiés. « Car un réfugié ne doit pas être perçu uniquement comme un bénéficiaire, mais comme un acteur de développement, porteur de savoir-faire, de résilience et d’espoir », a –t-il déclaré. Défendant le sens de responsabilité et la détermination des deux pays, il a soutenu : « Notre Commission tripartite doit évoluer. Elle doit devenir un véritable outil stratégique, capable d’articuler efficacement les impératifs sécuritaires, les réponses humanitaires et les politiques de développement ».
Les trois parties n’ont pas manqué de saluer leurs efforts respectifs dans la gestion des réfugiés et l’organisation du rapatriement volontaire dans des conditions de dignité et sécurité
Khadydiatou SANOGO/ maliweb.net