Allocution du secrétaire d’État Marco Rubio lors de la 50e réunion ordinaire de la Conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM
Département d’État des États-Unis
Marco Rubio, secrétaire d’État
St. Kitts Marriott Beach Resort
Basseterre, Saint-Christophe-et-Niévès
Le 25 février 2026
Extraits
LE SECRÉTAIRE D’ÉTAT RUBIO : J’espérais qu’aucun secrétaire d’État n’était venu ici depuis une trentaine d’années. (Rires) Quoi qu’il en soit, je suis heureux d’être parmi vous. Le bassin caribéen m’est familier à bien des égards, ayant grandi et vécu presque toute ma vie à Miami et ayant suivi de très près, durant ma carrière au Sénat des États-Unis, les questions qui ont une incidence sur cette région. Je suis également très heureux d’appartenir à une administration qui accorde la priorité au continent américain après que celui-ci a été, pendant longtemps, largement négligé. Il y a des opportunités extraordinaires. Nous partageons deux réalités : des perspectives communes et des défis communs. Et c’est à cela que nous entendons nous attaquer.
Je tiens d’emblée à dire que je suis également heureux de faire partie d’une administration qui n’est pas contrainte par une orthodoxie dépassée ni par des formules convenues et obsolètes sur les partenariats et autres lieux communs. Nous souhaitons rebâtir et instaurer une nouvelle dynamique dans les Amériques, en partenariat avec vous tous, sur les enjeux qui nous sont communs. Je ne serai pas long, mais je voudrais évoquer quelques-uns de ces dossiers, parce qu’ils sont importants et concernent l’ensemble des Amériques.
Le premier, que j’ai déjà évoqué individuellement avec nombre d’entre vous et dont je souhaite parler de nouveau ici, est le suivant : nous estimons que la menace sécuritaire la plus urgente dans la région — y compris pour nous, mais bien entendu pour vous tous — réside dans ces organisations criminelles transnationales, dont beaucoup disposent de financements et d’une puissance qui rivalisent, voire dépassent, ceux de nombreux États qu’elles menacent. Nous reconnaissons qu’il s’agit d’un défi complexe qui s’inscrit dans une perspective plus large. Tout d’abord, il est évident qu’elles sont alimentées par le trafic de stupéfiants et d’autres moyens illicites. Souvent, ces drogues et les profits générés – ces drogues sont destinées aux États-Unis, mais les recettes qu’elles génèrent, les fonds qu’elles rapportent au final viennent des rues de notre pays. Cela représente un danger pour les pays par lesquels elles transitent et, en fin de compte, un danger pour la sécurité nationale des États-Unis.
Nous avons également observé avec inquiétude le niveau d’armement de ces groupes. Nous savons que nombre d’entre eux acquièrent des armes aux États-Unis, et nous sommes déterminés à travailler sans relâche avec nos services répressifs pour y mettre un terme. J’espère que vous avez constaté, tant dans le cas d’Haïti que dans d’autres contextes, que nous n’hésitons pas, non seulement à désigner ces groupes pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des organisations terroristes, mais aussi à sanctionner les personnes qui les soutiennent. Nous les poursuivons également, et il s’agit d’un axe d’action que nous partageons.
Nous avons une longue tradition de coopération pour faire face à ces défis, mais je suis convaincu que notre collaboration devra s’approfondir encore davantage et que notre engagement devra se renforcer, à mesure que ces groupes gagnent en puissance.
Je vous renvoie à un exemple situé en dehors du bassin caribéen, mais révélateur des défis auxquels nous sommes confrontés : le rôle que les cartels de la drogue ont acquis au Mexique. Je ne sais pas si vous avez vu certaines images diffusées après la mort de l’un de leurs chefs : ces groupes apparaissent en tenue militaire complète, équipés d’armes de guerre, de véhicules blindés — très dangereux. C’est une réalité à laquelle nous devons faire face collectivement.
Deuxièmement, il y a des possibilités exceptionnelles de progrès économique et de coopération sur des questions comme l’énergie. L’énergie est essentielle à l’avenir ; elle est indispensable à la prospérité de toute économie. Plusieurs des pays représentés ici disposent de ressources énergétiques que vous entendez exploiter de manière responsable et sûre, afin de générer richesse et prospérité pour vos populations et vos pays, et nous souhaitons devenir votre partenaire sur ce point. Voilà un autre domaine dans lequel nous espérons coopérer étroitement. J’ajouterais que cela s’inscrit aussi dans une dynamique régionale plus large.
Indépendamment des positions que certains d’entre vous ont pu adopter à l’égard de nos opérations et de notre politique concernant le Venezuela, je vous le dis sans détour ni réserve : le Venezuela se porte mieux aujourd’hui qu’il y a huit semaines. Les progrès accomplis sont substantiels, même s’il reste beaucoup à faire. Les nouvelles autorités intérimaires, dirigées par Delcy Rodriguez, ont accompli des choses qui auraient été inimaginables il y a encore huit ou neuf semaines. Elles ont libéré des prisonniers politiques ; elles ont fermé El Helicoide, leur prison la plus tristement célèbre. Elles produisent, pour la première fois depuis longtemps, des recettes pétrolières qui bénéficient à la population, utilisant ces fonds non seulement pour assurer la continuité des services publics, mais aussi pour acquérir les équipements médicaux nécessaires à leur système de santé.
Il reste un long chemin à parcourir, et nous sommes déterminés à faire en sorte que cela fonctionne. Nous avons rouvert notre ambassade à Caracas, et nous y avons envoyé un excellent chargé d’affaires, qui est sur place avec d’autres responsables gouvernementaux, et nous entendons poursuivre dans cette voie. Nous en sommes convaincus, et je pense que vous partagerez tous ce point de vue : pour passer à la prochaine étape et développer véritablement ce pays pour qu’il puisse tirer pleinement parti de ses richesses au profit de ses habitants, il lui faudra la légitimité d’élections régulières et démocratiques. Mais notre première priorité, au lendemain de la capture de Maduro, était d’éviter toute instabilité, toute migration massive et tout débordement de violence, et nous pensons y être arrivés.
Nous sommes à présent en train de passer de cette phase de stabilité à une phase de relèvement. Ce pays doit se relever de nombreuses difficultés, notamment de profondes fractures internes et de dysfonctionnements dans ses systèmes économiques. Si je vous dis tout cela, c’est parce qu’en définitive, nous sommes convaincus qu’un Venezuela prospère et libre, gouverné par un gouvernement légitime et soucieux de l’intérêt de sa population, pourrait aussi être un partenaire et un atout considérable pour nombre des pays ici représentés, notamment sur le plan énergétique, ainsi qu’une source d’instabilité en moins dans la région. Donc, nous entendons travailler étroitement avec vous sur ce dossier, dans toute la mesure du possible, et je considère qu’il est étroitement lié aux enjeux de sécurité que j’ai évoqués.
Troisièmement, il s’agit plus largement de la stabilité de la région. Nous souhaitons que cette région — y compris le sud des États-Unis, qui fait partie intégrante du bassin caribéen — soit perçue comme un espace attractif pour les investissements entrants. Vous êtes nombreux à avoir entrepris et à avoir accompli un travail remarquable pour diversifier vos économies, et c’est un effort qui se poursuit. Si des occasions se présentent aux entreprises ou aux investisseurs américains de participer à cette dynamique, nous souhaitons les faciliter. Nous voulons y contribuer activement.
En résumé : plus vos pays seront forts, sûrs, prospères et stables, plus les États-Unis le seront également. Nous considérons que notre sécurité, notre prospérité et notre stabilité sont étroitement liées aux vôtres, et nous démontrerons, par les actions que nous sommes prêts à entreprendre et par la priorité que nous voulons accorder à cela, notre intention de traduire ces paroles en actes. C’est la raison de ma présence parmi vous aujourd’hui : je tenais à vous rencontrer collectivement et, dans la mesure du temps qui m’est imparti, individuellement.
Je vous remercie de cette opportunité de m’adresser à vous. J’espère que ma présence aujourd’hui constitue une manifestation concrète de notre engagement à être votre partenaire — je ne parlerais pas de « réinitialisation » des relations parce qu’il ne s’agit pas de cela. Nous entretenons depuis longtemps des liens bilatéraux solides avec chacun de vos pays et des liens collectifs avec vous tous. Il s’agit plutôt de revitaliser ces relations, parce que nous avons de nombreux intérêts et défis communs à traiter, et les États-Unis sont résolus à s’y consacrer pleinement. Au cours des trois prochaines années, tant que j’exercerai ces fonctions, ce sera pour moi une priorité personnelle. Je m’y engagerai directement et je souhaite laisser à mon successeur, quel qu’il soit, une relation forte et stable qu’il pourra continuer de consolider.
Je vous remercie encore de cette opportunité de m’adresser à vous et de me joindre à vous aujourd’hui à l’occasion de cette réunion. (Applaudissements)
Voir le contenu d’origine : https://www.state.gov/releases/office-of-the-spokesperson/2026/02/secretary-of-state-marco-rubio-at-the-50th-regular-meeting-of-the-conference-of-caricom-heads-of-government/