Burkina Faso : appel à l’organisation des assises nationales sur la sécurité

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Au Burkina Faso, l’opposition politique a appelé, ce samedi 3 juillet 2021, à une « grande mobilisation » dans plusieurs grandes villes du pays. Cette mobilisation marque, d’après eux, un soutien indéfectible aux Forces de défense et de sécurité burkinabè.
À l’appel de l’opposition politique et des organisations de la société civile, des milliers de personnes ont manifesté, ce samedi, dans plusieurs capitales régionales du Faso et dans la capitale Ouaga. Les manifestants protestent contre la détérioration du climat sécuritaire et réclament une réponse efficace aux attaques djihadistes récentes.
Ces récentes attaques les plus meurtrières restent entre autres, la « tragédie » humaine de Solhan, dans la nuit du 4 au 5 juin 2021, et celle de l’embuscade ayant causé la mort de 11 policiers et de 2 militaires, à la suite de l’explosion d’un engin improvisé sur l’axe Barsalogo-Foubé.
Organisation d’assises nationales et dotation des FDS
C’est cette gravité de la situation qui a conduit l’opposition politique du pays et plusieurs organisations de la société civile à se mobiliser, samedi dernier, pour demander des explications et des mesures adéquates face à ces attaques répétitives.
Dans sa déclaration, le chef de file de cette opposition politique (CFOP), Eddie Komboigo a décrit la situation « catastrophique » que traverse le pays, en dénonçant « plus de cinq ans de tâtonnements, d’hésitations et d’échecs [et] plus de cinq ans de patience ». Eddie Komboigo a rappelé que « pendant le premier mandat du Président Kaboré (de 2015 à 2020, NDLR), on a dénombré officiellement plus de 1300 morts et 1,2 million de déplacés internes ». Selon ses explications, il y a lieu de craindre « que le second mandat ne soit pire que le premier, car, depuis le début de l’année », plus de 300 morts auraient été enregistrés dans le pays des hommes intègres.
Selon le CFOP, cette marche, qui se veut « pacifique et silencieuse », n’a d’autres buts que de rendre hommage aux « martyrs » et de demander au gouvernement de « prendre des mesures fortes » pour ramener la sécurité.
L’opposition politique burkinabè se dit disponible à discuter sur cette crise sécuritaire. Elle appelle à l’organisation des assises nationales sur la sécurité et exige également la dotation des forces de défense et de sécurité (FDS) en équipements adéquats.
Appel à l’union et au dialogue
« Au regard des dernières évolutions macabres sur le plan sécuritaire, il était temps de donner un signal fort aux dirigeants pour se ressaisir et mesurer la gravité de la situation », a estimé Aristide Ouédraogo, membre de la société civile.
Face à l’aggravation de cette crise sécuritaire, le Président Roch Marc Christian Kaboré s’est de nouveau adressé à la nation, le 27 juin dernier, en appelant à l’union et au dialogue. Il a également annoncé certaines mesures pour une résolution rapide de cette crise. Le 1er juillet, il a procédé à un remaniement ministériel. Un nouveau gouvernement dans lequel il garde lui-même le portefeuille de la Défense. D’après Eddie Komboigo : « L’opposition prend acte de la décision du Chef de l’État d’assumer lui-même la Défense. Mais il a déjà occupé lui-même cette fonction dans le passé, et avec un résultat catastrophique.»
Le chef de file de l’opposition, Eddie Komboigo s’est réjoui d’une « mobilisation gigantesque à travers le pays malgré les appels au boycott par le pouvoir. »
Bakary Fomba
Source : https://saheltribune.com

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