CRISE EN GUINEE : La convention des guinéens résidant au Mali demande le départ de leur président

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           Face à la situation dans laquelle se trouve plongée la Guinée Conakry, la Convention des Guinéens résident au Mali (COGUIMA) a tenu hier 8 février dans les locaux de la Pyramide du Souvenir une conférence de presse pour dénoncer la barbarie des forces armées et de sécurité qui a occasionné la perte en vies humaines de plusieurs dizaines de Guinéens. La conférence était animée par M. Mamadou Barry, fonctionnaire international de la Guinée et ancien membre de la Cellule de Communication de Ahmed Sékou Touré.rn

            L’objectif était d’informer l’opinion malienne et internationale sur le mouvement insurrectionnel et de mobiliser et sensibiliser les Guinéens résident au Mali afin de susciter leur implication au combat que même le peuple guinéen.
Aux dires de M. Barry, les causes de la grève sont nobles, elles trouvent leur origine tout simplement dans la mal gouvernance, qui débouche sur la mauvaise gestion de fonds publics. La mal gouvernance a eu pour conséquence la mise en place d’un système appellé système Conté. Il se traduit par l’impunité car, c’est un partage de gâteau entre le président et ceux qui l’entourent.

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            Le 10 janvier 2007, date du déclenchement de la grève générale illimitée par les deux puissantes centrales syndicales, l’USTG et la CNTG, plus de soixante personnes (d’aucuns parlent d’une centaine) ont perdu la vie. Ainsi, des femmes, des hommes et des enfants qui manifestaient pacifiquement, ont été exécutés de sang froid par les forces de sécurité, en violation flagrante de la Constitution guinéenne et des Conventions internationales sur les droits de l’homme que la Guinée a signées et ratifiées depuis 1958. La Constitution et les Conventions sur les droits de l’homme garantissent les libertés individuelles et le droit de rassemblement pacifique.

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QUE DEMANDENT LES MANIFESTANTS AUX MAINS NUES ?

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            Ils demandaient tout simplement le changement, après plus  de deux décennies d’un régime qui s’est avéré incapable de satisfaire leurs besoins les plus élémentaires à la vie, à la sécurité des personnes et des biens, à l’eau, l’électricité. Quoi de plus normal, de plus naturel que de demander que les choses changent pour que les conditions de vie des populations connaissent un début d’amélioration ! Est-ce là un crime ? Les manifestants méritaient-ils qu’on leur réponde par des balles ?

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            Le monde entier a été choqué, que dis-je, horrifié. Vous avez tous entendu le Secrétaire Général de l’ONU, la Haut Commissaire aux droits de l’homme, le Président de la Commission de l’Union Africaine, le Président de la CEDEAO, le Secrétaire général de la Francophonie, Human Rights Watch, Amnesty International, la Fédération.

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            Internationale des Ligues des droits de l’homme, La RADDHO, tous à l’unisson demandent une enquête indépendant pour faire la lumière sur ces tragiques événements afin d’identifier les responsables de ces crimes et les traduire devant la justice internationale. Des violations aussi graves des droits de l’homme ne peuvent pas rester impunies. Les autorités guinéennes feraient bien de méditer sur le sort de Milosevic et des autres criminels serbes, de Charles Taylor ! Personne n’est au-dessus de la loi et personne n’a droit de vie et de mort sur ses semblables ! Les Guinéens résidant au Mali, par ma voix, élèvent une vive protestation et expriment leur indignation face aux massacres des populations !

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LE MAL DONT SOUFFRE LA GUINEE

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            Nous le savons parfaitement : le mal dont souffre la Guinée a un nom : la mauvaise gouvernance. Dans le rapport de Transparency International de 2006, la Guinée a eu le triste privilège de figurer en tête de liste comme le pays le plus corrompu d’Afrique. La corruption, c’est l’utilisation et l’abus du pouvoir à des fins privées. Notre pays a été également classé, quatrième pays le plus corrompu au monde. Voici une des raisons de la situation catastrophique dans laquelle se trouve la Guinée. Comment voulez-vous promouvoir le développement économique et social du pays si toutes les ressources sont détournées à des fins personnelles ? Et on s’étonnera que les populations expriment leur raz le bol et demandent le changement !

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            La Guinée a besoin de s’engager résolument dans la voie de la bonne gouvernance qui est un processus par lequel les pouvoirs publics, le secteur privé et la société civile expriment leurs intérêts, exercent leurs droits et règlent leurs différends au moyen de la médiation. N’est-ce pas là la stratégie utilisée par les syndicats, les institutions, la société civile  et les organisations religieuses ?

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            L’état de droit est au coeur de la bonne gouvernance. Dans ce nouveau modèle de gouvernance que nous appelons de nos voeux, le citoyen sera au centre des préoccupations des décideurs, les intérêts des mandatés prendront le pas sur ceux des mandants, le projet de société sera basé sur l’écoute des citoyens et les responsables à tous les niveaux auront obligation de rendre compte aux citoyens de leurs actes.

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DES HOMMAGES

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            Nous saluons et rendons hommage aux responsables syndicaux qui ont su avec courage, foi et détermination mener cette grande bataille et conduire le peuple à la victoire. Ils ont bien mérité de la patrie qui leur en sera éternellement reconnaissante.

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            Nous nous inclinons pieusement devant la mémoire de toutes les victimes de ces tragiques journées. Il nous appartient d’honorer la mémoire aujourd’hui, demain et dans les décennies à venir.

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            Nous sommes assemblés ici aujourd’hui pour exprimer notre solidarité aux familles éplorées. Nous comptons, dans les plus brefs délais mettre en place un Fonds de Solidarité pour aider les familles victimes. Ce fonds sera alimenté par des contributions volontaires.

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            Un autre axe de notre plan d’action consistera à prendre l’initiative d’organiser à Conakry un grand congrès guinéens de l’extérieur pour fédérer les différentes associations pour en faire une force de proposition, de mobilisation et d’engagement dans la reconstruction de la Guinée. Le Mali offre du reste un bel exemple de participation de la diaspora à la vie de la nation.

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            Il a dénoncé l’immixion du pouvoir exécutif dans le domaine législatif. Désormais, le mythe de l’invincibilité du régime est fini. Une nouvelle page de l’histoire est en train d’être tournée.

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GOUVERNER AUTREMENT LA GUINEE

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            La Guinée doit être gouvernée autrement où le citoyen doit être au centre des gouvernants. Le conférencier a souligné le rôle des femmes, de la jeunesse et surtout des syndicats dans l’insurrection.

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            A travers cette conférence de presse, les Guinéens vivant au Mali ont voulu exprimer leur solidarité au peuple de Guinée. Condamnent les massacres des populations et exigent un changement immédiat.

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            A cette rencontre, au notait la présence de Assa Bah Diallo de la CSTM. Elle a affirmé que son syndicat est consterné de la situation qui prévaut en Guinée. Siaka Konaté de l’AMDH a aussi décrié la situation. On notait aussi la présence du Directeur de la Pyramide du Souvenir, Thierno Diallo.

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Mamadi TOUNKARA

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