Frappes en Syrie : le triple avertissement américain
« Empêcher l’utilisation et la diffusion d’armes chimiques mortelles relève de l’intérêt vital de la sécurité nationale des Etats-Unis, a déclaré le président Trump. Il est incontestable que, en ayant recours à des armes chimiques, la Syrie a violé ses obligations aux termes de la convention internationale » sur l’interdiction de ces armes.
Affirmer « l’intérêt vital et national » des Etats-Unis
Tout en ayant mené cette action unilatéralement, en dehors de la coalition internationale qui accompagne les Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme en Syrie et en Irak, le président américain a fait valoir qu’il agissait aussi, d’une certaine manière, dans l’intérêt de la communauté internationale. Les tentatives de ramener le « dictateur syrien » à un comportement raisonnable ayant échoué, a-t-il dit, l’aggravation de la situation dans la région et la déstabilisation qui en résultent « menacent les Etats-Unis et leurs alliés ». M. Trump a terminé son intervention par un appel assez vague « à toutes les nations civilisées » à se joindre aux Etats-Unis « pour tenter de mettre fin aux massacres en Syrie ». Cette décision illustre la volonté d’appliquer à la politique étrangère et de sécurité le principe que Donald Trump a énoncé avec constance en matière économique et commerciale : « America First ». Il s’agit d’affirmer d’abord « l’intérêt vital et national » des Etats-Unis, puis d’essayer de rallier les alliés ensuite. La France, le Royaume-Uni, la Turquie, l’Arabie saoudite ont d’ailleurs approuvé sans tarder, vendredi matin, la frappe américaine.La réaction américaine est ensuite remarquable par sa rapidité et son orchestration. L’ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Nikki Haley, s’est dans un premier temps appuyée sur l’émotion causée par les images des enfants tués dans leur sommeil par le gaz mortel libéré au cours de l’attaque de l’aviation syrienne pour monter une offensive diplomatique au Conseil de sécurité, mercredi. Parallèlement, le président Trump a mis à profit une conférence de presse conjointe avec le roi de Jordanie, qu’il recevait à Washington, pour exprimer à son tour son indignation et avertir que de telles exactions n’étaient pas « tolérables ». Enfin, le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, est sorti de la réserve qu’on lui connaissait jusqu’ici pour tenir des propos très fermes vis-à-vis de la Russie, qui s’était engagée à obtenir de son allié syrien le désarmement chimique.