Guerre en Iran : Comment les Gardiens de la révolution ont bâti un empire financier
Tas d’or - Le Guide suprême et les Gardiens de la révolution iraniens siégeraient sur un véritable trésor. Retour sur une accumulation méthodique de richesses, construite en marge des sanctions et à l’abri de tout contrôle
Alors que les bombes américaines et israéliennes arrosent l’Iran, Donald Trump promet de « détruire totalement le régime terroriste iranien ». Notamment « économiquement », alors que le pays est asphyxié par des années de sanctions. « L’économie iranienne allait déjà mal mais à la suite de bombardements de juin, elle s’est arrêtée. La croissance a stagné en 2025 et l’inflation atteint plus de 40 % début 2026 », détaille Thierry Coville, économiste chercheur à l’IRIS et spécialiste de l’Iran. Dans ces ruines financières, les Gardiens de la révolution veillent sur leur trésor, comme des dragons sur leur tas d’or.
Ces richesses sont parfois estimées à plus de 200 milliards de dollars. « Les montants sont particulièrement difficiles - si ce n’est impossibles - à chiffrer tant le système s’avère opaque », tempère Michel Makinsky, directeur général du cabinet de conseil Ageromys, spécialiste de l’Iran. Ce manque de transparence a justement été créé pour protéger le régime iranien.
Ce trésor ne figure dans aucun budget, n’est soumis à aucun contrôle, et ne répond qu’à une seule autorité : celle du guide suprême. Thierry Coville, qui a travaillé sur ce système financier, estime que les « entreprises des Gardiens de la révolution contrôlent entre 10 et 20 % de l’économie iranienne », une proportion énorme pour un corps militaire.
Le bras économique des Gardiens de la révolution
Le bras économique des Pasdaran (l’autre nom des Gardiens de la révolution) a un nom : Khatam al-Anbiya. C(...)