Le pari de Zelensky se retourne contre lui: 100.000 jeunes hommes ont fui l’Ukraine
Alors que l’Ukraine réclame à cor et à cri de nouveaux soldats pour repousser l’armée russe en première ligne, un exode silencieux se déroule à sa frontière ouest. En seulement deux mois, près de 100.000 jeunes hommes – la génération chargée de défendre le pays – ont franchi la frontière, en quête d’un avenir loin des tranchées. La conséquence d’un changement de politique risqué du président Zelensky.
Immédiatement après l’invasion russe de 2022, la loi martiale interdisait aux hommes âgés de 18 à 60 ans de quitter le pays, même s’ils n’étaient pas éligibles au service militaire. Mais après trois ans de guerre, Zelensky a assoupli ces restrictions: les hommes sont désormais autorisés à voyager à l’étranger jusqu’à l’âge de 23 ans.
Cette mesure s’inscrivait dans le cadre d’une réforme plus vaste. Des généraux et des hommes politiques américains avaient critiqué le refus de Zelensky de mobiliser davantage d’hommes, estimant qu’il compromettait les chances de succès de l’Ukraine. Face à une grave pénurie de soldats sur le front, l’âge de la conscription a donc été abaissé de 27 à 25 ans.
Selon le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), un cercle de réflexion basé à Washington, on estime qu’entre 60.000 et 100.000 soldats ukrainiens ont été tués depuis le début de la guerre.
Cette crainte est partagée par les responsables européens, qui s’inquiètent du manque d’efforts déployés par Kiev pour remédier à la pénurie de soldats.
Retour de bâton
À Kiev, on espérait que cet assouplissement des restrictions aurait un double avantage: il permettrait de renouer les liens des jeunes avec leur pays et, peut-être, de les inciter à retourner volontairement au combat plus tard. Il mettrait également un terme à l’“exode des adolescents”, où des familles envoyaient leurs fils hors du pays avant leur dix-huitième anniversaire par crainte d’un futur service militaire.
La réalité est pourtant tout autre. Au lieu d’accroître le nombre de volontaires, ce changement de politique a alimenté une vague migratoire, comme le relate le journal britannique The Telegraph.
Les chiffres sont éloquents. La Pologne a accueilli 45.300 hommes ukrainiens (âgés de 18 à 22 ans) entre janvier et fin août. Au cours des deux mois suivants (septembre et octobre), ce nombre a plus que doublé, atteignant 98.500 (soit 1.600 par jour).
Séisme dans la politique allemande
En Allemagne, où le chancelier Friedrich Merz tente de freiner l’immigration, le nombre hebdomadaire d’arrivées de migrants a explosé, passant de 19 à plus de 1.000 à la mi-septembre. En octobre, ce chiffre a atteint 1.800 par semaine.
Cette situation a provoqué un véritable séisme dans le paysage politique allemand. Cet afflux de migrants met la pression sur Merz pour qu’il réduise son soutien aux réfugiés ukrainiens. L’AfD, parti d’extrême droite à la popularité croissante, exige l’arrêt de l’aide financière aux Ukrainiens.
Des critiques se font également entendre au sein même de la CDU, le parti de Merz. L’expert en politique étrangère Jürgen Hardt a déclaré sans ambages dans Politico: “Nous n’avons aucun intérêt à ce que de jeunes Ukrainiens passent leur temps en Allemagne au lieu de défendre leur pays. L’Ukraine est libre de ses choix, mais la récente modification de la loi a engendré une tendance à l’émigration à laquelle nous devons faire face.”
Source: https://www.7sur7.be/