Les grâces accordées par Trump provoquent l'indignation
Loyauté avant tout
Pour Mark Hertling, un ancien général ayant combattu en Irak, "la grâce accordée aux employés de Blackwater est l'acte de Donald Trump le plus scandaleux et le plus ignoble". "C'était un crime de guerre lâche qui a causé la mort de 17 civils. Honte à vous, M. le président !", a-t-il tweeté. La société Blackwater, qui a depuis disparu, avait été fondée par l'un des plus farouches partisans de Donald Trump, Eric Prince, qui est aussi le frère de la ministre de l'Education Betsy DeVos. "Trump place la loyauté au-dessus de tout le reste: au-dessus de l'Etat de droit, au-dessus de notre démocratie, et certainement au-dessus de la justice", s'est insurgé Adam Schiff, président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants. Le président américain a aussi gracié deux de ses alliés mis en cause dans l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur une possible collusion entre la Russie et son équipe de campagne en 2016: un ancien conseiller diplomatique, George Papadopoulos, et un avocat néerlandais, Alex van der Zwaan. Fin novembre, Donald Trump avait déjà gracie Michael Flynn, son ancien conseiller à la sécurité nationale, également mis en cause dans la même affaire. D'autres grâces ont été accordées à trois élus républicains condamnés pour corruption, Duncan Hunter, Chris Collins et Steve Stockman. Pour le groupe anticorruption Citizens for Responsibility and Ethics in Washington (CREW), "le message de Trump est clair: la justice ne s'applique pas à vous si vous lui êtes loyal". Selon une analyse d'un professeur de droit de Harvard, Jack Goldsmith, au moins 42 des 65 grâces accordées à ce jour par Donald Trump ont été décidées à des fins politiques, et cinq seulement ont été recommandées par les conseillers juridiques de la Maison Blanche. Donald Trump envisagerait également, selon la presse américaine, d'accorder une grâce préventive à ses enfants, à son gendre Jared Kushner et à son avocat personnel Rudy Giuliani, avant de quitter la Maison Blanche en janvier. Le milliardaire aurait aussi évoqué l'éventualité de se gracier lui-même de crimes pour lesquels il pourrait être poursuivi en relation avec son mandat. En 2018, il avait affirmé avoir "le droit absolu" de prendre cette mesure, qui serait un précédent. 23/12/2020 20:04:46 - Washington (AFP) - © 2020 AFPQuelle est votre réaction ?
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