L’Europe pourrait franchir les “lignes rouges” dans son prochain train de sanctions contre la Russie
Après avoir finalisé jeudi un 20ᵉ train de sanctions contre la Russie, longtemps bloqué par la Hongrie, l’UE en envisage un 21ᵉ qui dépassera des lignes rouges précédemment fixées, a indiqué vendredi la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
“Nous devons revoir des lignes rouges qui ont été fixées précédemment et qui ont bloqué certaines sanctions, pour voir ce que nous pouvons faire de plus”, a affirmé l’Estonienne, à son arrivée au deuxième jour du sommet européen informel, organisé à Nicosie par la présidence chypriote du Conseil.
“Nous envoyons ainsi à la Russie le signal qu’elle n’est pas plus forte que nous”
Les dirigeants européens “ont vraiment poussé pour avancer sur un 21ᵉ train de sanctions”, a-t-elle ajouté, au lendemain d’une discussion politique des Vingt-sept sur le soutien à l’Ukraine. “Nous envoyons ainsi à la Russie le signal qu’elle n’est pas plus forte que nous, que l’Ukraine compte davantage pour nous que pour elle et que nous continuerons à la soutenir”, selon Mme Kallas.
Viktor Orban n’est plus là
Ces dernières années, le Premier ministre hongrois Viktor Orban - défait dans les urnes il y a dix jours - a notamment obtenu une exemption à l’embargo européen sur le pétrole russe via l’oléoduc Droujba, pressé pour ne pas toucher à d’autres dossiers énergétiques russes ou encore obtenu le retrait de certains noms, comme celui du patriarche de l’Église orthodoxe russe Cyrille de Moscou, de la liste des personnes sanctionnées.
“Nous parvenons à obtenir des résultats”
La Première ministre lettone, Evika Silina, considère que l’UE a démontré sa capacité à obtenir des résultats, ce qui est important en ces “temps géopolitiques difficiles”. “Nos discussions sont peut-être longues, mais nous parvenons à obtenir des résultats. C’est un message important pour le monde, l’Union européenne et nos citoyens”, a-t-elle déclaré.
“Pour la première fois depuis des années, il n’y a pas de Russes dans la salle”
“Pour la première fois depuis des années, il n’y a pas de Russes dans la salle”, a lancé le Premier ministre polonais Donald Tusk. Viktor Orban est l’un des rares dirigeants de l’UE à entretenir des liens étroits avec la Russie et, fin mars, des médias ont affirmé que le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, transmettait directement des informations du Conseil de l’UE à son homologue russe.
Revirement politique à Budapest
Après sa défaite électorale, Viktor Orban a décidé de ne pas se rendre à Chypre pour son dernier sommet européen. D’ici le prochain sommet, prévu à Bruxelles en juin, son successeur, Péter Magyar, devrait avoir prêté serment en tant que nouveau Premier ministre.
Source: https://www.7sur7.be/