«Effrayant»
A défaut de rencontrer des émissaires américains, Abbas Araghchi est en tournée diplomatique. Entre deux escales au Pakistan, il s'est entretenu dimanche à Oman avec le sultan Haitham ben Tariq.
«En tant que seuls États riverains d'Ormuz, nous nous sommes focalisés sur les moyens d'assurer un transit sûr, dans l'intérêt de tous nos chers voisins et du monde entier», a écrit M. Araghchi sur X après cette rencontre.
Un projet de loi iranien prévoit que le stratégique détroit soit placé sous l'autorité des forces armées iraniennes, a rapporté Ebrahim Azizi, président de la commission du Parlement sur la sécurité nationale.
Selon ce texte, les navires israéliens auraient interdiction d'y transiter et des droits de passage devraient être acquittés en rials iraniens.
Le chef de l'agence maritime de l'ONU Arsenio Dominguez a réaffirmé lundi qu'il n'existait «aucune base légale» pour une telle mesure «sur les détroits utilisés pour la navigation internationale».
Avant la guerre, 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux passait par le détroit, aujourd'hui soumis à un double blocus des belligérants, avec de lourdes conséquences sur l'économie mondiale.
A Téhéran, «la situation est devenue effrayante», témoigne Farshad, un chef d'entreprise de 41 ans.
«Les gens sont choqués de ne pas avoir d'argent pour acheter quoi que ce soit ou pour manger», dit-il à l'AFP. «Mes amis demandent des prêts autour d'eux juste pour s'en sortir».
Une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la sécurité maritime doit avoir lieu lundi soir à New York.
«Cycle d'instabilité»
Sur le front libanais, l'armée israélienne a dit frapper des positions du Hezbollah pro-iranien dans l'est du pays.
Des frappes dans le sud dimanche avaient fait 14 morts, dont deux enfants, bilan quotidien le plus lourd depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu il y a dix jours.
Le chef du mouvement chiite Naïm Qassem a réaffirmé son refus des négociations directes prévues entre Beyrouth et Israël, estimant qu'elles risquaient d'entraîner le Liban dans un «cycle d'instabilité».
«La trahison est d'entraîner le pays dans une guerre au profit d'intérêts étrangers», a rétorqué le président libanais Joseph Aoun, promettant qu'il refuserait tout accord «humiliant» avec Israël.
De son côté, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a affirmé lundi que le chef du Hezbollah «joue avec le feu», ce qui va «brûler le Liban».
Israël et le Hezbollah s'accusent mutuellement de violer la trêve, dont Donald Trump avait annoncé jeudi la prolongation pour trois semaines.
Les autorités libanaises ont recensé au moins 36 morts dans des opérations israéliennes depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 17 avril.
Plus de 2500 personnes ont été tuées au Liban depuis que le Hezbollah a relancé les hostilités le 2 mars, ainsi que 16 soldats israéliens, selon des sources officielles de chaque côté.
Source: https://www.bluewin.ch/fr