Niger : Abarchi Ousmane dresse l’état des mines et des projets

Le ministre nigérien des Mines a détaillé lundi sur la RTN l’étendue des ressources minières du pays et les performances du secteur en 2025, affirmant la volonté des autorités de faire de ce potentiel un levier de richesse nationale.

5 Mai 2026 - 14:57
 1
Niger : Abarchi Ousmane dresse l’état des mines et des projets

Le commissaire-colonel Abarchi Ousmane, ministre des Mines du Niger, a accordé lundi soir un entretien à la Radiotélévision du Niger (RTN) dans lequel il a dressé un panorama détaillé du potentiel minier nigérien et des résultats enregistrés en 2025, présentant le sous-sol du pays comme un « scandale géologique » que les autorités entendent transformer en richesse nationale.

Un sous-sol d’une diversité exceptionnelle

Le ministre a distingué deux grandes catégories de formations géologiques. Les formations du socle — massif du Djado, massif de l’Aïr, Damagaram-Mounio, Sud-Maradi et Liptako nigérien — recèlent de l’or, du cuivre, du fer et du molybdène. Les bassins sédimentaires — Iullemeden, Ténéré et Tim Mersoï — abritent quant à eux de l’uranium, du charbon, du calcaire et du gypse.

L’uranium, « substance stratégique recherchée par les plus grandes puissances du monde pour produire de l’énergie à bas prix », demeure la ressource emblématique du Niger. Les réserves connues sont estimées entre 350 000 et 500 000 tonnes d’uranium métal, réparties entre les gisements de la SOMAÏR (plus de 100 000 tonnes), de la SOMIDA (environ 30 000 tonnes, mine en construction), d’Imouraren (plus de 230 000 tonnes) et de Madaouéla (environ 20 000 tonnes). La COMIREX, société récemment créée, est par ailleurs chargée d’exploiter les gisements de Mouradi dans le département d’Arlit.

Pour l’or, la Société des mines du Liptako (SML), dont la mine de Samira dispose de réserves estimées à 2,5 tonnes et de ressources d’environ 25 tonnes, assure la production industrielle actuelle. Une deuxième mine est en construction à Banjo, dans le département de Téra, portée par la Niger Turkey Mining Company (NTMC), joint-venture entre l’État du Niger et la société turque d’État MTAIC, sur un gisement aux réserves évaluées à 2 tonnes et aux ressources d’environ 20 tonnes.

Le charbon est exploité par la SONICHAR dans la région d’Agadez, avec environ 15 millions de tonnes en cours d’exploitation pour alimenter en électricité la ville d’Agadez et les industries minières locales. D’importantes réserves supplémentaires — estimées à plus de 200 millions de tonnes — existent dans la région de Tahoua, à Takanamat, où un permis d’exploitation a été attribué à une société créée en partenariat avec le groupe Wanda, portant sur 150 millions de tonnes.

Parmi les ressources peu ou pas encore exploitées, le ministre a cité le fer, dont les réserves atteignent plus d’un milliard de tonnes dans la zone de Kolo-Saï et environ 8 milliards de tonnes dans le massif du Termit, à Gadein — des chiffres qui, selon lui, placent le Niger en mesure de porter un projet comparable au Simandou guinéen. Il a également mentionné le phosphate (plus d’un milliard de tonnes dans le parc du W, 7,3 millions de tonnes dans la région de Tahoua, dans les zones d’Anakar et Gaweye) et le lithium, estimé à 300 000-350 000 tonnes dans le département de Téra à Diblo, ainsi que dans l’Aïr et le Damagaram.

Des recettes en forte progression

Sur le plan financier, le secteur minier a généré plus de 18 milliards de francs CFA de recettes liquidées et recouvrées par le ministère et versées au Trésor national en 2025, contre 6,2 milliards en 2024. Environ 1,5 milliard de francs CFA supplémentaires ont été transmis à la Commission de lutte contre la délinquance financière (COLDEF) pour recouvrement forcé, en quatre lots de dossiers. Les investissements de recherche minière ont, de leur côté, atteint plus de 14 milliards de francs CFA en 2025, contre 2,6 milliards l’année précédente.

Le ministre a également révélé qu’environ 1 800 tonnes d’uranium contenues dans de l’uranate sont actuellement disponibles sur le territoire nigérien, pour une valeur estimée à quelque 380 millions de dollars. Sur l’or, la production déclarée au ministère en 2025 s’est élevée à plus d’1,7 tonne, d’une valeur de plus de 109 milliards de francs CFA. À cela s’ajoutent plus de 200 kg d’or remis à l’État par des sociétés d’orpaillage (valeur : plus de 12 milliards de francs CFA) et plus de 65 kg saisis par les forces de défense et de sécurité, reversés au Trésor pour une valeur d’environ 4 milliards de francs CFA.

Nouvelles sociétés et retombées sociales

Le ministre a annoncé la création en 2025 de quatre nouvelles entités : la COMIREX (uranium, gisements de Moradi dans le département d’Arlit, bénéficiaire d’un financement de la BOAD à hauteur de 15 milliards de francs CFA), la COMINAIR (exploitation de cuivre à Ounwajo dans l’Aïr, une première pour cette substance au Niger), la NTMC pour l’or à Banjo dans le département de Téra, et la Royal Gold Niger (RGN), habilitée à raffiner l’or, à le transformer en bijoux et à procéder à la taille de pierres précieuses.

Ces structures ont généré des centaines d’emplois formels, auxquels s’ajoutent des milliers d’emplois informels liés aux sociétés d’orpaillage, particulièrement visibles dans la région d’Agadez et dans les zones de Tchibarakaten. Des investissements sociaux accompagnent par ailleurs les activités d’exploitation et de recherche : construction de salles de classe, de centres de santé et de forages dans toutes les régions concernées.

AC/Sf/APA

Source: https://fr.apanews.net/