Trump lève des sanctions contre le pétrole vénézuélien et menace les fournisseurs de Cuba
Le gouvernement américain a annoncé jeudi qu’il suspendait des sanctions pour faciliter le commerce du pétrole vénézuélien, moins d’un mois après la spectaculaire intervention militaire américaine qui a conduit à la capture du président Nicolás Maduro. Dans le même temps, le président de Donald Trump a menacé de frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à Cuba.
Les transactions opérées par le géant pétrolier public Petroleos de Venezuela (PDVSA), ainsi que celles des sociétés dont il détient au moins 50% des parts, sont désormais “autorisées”, a affirmé le ministère américain des Finances. Des conditions sont fixées pour éviter notamment que le pétrole n’aille en Russie, en Iran, en Corée du Nord, en Chine ou encore à Cuba.
Donald Trump a placé sous contrôle américain le secteur pétrolier du Venezuela qui, depuis les années 2000, a été le principal fournisseur de pétrole à Cuba, son allié. Jeudi, l’Assemblée nationale a approuvé une réforme de sa loi sur les hydrocarbures, sous la pression des États-Unis. Celle-ci ouvre la porte aux investissements étrangers.
“Menace exceptionnelle”
Concernant l’île communiste, “un droit de douane supplémentaire ‘ad valorem’ (dépendant de la valeur estimée, NDLR) pourrait être imposé sur les importations de biens produits par un pays qui vend directement ou indirectement, ou qui fournit du pétrole à Cuba”, selon le texte de ce décret, signé par le locataire du Bureau ovale et publié par la Maison Blanche. Les montants n’ont pas été précisés. Cette décision, destinée à augmenter encore la pression sur le régime cubain, s’appuie sur la déclaration d’un “état d’urgence” en lien avec la “menace exceptionnelle” que fait peser Cuba sur la sécurité nationale américaine, toujours selon ce décret.
Washington reproche aux autorités cubaines de “s’aligner et de soutenir nombre de pays, organisations terroristes internationales et acteurs hostiles aux États-Unis” dont la Russie, la Chine, l’Iran, le Hamas ou le Hezbollah. Cuba est aussi accusé de “déstabiliser la région via l’immigration et la violence”, tout en “propageant ses idées, programmes et pratiques communistes”.
Le président américain avait déjà signifié récemment à La Havane qu’il n’y aurait “plus de pétrole” pour Cuba sans “accord” avec les autorités.
Pénurie
La nouvelle menace du dirigeant républicain arrive alors que l’île connaît déjà une situation énergétique précaire. Soumise à un embargo des États-Unis depuis 1962, Cuba connaît depuis trois ans de fortes pénuries de carburant qui ont un impact direct sur sa production d’électricité. Le pays est parvenu tout juste à satisfaire la moitié de ses besoins en électricité en 2025, selon des données compilées et analysées par l’AFP.
Le Mexique est un pays qui livre encore de l’or noir à Cuba. Sa présidente Claudia Sheinbaum a affirmé mardi qu’elle restait “solidaire” de l’île, démentant des articles de presse assurant que son gouvernement avait décidé de suspendre les envois de pétrole.
Source: https://www.7sur7.be/