Abdoulaye Coulibaly : Serviable et belliqueux !

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Les grandes vacances offrent l’opportunité à plusieurs élèves de se lancer dans le petit commerce ou d’apprendre un métier pour gagner un peu d’argent qui leur permettra d’avoir les fournitures scolaires, d’aider les parents ou de se faire plaisir.

 

Dès 8 h du matin, il s’installe avec ses marchandises à côté d’une vendeuse de charbon de bois. Des fils de fer entremêlés en rondelle et légèrement aplatis. Ces objets bricolés servent à réduire l’utilisation du charbon. Un produit très convoité par les ménagères et gargotières en période hivernale, ou le charbon de bois coûte cher. Le jeune Abdoulaye est bien connu au marché de Daoudabougou. L’unité est vendue entre 50 à 250 F CFA, en fonction de la taille « venez, venez mesdames, venez, ou j’abandonne mes articles », chante-t-il.

Abdoulaye fournit en gros une partie de sa marchandise à une dame, et il se charge lui-même de la vente en détails au marché. Une fois la marchandise écoulée, il revient à la maison pour un rapide déjeuner et repartir aussitôt avec son vieux pousse-pousse, à la recherche de pneus usagers. Au premier regard, on prendrait ce jeune garçon de 15 ans pour un saisonnier.

Chemise et pantalon froissés et troués, Abdoulaye est bien natif de Bamako. Il sillonne les rues de Daoudabougou, Niamakoro et Sogoniko à pied pour acheter des pneus usés avec les garagistes. Il rassemble en moyenne une cinquantaine de pneus de voitures, par jour, qui lui sont cédés entre 50 à 200 F CFA l’unité. Il en achète comme il en ramasse, mais très rarement. C’est avec le pousse-pousse rempli qu’il revient à la maison.

Les pneus servent de matière première pour son bricolage, les fils de fer sont obtenus après avoir brulé nuitamment les pneus. Cette activité est en réalité le gagne-pain du jeune garçon et de ses parents. C’est sa maman, Ramata Diarra, qui exerce ce métier malgré son déficit visuel. Abdoulaye prend le relai pendant les vacances.

C’est une manière pour lui d’aider ses parents, et de se faire un peu d’argent. Elève en 8 ème année fondamentale, il n’a aucun complexe à faire ce petit boulot devant ses camarades. « Je suis fier d’aider ma famille, je suis l’ainé d’une fratrie de 8 enfants. Je suis en quelque sorte le chef de notre famille parce que mon papa est absent 5 jours sur 7. Il est gardien dans une ferme, à quelques kilomètres de la ville, c’est moi qui épaule ma mère pour certaines dépenses quotidiennes. Plutôt que de voler ou quémander, je préfère travailler ».

Fan du rap, il a déjà deux chansons à son actif. Son petit commerce lui permet de s’acheter des habits, des petits plats de contribuer à la popote. « Par jour je peux avoir entre 7 000 F CFA à 10 000 F CFA ».

Surnommé « Ablo bâ » le grand Ablo (ndlr) dans le quartier à cause de sa corpulence, il est connu pour ses nombreuses bagarres. « Ce petit n’épargne personne, il est tout le temps en train de se chamailler avec les gens. Je peux recevoir par jour 3 à 4 personnes venues se plaindre de lui », explique sa mère. Il n’est pas très brillant à l’école, bien qu’il la soutienne beaucoup, sa mère craint qu’il ne prenne goût à l’argent et ne délaisse ses études.

 

Fatoumata Sira Sangaré

(stagiaire)

 

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1 commentaire

  1. Belliqueux n’est pas l’adjectif approprié pour qualifier je jeune décomplexé et courageux qui préfère le dur labeur à l’assistanat. Le jour que 10% des Maliens auront la même mentalité que Ablo, le Mali fera un grand bond en avant dans le sens du développement. Bravo Ablo ! Continues ton chemin et casses la gueule à tous les vauriens que tu trouveras sur ton chemin.

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