Chirurgie cardiaque au Mali : Le Pr. Bréhima Coulibaly nous dit ce qu’il faut en savoir

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Dans le souci de permettre aux citoyens Maliens de mieux cerner les différents contours de la chirurgie cardiaque au Mali. Le journal ‘’Le Confident’’ est allé à la rencontre d’un spécialiste en la matière. Il s’agit en effet du Pr. Bréhima Coulibaly, chirurgien cardiaque, praticien à l’hôpital mère enfant Le Luxembourg. À travers les questions réponses qui vont suivre, nos lecteurs seront largement édifiés sur la question.

Le Confident : Qui est le Pr. Bréhima Coulibaly ?

B C : Le Pr Brehima Coulibaly est un chirurgien cardiaque, Maitre de conférence à la Faculté de médecine et d’odonto-stomatologie (FMOS) de l’université des sciences des techniques et des technologies de Bamako (USTTB). Il est également Praticien hospitalier.

Le Confident : Qui est-ce qu’un Chirurgien cardiaque ?

B C : Un chirurgien Cardiaque est un médecin qui traite les maladies du Cœur par une opération chirurgicale

Le Confident : Depuis quand on effectue la chirurgie cardiaque au Mali et quels sont les cas les plus fréquents ?

B C : La chirurgie cardiaque est pratiquée au Mali depuis très longtemps. Notre cher maitre, le Pr Abdel Karim Koumaré, a pu opérer en fonction du Plateau technique de l’époque certaines maladies du cœur. Cependant, cette chirurgie a pris de l’ampleur dans les années 2010 grâce à un projet du CHU du Point G et d’une équipe de la ville d’Angers dirigé par le Pr Jean louis De Brux, à travers des missions de formation et de chirurgie à cœur fermé. Toutefois, c’est en 2009, que la première pierre du bâtiment servant a abrité le service a été posé par le président ATT. Ledit bâtiment n’a pas encore vu le jour, il est toujours en chantier.

Heureusement que l’ONG ‘’La chaine de l’espoir’’ a été plus sensible à la souffrance des malades du cœur en général et celle des enfants en particulier. Toute chose qui va le permettre de construit en 2018-2019, le 1er centre de chirurgie cardiaque du Mali, au centre hospitalier Mère enfant le Luxembourg. La première chirurgie à cœur ouvert dans ce centre a eu lieu le 10 septembre 2018. Du coup, on peut dire que la chirurgie cardiaque à réellement démarré au Mali, le 10 septembre 2018 dans un centre répondant aux normes internationales.

Le Confident : Parlant de l’hôpital Mère enfant ‘’Le Luxembourg’’, on y recense environ combien de cas d’intervention chirurgical du cœur par an ?

B C : Au centre hospitalier Mère Enfant le Luxembourg du fait de la persévérance, de la qualité du diagnostic et surtout la recherche d’une solution de prise en charge de ces malades, le service de cardiologie du Luxembourg est devenu une référence au Mali. Sur la liste d’attente, on compte dans le registre plus de 3 000 malades.

Depuis l’ouverture du centre André Festoc plus de 200 malades ont pu être opérés du cœur. Ce sont donc environ entre 150 et 200 opérations par an qui sont prises en charge.

Le Confident : Avons-nous un plateau technique qui répond aux normes si oui, ou exactement ?

B C : Comme je l’ai dit plus haut, grâce à la Chaine de l’espoir, le Mali dispose d’un centre de chirurgie cardiaque aux normes internationales c’est « le Centre André FESTOC » il est situé dans l’enceinte de l’hôpital mère enfant « le Luxembourg »

Le Confident : Combien coute en moyenne une intervention chirurgicale au niveau du cœur au Mali ?

B C : Le cout de cette chirurgie est estimé de nos jours à 3 500 000 F CFA pour une chirurgie à cœur ouvert et à 2 500 000 F CFA pour une chirurgie à cœur fermé.

Le Confident : D’aucuns estiment que le cout de cette intervention chirurgicale est très élevé, pensez-vous que cela pourra être revu à la baisse dans les jours à venir ?

B C : La chirurgie cardiaque est une chirurgie lourde qui demande beaucoup de consommable et ces consommables coutent chers et il faut les payer. Mais ce cout est bas de plus 5 fois par rapport à certains pays mais compte tenu du niveau de vie on peut dire effectivement qu’il n’est pas à la portée de la majorité des patients. Un audit est actuellement en cours en fonction de ce résultat il y aura peut-être un réajustement en fonction de la réalité locale. Le montant de cette chirurgie ici au Mali est 5 fois plus moins coûteux que celui d’une évacuation sanitaire.

Le Confident : Que ressentez-vous, chaque fois que vous sauvez une vie ?

B C : Un soulagement, un réconfort.

Le Confident : Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés et que proposez-vous pour y remédier ?

B C : Les difficultés sont d’ordre multiple. Cependant, il y a les consommables, les problèmes de don de sang et le manque de moyen financier des malades.

Le Confident : Quels conseils souhaiteriez-vous donner aux Maliens, pour éviter les maladies du cœur ?

B C : Les maladies du cœur les plus fréquentes chez nous comme dans la plupart des pays pauvres surtout chez les enfants sont dues au Rhumatisme articulaire aigue qui est en fait une complication de l’angine. Donc en traitant correctement les angines on pourra diminuer significativement la prévalence de ces maladies du cœur. En dehors, de cela pour les adultes c’est d’avoir une alimentation saine et équilibré (consommé moins de sel, de sucre et de graisse) ne pas fumer et surtout faire du sport.

Le Confident : Quels sont vos partenaires, quels messages souhaiterez-vous les adresser ?

B C : Le principal partenaire du centre André FESCTOC est la Chaine de l’espoir qui a une grande culture de solidarité dans la prise en charge des malades du Cœur dans tout le monde entier, mais aussi de nombreux services de chirurgie cardiaque en France qui viennent nous épauler par des missions pour la chirurgie de ces malades.

Le Message c’est un message de reconnaissance et de gratitude et d’encouragement car il y’a eu beaucoup d’obstacle qui ont été franchi et il en aura toujours.

Le Confident : Votre mot de la fin

B C : L’implication des autorités pour la prise en charge de ces malades, l’inscription de ces traitements à l’AMO et des subventions. Beaucoup plus de solidarité car dans les pays où on a été formé ces pathologies sont prises en charges à 100%.

Sans appui des autorités, l’activité ne pourra pas s’inscrire dans la durée et participe pourtant déjà au rehaussement du système de santé malien.

Interview réalisé par Drissa Kantao

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