Guerre au Mali: nos ennemis, ces "terroristes"
MALI - "Eradiquer le terrorisme où qu'il se trouve", tel est l'objectif du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, dans le cadre de l'intervention militaire française.afp.[/caption] Contre qui la France est-elle entrée en guerre? Des "mouvements terroristes", se bornent à dire François Hollande et le gouvernement, quand les médias et les autres partis parlent de "groupes islamistes". Plongée dans la sémantique. "Eradiquer le terrorisme, où qu'il se trouve." C'est ainsi que le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, résume l'objectif del'offensive militaire française lancée au Mali vendredi, contre les "groupes terroristes" qui contrôlaient le nord du pays. Depuis, c'est ce mot, "terroriste", qui s'impose lorsque le pouvoir cherche à qualifier ses ennemis, évitant soigneusement d'autres termes comme "islamistes" ou "djihadistes". "Nos adversaires", "ces éléments terroristes", se contente ainsi d'expliquer François Hollande dans ses déclarations officielles. "Le terroriste, ce vrai fléau", répond son ministre de la Défense aux journalistes. Il faut attendre de nombreuses questions plus poussées pour que le ministre de la Défense marque un temps d'arrêt avant de lâcher, dimanche dernier: "C'est un mélange dangereux entre des fondamentalistes islamistes et des gangsters." Sur l'ensemble du gouvernement, l'élément de langage est globalement respecté... mais parfois nuancé. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, évoque ainsi des "groupes terroristes et criminels". Et seul Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, parle de "groupes qui se réclament du djihadisme global", lundi, se démarquant au sein du gouvernement. Les médias et les autres partis politiques, eux, n'hésitent pas à manier ces termes. "La France en guerre contre les islamistes au Mali", titrait en Une Le Monde ce week-end. Interrogés respectivement sur Europe 1 et France Info, les anciens ministresClaude Guéant et Alain Juppé parlaient lundi de "djihadistes" et de "combattants islamistes".