Mali : le djihad sournois

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Il est là, cet autre djihad. Ou du moins la cinquième colonne de celui qui continue de dévaster notre beau pays, le Mali, de déchirer les familles, d’opposer des communautés. Les mêmes qui, depuis des siècles, avaient partiellement soldé, et avec intelligence, leurs différends. Et cela, dans l’intérêt de la postérité, notre intérêt. Ces grands sages donc, qui nous ont devancés, ne voulaient pas que nous vivions les affres qu’ils ont vécus, eux.

Ils ne voulaient pas que nous connaissions la guerre, la violence aveugle, le viol, les razzias, l’esclavage. En un mot, ce qu’ils appelaient « dunnya juguya tilé » (les temps du grand méchant monde, en bambara). C’est pourquoi ils ont multiplié les possibilités de dialogue, multiplié les cadres de rencontres et d’échanges : les mille et un cousinages à plaisanterie dans les régions sahélo-sahariennes en sont quelques illustrations. Cette façon de solder les différends sans passer par les armes a existé, en tout cas jusqu’à une date récente, même entre musulmans et non musulmans. Le chantre du Komo, interprété par le vénérable Bazoumana Sissoko ne disait pas mieux quand il chantait de sa belle voix :
« Qu’un musulman n’en veuille pas à un non-musulman
Qu’un non-musulman n’en veuille pas non plus à un musulman
Car le Créateur suprême (da-ba) créé chacun et lui a donné son chemin. »
Le même chantre du Komo dit :

« Le monde même n’est qu’une foire de pleine nuit. Si nous qui l’habitons, nous ne nous facilitons pas la vie, au lever du jour, ce sera le grand regret pour tous et chacun. »

Il faut avoir l’honnêteté intellectuelle d’ajouter (je sais que c’est tabou et politiquement incorrect) que la colonisation française (il y en a eu bien d’autres avant), malgré sa brutalité et son arrogance, a quand même contribué quelque part à asseoir durablement cette paix qui n’était pas toujours acquise, faut-il le dire, dans plusieurs zones qui continuaient d’être ravagées par des guerres intestines entre différents chefs.

Il faut avoir (…)

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