Mahamat Saleh Annadif, chef de la Minusma : «Il faut que la classe politique soit réaliste, on ne peut pas tout faire pendant la transition »

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A partir du 31 mars 2021, Mahamat Saleh Annadif ne sera plus le chef de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali). Il quitte le Mali pour une nouvelle fonction au service des Nations Unies. Mais avant son départ du Mali, Mahamat Saleh Annadif a offert un déjeuner aux hommes et femmes de medias, hier, mardi 16 mars 2021, au quartier général de la Minusma à Bamako. Au cours des échanges, le chef de la Minusma a évoqué la situation politique et sécuritaire du Mali. « Malgré le coup d’Etat, la transition ouvre une fenêtre. Mais il faut aussi que la classe politique soit réaliste, on ne peut pas tout faire pendant la transition. S’entendre sur le minimum peut les aider à sortir de la transition », a souligné le patron sortant de la Minusma.

Après avoir passé cinq ans au Mali comme le chef de la Mission onusienne, le Tchadien Mahamat Saleh Annadif est sur le point de départ. Il a donné ses adieux et a échangé avec les hommes et les femmes de medias hier. C’était autour d’un déjeuner. Prenant la parole, Mahamat Saleh Annadif a fait savoir que les défis au Mali sont nombreux. Il a souhaité la paix et la stabilité au Mali. «On ne peut pas faire des reformes politiques et institutionnelles sans associer la classe politique », a-t-il dit. Pour preuve, il a rappelé l’échec de la reforme constitutionnelle de 2017.  En outre, il a regretté le coup d’Etat du 18 août 2020 au Mali. « Malgré le coup d’Etat, la transition ouvre une fenêtre. Mais il faut aussi que la classe politique soit réaliste, on ne peut pas tout faire pendant la transition. S’entendre sur le minimum peut les aider à sortir de la transition », a souligné le patron sortant de la Minusma, avant de mettre l’accent sur le comité d’orientation stratégique sur les réformes politiques et institutionnelles mis en place, le 15 mars 2021 sous l’autorité du Premier ministre, Moctar Ouane. Le chef de la Minusma a évoqué la nécessité d’aller de façon consensuelle aux réformes. Selon lui, au Mali, ce n’est pas le contenu des réformes qui pose problème, mais la forme. Parlant de la force conjointe du G5 Sahel, Mahamat Saleh Annadif a préconisé la mutualisation des efforts pour combattre le terrorisme. A ses dires, la lutte contre le terrorisme coûte extrêmement chère car nécessitant une mobilité et le partage des renseignements.

A l’en croire, quelle que soit la bonne volonté des pays du G5 Sahel, ils ne peuvent pas financer la force du G5 sahel, d’où la nécessité d’avoir un financement pérenne des Nations Unies. « Je continuerai à être l’avocat de la paix au Mali. J’aurais aimé un minimum de consensus au Mali », a-t-il dit. Annadif estime que la refondation du Mali pendant cette transition est difficile. Selon lui, cette tâche doit revenir aux futures autorités qui seront élues. Faut-il dialoguer avec les jihadistes ? Sans prendre de position, le chef de la mission onusienne au Mali a précisé que la majorité des Maliens est favorable au dialogue avec les jihadistes. D’ailleurs, si cela peut amener la paix, l’orateur n’y voit pas d’inconvénient.

A l’en croire, la crise a dépassé le Mali, aujourd’hui, c’est la crise du sahel. Selon lui, c’est possible de tenir les élections dans les délais de 18 mois octroyés à la transition, mais à condition d’y avoir un minimum de consensus. Cependant, Annadif dira que s’il faut la perfection avant les élections alors là, la transition va durer plutôt que prévu. Enfin, Mahamat Salah Annadif a fait savoir que le Mali a besoin d’une référence (comme le Moro Naba du Burkina Faso), une personne ressource au dessus de la mêlée capable d’interpeller à chaque fois que la situation se dégénère.

Aguibou Sogodogo

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2 COMMENTAIRES

  1. Le Mali été diriger par le régimes civiques en 1991 au 2020, la fosse politique est incapable de gère le pays .

  2. Mahamat Saleh Annadif fait preuve de probité intellectuelle et de courage lorsqu’il dit, comme le rapporte l’article, que :

    1. « [I]l faut aussi que la classe politique soit réaliste, on ne peut pas tout faire pendant la transition ».

    2. « On ne peut pas faire des reformes politiques et institutionnelles sans associer la classe politique ».

    3. La refondation du Mali pendant cette transition est difficile. Cette tâche doit revenir aux futures autorités qui seront élues.

    4. « S’entendre sur le minimum peut les aider à sortir de la transition ».

    Ce minimum qu’évoque Mahamat Saleh Annadif, ça doit être l’organisation des élections dans les délais de 18 mois octroyés à la transition dans un minimum de consensus politique national.

    S’obstiner à changer la Constitution du Mali alors que ceux qui sont au pouvoir sont illégitimes et incompétents juridiquement, qu’il n’y a de surcroît pas de consensus politique national en faveur du changement de Constitution et que le territoire national est occupé rendant impossible constitutionnellement la tenue d’un référendum d’approbation ou de rejet par le peuple d’une nouvelle Constitution, c’est de la part des autorités actuellement au pouvoir continuer de faire preuve d’amateurisme politique et de mépris des règles constitutionnelles élémentaires.

    Le peuple malien mérite mieux que ce qui lui est actuellement servi.

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